Caractères (380) : 管

管 [guǎn]
Radical : 竹 (bambou)
14 traits
Significations :
1. (mus.) instruments à vent : 管乐器 [guǎnyuèqì] : instruments à vent ;
2. tube, tuyau : 水管 [shuǐguǎn] : tuyau à eau ; 管道 [guǎndào] : canalisation ;
3. tout ce qui ressemble à un tube : 晶体管 [jīngtǐguǎn] : (électronique) transistor ;
4. s’occuper de, gérer, être responsable de : 管辖权 [guǎnxiáquán] : juridiction ; 管理 [guǎnlǐ] : gérer, diriger (p.ex. une société).
Sinogramme 381 : 类

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Vocabulaire : marieurs, apparieurs et autres entremetteurs

Avant l’apparition des sites de rencontres (婚恋交友网站 [hūnliàn jiāoyóu wǎngzhàn], parfois 相亲网 [xiàngqīnwǎng]), avant le développement des agences matrimoniales (婚恋中介 [hūnliàn zhōngjiè] ou, plus formel, 婚姻介绍所 [hūnyīn jièshàosuǒ]), les Chinois avaient recours, pour conclure les mariages, à des intermédiaires, le plus souvent des femmes. Ces entremetteuses sont souvent appelées 媒人 [méirén] (ce mot peut être utilisé pour un homme qui remplit cet office), 媒妁 [méishuò] ou, plus informel, 媒婆 [méipó]. Le verbe désignant cette activité est 做媒 [zuòméi] : servir d’entremetteur.
Dans la Chine ancienne, l’amour libre (自由恋爱 [zìyóu liàn’ài]) était à peu près proscrit. Certes, il pouvait arriver que des amants s’enfuient (私奔 [sībēn]), mais la bienséance exigeait que l’on eût recours à un intermédiaire pour organiser les épousailles. Pour désigner le fait que des époux étaient passés par un mariage organisé et célébré en bonne et due forme, on recourt à une expression figée en quatre caractères : 明媒正娶 [míngméi zhèngqǔ] : le mariage avait été organisé de façon publique avec l’aide d’un intermédiaire et avait été célébré dans les formes requises.
Il existe en chinois un certain nombre d’expressions allusives servant à désigner les entremetteuses. Par exemple, dans la nouvelle Sansan (《三三》 [sānsān]) de Shen Congwen (沈从文 [shěn cóngwén], 1902-1988), j’ai noté l’expression 红叶 [hóngyè], littéralement « feuille rouge » Ce mot est tiré de l’histoire d’une servante du palais impérial à l’époque du règne de l’empereur Xizong des Tang. Cette servante aspirait à une vie sentimentale normale, normalement interdite aux femmes du palais. Au risque de sa vie, elle se mit à écrire des poèmes sur des feuilles d’arbre rouges. Elle déposait ces feuilles inscrites sur l’eau des douves. Un jeune lettré trouva l’une de ces feuilles et fut ému par la beauté du poème. Lui aussi se mit à écrire des vers sur des feuilles rouges, qu’il déposa également sur l’eau des douves. La jeune servante trouva l’une de ces feuilles. Les deux jeunes gens finirent par se retrouver et purent s’épouser.
Une autre expression courante désigner l’entremetteuse est « la femme rouge » 红娘 [hóngniáng]. Hongniang est en réalité le nom de la servante de Cui Yingying (崔莺莺 [cuī yīngyīng), héroïne de l’Histoire du pavillon d’Occident (《西厢记》 [xīxiāngjì], célèbre pièce de théâtre de l’époque des Yuan). C’est Hongniang qui sert d’intermédiaire entre Yingying et son amant, le jeune lettré Zhang.
Il arrive que l’on parle aussi du « vieillard sous la lune » (月下老人 [yuèxià lǎorén]), parfois abrégé en (月老 [yuèlǎo]). Ce mot fait référence à une histoire des Tang, dans laquelle un jeune homme rencontre un vieillard, qui réside habituellement dans la lune et dont le rôle est d’attacher avec un fil rouge les jambes des personnes qui sont destinées à se marier.
Un autre mot signifie littéralement « manche de hache de bûcheron » : 伐柯 [fákē]. La source de cette expression est à rechercher dans un poème du Classique des Odes, dans lequel il est dit qu’il est aussi indispensable d’avoir un manche de hache pour abattre un arbre que d’avoir un entremetteur pour conclure un mariage.
On parle également de « montagne sur laquelle s’appuyer » : 保山 [bǎoshān] (ce mot signifie « garant »). Ce mot est tiré du chapitre 119 du Rêve dans le pavillon rouge (《红楼梦》 [hónglóumèng]), dans lequel il est dit que l’épouse principale peut prendre elle-même la décision concernant un mariage, d’autant plus que l’oncle maternel peut servir de garant.
On emploie aussi l’expression « homme de glace » : 冰人 [bīngrén]. Cette expression vient d’une histoire racontée dans le Livre des Jin (《晋书》 [jìnshū]) : un jeune homme avait rêvé qu’il se tenait debout sur la glace, et parlait à une personne se trouvant sous la glace. Il avait interrogé un homme expert dans l’interprétation des songes sur la signification de ce rêve. L’expert avait expliqué au jeune homme que ce rêve signifiait qu’il allait bientôt faire un heureux mariage. Effectivement, le jeune lettré finit par épouser la fille du premier ministre.
(J’ai trouvé une bonne partie de ces informations dans un article consacré aux noms donnés aux entremetteuses dans la Chine ancienne, voir ici.)
Ci-dessous, une statue du « vieillard sous la lune ». La photo vient d’un article qui est consacré à ce personnage, voir ici.

