Caractères rares (3838) : 苷

苷 [gān]
Radical : 艹(艸) (herbe)
8 traits
Significations :
1. réglisse ;
2. (chim.) glucoside : 腺苷 [xiàn’gān] : adénosine ; 二磷酸腺苷 [èrlínsuān xiàn’gān] : adénosine diphosphate, ADP
Sinogramme 3839 : 砼

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Néologismes : Noircissement malvenu

Il y a quelques jours, notre dîner à peine achevé, ma tendre moitié, le regard baigné de larmes, m’adresse sur le ton du désespoir la complainte suivante : 老公啊!我的微博被黑了!
(Traduction littérale : « Ô, mon époux ! Mon Weibo a été ‘noirci’ ! » – Rappelons aux étourdis que Weibo 微博 [wēibó] est le nom du réseau social chinois qui se rapproche le plus de Twitter.)
L’utilisation verbale de 黑 [hēi], « noir », semble à première vue étonnante, voire fautive. En effet, « noircir » devrait plutôt se dire涂黑 [túhēi] : « barbouiller de noir ».
Mon garnement de dix ans, sino-linguiste certes en herbe mais soucieux d’orthodoxie, remarque d’ailleurs immédiatement la bizarrerie linguistique, puisqu’il me demande derechef : « Qu’est-ce qui arrive à maman ? »
Ému par son ingénuité, je me fends donc de l’explication suivante : « Maman s’est fait hacker son compte Weibo. »
Dans le cri du cœur conjugal, le mot 黑 est en effet bien un verbe qui signifie, dixit Wiktionary, « réussir à déjouer les mesures de sécurité d’un système informatique » ou, dans le langage populaire, « hacker ».
La valeur verbale de 黑 est une déviation du néologisme que les Chinois ont formé par transcription phonétique du substantif anglais « hacker », qui désigne le pirate informatique : 黑客 [hēikè].
Sur la rive orientale du détroit de Formose, c’est aussi par transcription phonétique de l’anglais qu’a été formé un synonyme de 黑客 : 骇客 [hàikè].
Notons enfin que certains férus d’informatique de l’Empire du Milieu, nationalistes fervents, réservent leurs attaques aux sites défavorables au régime. Ceux-là, on les appelle les « hackers rouges », ou encore « honkers » : 红客 [hóngkè]. (Sur cette catégorie particulière de hackers, on peut lire ici un article en français de Wikipedia.)

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Caractères rares (3836/3837) : 橼/櫞

橼 [yuán]
Radical : 木 (arbre)
16 traits
Graphie traditionnelle : 櫞 (radical 木, 19 traits)
Le sinogramme 橼 désigne en chinois le cédratier, Citrus medica. En règle générale, 橼 n’est pas utilisé seul : en chinois moderne, le cédratier est généralement appelé 枸橼 [jǔyuán].
J’ai rencontré ce sinogramme dans le nom d’un composé chimique : 枸橼酸钠 [jǔyuánsuān nà], qui est l’un des mots qui désignent en chinois le citrate de sodium (le citrate de sodium est aussi plus simplement appelé 柠檬酸钠 [níngméngsuān nà]).
Sinogramme 3838 : 苷

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Bibliographie : Laoshe, Le Soleil