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Caractères (379) : 奇

奇 [qí], [jī]
Radical : 大 (grand)
8 traits
Significations [qí] :
1. spécial, particulier, peu courant : 奇观 [qíguān] : spectacle extraordinaire, spectacle rare ; 奇迹 [qíjī] : miracle ;
2. inattendu, imprévu : 奇袭 [qíxí] : attaque surprise ;
3. étonnant, qui incite à la curiosité : 奇怪 [qíguài] : bizarre, étrange.
Significations [jī] :
1. impair (pour un chiffre ou un nombre) : 奇数 [jīshù] : nombre impair (un nombre pair se dit 偶数 [ǒushù]) ;
2. reste (portion écartée d’un nombre arrondi) : 奇零 [jīlíng] : fraction, reste.
Sinogramme 380 : 管

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Proverbes : Sans foi ni loi

L’équivalent exact de l’expression française « sans foi ni loi » en chinois est la formule en quatre caractères 无法无天 [wúfǎ wútiān], littéralement « sans loi sans Ciel ». Elle sert à décrire une personne qui fait fi de toute loi.
Note : Cette expression est aussi la réponse à une devinette très, très connue : 和尚打伞 [héshàng dǎsǎn] : un moine s’abritant sous un parapluie, que Sinoiseries avait déjà évoquée en juin 2012 (ici).
Ci-dessous, des moines cambodgiens abrités sous des parasols. (L’image vient du forum Khmer Network.)

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Caractères rares (3851/5718) : 钨/鎢

钨 [wū]
Radical : 钅(金) (métal)
9 traits
Graphie traditionnelle : 鎢 (radical 金, 18 traits)
Le caractère 钨 [wū] désigne le tungstène.
On le trouve dans de nombreux mots des domaines technique et scientifique : 钨极 [wūjí] : électrode de tungstène, 钨极氩弧焊 [wūjí yàhúhàn] : soudage TIG, i.e. soudage à l’arc avec électrode de tungstène, etc.
Note : 氩 est aussi un caractère rare ; nous le verrons à l’épisode 3582 de cette série.

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Langue populaire et argotique : Du sang et des larmes

Lorsque l’on veut parler en chinois d’une crise que fait une jeune fille ou une femme confrontée à une situation qu’elle ne veut pas accepter, on décrit de façon succincte le processus qui mène des larmes au suicide par pendaison avec une expression en sept caractères : 一哭二闹三上吊 [yīkū èrnào sānshàngdiào], littéralement : premièrement des pleurs, deuxièmement du scandale, troisièmement une pendaison.
Il est vrai que les femmes de la Chine ancienne n’avaient souvent d’autre recours contre les décisions qui étaient prises à leur encontre (mariage forcé, prise de concubine par l’époux) que de manifester bruyamment leur désaccord par des larmes ou des cris et, dans les situations les plus insupportables, par le suicide par pendaison (上吊 [shàngdiào] : se pendre). L’histoire de Chine et la littérature chinoise regorgent d’histoires dans lesquelles on voit se suicider une femme violée, une épouse trompée ou une jeune fille devant se marier contre son gré.
Aujourd’hui, cette expression est souvent utilisée, de façon ironique, pour décrire les crises injustifiées de femmes capricieuses.

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Caractères (378) : 巴

巴 [bā]
Radical : 巳 (branche terrestre)
4 traits
Significations :
1. chose qui colle, qui reste collé : 泥巴 [níbā] : boue ; 锅巴 [guōbā] : croûte de riz (collée au fond de la casserole) ;
2. coller à, adhérer à : 饭巴锅了 [fàn bā guō le] : le riz a collé à la casserole ;
3. s’approcher de, être proche de : 前不巴村,后不巴店 [qián bù bā cūn, hòu bù bā diàn] : littéralement : n’être pas proche devant soi d’un village, ni proche derrière soi d’une auberge : se trouver isolé au milieu de nulle part ;
4. espérer, attendre : 巴望 [bāwàng] : attendre avec impatience ;
5. ouvrir, écarquiller : 巴着眼睛 [bāzhe yǎnjing] : avoir les yeux écarquillés ;
6. Ba, ancien royaume occupant la partie orientale de l’actuelle province du Sichuan ;
7. partie orientale de la province du Sichuan, province du Sichuan ; 巴蜀 [bāshǔ] : le Sichuan (蜀 [shǔ] est un nom ancien pour le Sichuan) ;
8. (suffixe servant à former des mots dissyllabiques, se prononce habituellement au ton léger) : 尾巴 [wěibā] : queue ;
9. grand serpent : 巴蛇 [bāshé] : le serpent ba, serpent mythologique capable d’avaler un éléphant ;
10. (transcription phonétique) bar (unité de mesure de la pression) ;
11. (sinogramme fréquemment utilisé pour transcrire les sons [ba] ou [pa] dans les mots d’origine étrangère) : 巴黎 [bālí] : Paris ; 巴斯克 [bāsīkè] : basque ;
12. Ba, patronyme chinois, peu courant.
Sinogramme 379 : 奇

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