La longue nouvelle Le Soleil (《阳光》 [yángguāng]) de Laoshe a été publiée pour la première fois en 1935 dans un recueil intitulé La Mer de cerisiers (《樱海集》 [yīnghǎijí]). Ce récit est relativement peu connu (pas un mot en tout cas dans les articles en anglais et en français de Wikipedia consacrés à Laoshe). Écrit à la première personne, il raconte le parcours d’une jeune femme issue d’une famille de la bourgeoisie, depuis son enfance dorée jusqu’à sa chute, en passant par ses aventures amoureuses et son mariage avec un homme de la haute société.
Le Soleil fait en fait écho à la nouvelle Le Croissant de lune, que Sinoiseries a présenté ici. (Le Croissant de lune relatait la destinée d’une jeune femme de la plèbe, réduite à la prostitution.) Ces deux longues nouvelles ont en commun de décrire la situation des femmes chinoises de l’époque de la République. Si la position sociale et l’état d’esprit des deux jeunes femmes sont radicalement opposés, n’en elles demeurent pas moins toutes les deux les objets passifs d’une société patriarcale sur laquelle elles n’ont aucune prise.
Dans Le Soleil, le personnage principal croit pouvoir s’appuyer sur sa beauté, sur son « intelligence » pour « conquérir le monde ». Après s’être jouée de ses soupirants depuis l’époque du lycée et de l’université, elle finit par se plier à un mariage arrangé par ses parents avec un jeune homme conservateur qui lui apporte position sociale et notoriété. Elle a accepté ce mariage en se faisant la réflexion que l’amour était une chose bien futile (爱,说回来,值多少钱一斤呢? : combien peut donc bien valoir une livre d’amour ?) et ne pesait pas pour rien dans la balance par comparaison avec le confort matériel et le statut social que lui apportait cette union.
Mais ses désirs physiques ne sont pas satisfaits par son mari, partisan obstiné de la morale traditionnelle. Elle prend un amant en la personne d’un homme ayant une position encore plus élevée que son mari. Si ses désirs sont satisfaits, elle tombe de haut lorsqu’elle découvre que son mari a laissé faire par ambition, puisque, grâce à l’intervention de l’amant, le mari a obtenu un avancement convoité.
Elle se plie aussi à la décision de son mari de prendre une concubine, pensant que cela est dans l’ordre normal des choses, mais elle déchante encore lorsqu’elle se rend compte que cela faisait aussi partie d’un plan concocté par son mari, qui s’appuie maintenant sur la concubine pour assurer sa carrière, tandis que la narratrice se retrouve isolée.
La révolte la pousse à prendre un amant de cœur en la personne d’un homme de basse extraction. Le mari, considérant que ce faisant elle le déshonore, la prive alors du peu de liberté qu’elle avait. La réaction de l’épouse est épidermique : elle demande le divorce ! Cette demande de divorce fait scandale, son mari est déchu et elle perd tout.
La description qui est faite de la jeune bourgeoise me semble tout à fait pertinente. Elle me fait en tout cas penser à ces jeunes femmes que j’ai pu rencontrer, en France, en Chine continentale ou à Taiwan, qui brillent par leur superficialité et pensent qu’il leur suffira de mettre la main sur un bon parti pour s’assurer confort et bonheur.
Le texte intégral de la nouvelle de Laoshe est disponible ici, sur Baidu. Ici (sur un site chinois consacré à l’étude de l’œuvre de Laoshe) se trouve un article qui décrit les parallèles entre Le Croissant de lune et Le Soleil.

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Caractères rares (3835) : 褶

褶 [zhě]
Radical : 衤(衣) (vêtement)
16 traits
Significations :
1. plissure (sur un vêtement) : 百褶裙 [bǎizhěqún] : jupe plissée ;
2. élément comportant une pliure, un pli : 褶子 [zhězi] : pliure, plissure ; 褶皱 [zhězhòu] : pli, pliage.
Sinogrammes 3836 : 橼

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Histoires de Chine : L’incident de la porte Xuanwu (玄武门之变)

Parmi les évènements les plus connus ayant marqué l’histoire de la Chine impériale se trouve « l’incident de la porte Xuanwu » (玄武门之变 [xuánwǔmén zhī biàn]), intervenu le 2 juillet 626, à l’occasion duquel Li Shimin (李世民 [lǐ shìmín]), fils de l’empereur, se débarrassa du prince héritier Li Jiancheng (李建成 [lǐ jiànchéng]) et de son frère Li Yuanji (李元吉 [lǐ yuánjí]). Cet épisode de l’histoire des Tang a été pris comme sujet dans de nombreux récits, films et séries télévisée. Il sert notamment de conclusion à la Geste des Sui et des Tang (《隋唐英雄传》 [suítáng yīngxióngzhuàn]). (Une liste non exhaustive des nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques qui se sont inspirées de cet indicent est donnée à la fin de l’article en chinois que Wikipedia y consacre, ici.)
Li Shimin fut l’un des principaux généraux qui aidèrent Li Yuan (李渊 [lǐ yuān]), l’empereur Gaozu des Tang (唐高祖 [táng gāozú]), à prendre le contrôle de la Chine. Il jouissait auprès du peuple et de l’armée d’une immense popularité en raison de ses exploits guerriers et sa contribution exceptionnelle à l’établissement de la dynastie. Il était en outre un fin stratège et s’était attaché les services de nombreux personnages de talent. Il était jalousé de ses frères, dont l’héritier impérial Li Jiancheng. En effet, malgré les services insignes rendus par Li Shimin, l’empereur Li Yuan avait décidé de respecter la tradition et de désigner comme successeur son fils aîné. Li Shimin considérait que ce choix n’était pas équitable, d’autant plus que Li Yuan lui avait promis la succession au trône.
Li Jiancheng connaissait bien la popularité de Li Shimin et craignait par-dessus tout que son frère cadet ne profitât de son prestige pour lui soustraire le titre d’héritier au trône. Aussi conçut-il avec son autre cadet, Li Yuanji, le projet d’éliminer physiquement Li Shimin. Ce dernier, qui s’était attaché les services de membres de l’entourage du prince héritier, avait eu vent de ce projet et se trouva en quelque sorte contraint par les évènements à prendre les mesures nécessaires pour sauver sa peau et, incidemment, s’assurer de succéder à son père.
Il hésitait à mettre en branle les troupes qui lui étaient fidèles pour éliminer Li Jiancheng et Li Yuanji, mais fut finalement convaincu par ses officiers, qui menacèrent de l’abandonner s’il ne faisait pas montre d’un esprit de décision plus digne de sa destinée.
Li Shimin commença par révéler à son père les relations incestueuses que Li Jiancheng et Li Yuanji entretenaient avec deux des concubines impériales : Zhang Jieyu (张婕妤 [zhāng jiéyú]) et Yin Defei (尹德妃 [yǐn défēi]). (Zhang Jieyu avait à plusieurs reprises mis à profit le fait que l’empereur la chérissait pour médire de Li Shimin.)
Li Jiancheng et Li Yuanji ayant été informés des révélations que Li Shimin venait de faire à l’empereur décidèrent de faire un coup de force pour éliminer le délateur. Ils rassemblèrent des hommes pour s’emparer de Li Shimin et l’assassiner. Ce dernier, mis au courant du projet par ses informateurs, se mit en embuscade à la porte septentrionale du palais impérial, la porte Xuanwu (玄武门 [xuánwǔmén]). (note) Li Jiancheng et Li Yuanji furent exécutés pendant le combat.
Li Shimin envoya alors l’un de ses généraux auprès de l’empereur afin « d’assurer sa protection » et pour demander lui qu’il donne l’ordre aux hommes de Li Jiancheng et de Li Yuanji de déposer les armes.
Une douzaine de jours plus tard (le 14 juillet 626), l’empereur Gaozong annonce son intention d’abdiquer. Le 3 septembre, il publie un décret par lequel il annonce officiellement son abdication et place Li Shimin sur le trône impérial. Li Shimin règnera sur l’empire des Tang sous le nom d’empereur Gaozong des Tang (唐太宗 [táng tàizōng]) jusqu’en 649.
Note : 玄武 [xuánwǔ], littéralement « le guerrier noir », qui est en réalité un animal fabuleux, symbiose entre le serpent et la tortue, l’un des quatre animaux qui président aux quatre orients, il est chargée du septentrion. La « porte Xuanwu » est donc en réalité la « porte du Nord ». Les trois autres animaux sont : 青龙 [qīnglóng], le dragon vert (ou bleu, ou azur, selon les interprétations), qui préside à l’Est ; 朱雀 [zhūquè], l’oiseau vermillon, qui préside au Sud ; et 白虎 [báihǔ], le tigre blanc, qui préside à l’Ouest.
Pour en savoir plus sur l’incident de la porte Xuanwu, je vous invite à visionner ici sur Youtube une émission télévisuelle en chinois expliquant les tenants et les aboutissants de cet incident.
Ci-dessous, la couverture d’une bande dessinée ayant pour sujet l’incident de la porte Xuanwu (l’image vient d’ici) :

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Caractères (363) : 量

量 [liáng], [liàng]
Radical : 里 (lieue)
12 traits
Significations [liáng] :
1. mesurer à l’aide d’un instrument : 量体温 [liáng tǐwēn] : prendre la température ;
2. estimer, évaluer : 估量 [gūliáng] : évaluer.
Significations [liàng] :
1. (anc.) récipient de mesure ;
2. capacité, mesure : 胆量 [dǎnliàng] : courage ;
3. quantité, volume : 数量 [shùliàng] : quantité ;
4. évaluer, estimer : 量力 [liànglì] : estimer sa force.
Sinogramme 364 : 苦

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