Caractères (385) : 婚

婚 [hūn]
Radical : 女 (femme)
11 traits
Signification :
Se marier, mariage : 婚姻 [hūnyīn] ; mariage : 婚介 [hūnjiè] : agence matrimoniale.
Sinogramme 386 : 台

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Jinologie : La mort du Maître

Le 30 octobre 2018, les amateurs de littérature populaire en langue chinoise, et notamment les jinologues professionnels et amateurs, ont appris une bien triste nouvelle : le maître Jinyong est décédé à Hong-Kong, à l’âge de 94 ans.
Jinyong était le nom de plume de Louis Cha (Zha Liangyong, 查良镛 [zhā liángyōng]), né le 6 février 1924 à Haining (海宁 [hǎiníng]), dans la province du Zhejiang.
Journaliste, co-fondateur du quotidien hongkongais Ming Pao (《明报》 [míngbào]), scénariste, historien, il est essentiellement connu pour ses romans d’arts martiaux à succès ; il était certainement le plus populaire des auteurs de ce genre dans le monde chinois au sens large. Ses quinze œuvres de fiction publiées entre 1955 et 1972 ont été vendues à plus de 100 millions d’exemplaires (sans compter les innombrables éditions pirates), plusieurs romans apocryphes ont été publiés sous son nom.
Son œuvre romanesque a été adaptée un nombre incalculable de fois au cinéma ou à la télévision. Elle a également inspiré des bandes dessinées, des jeux informatiques. Des préquelles et des séquelles se sont basées sur son œuvre.
Jinyong, avec Liang Yusheng (梁羽生 [liáng yǔshēng]) et Gulong (古龙 [gǔlóng]) étant l’un des trois piliers du genre de cape et d’épée moderne. Il était le dernier des trois encore en vie.
Avec son décès, c’est une page qui se tourne et ce sont plusieurs générations de Chinois qui sont désemparés, qui ont l’impression de perdre tout un pan de leur jeunesse.
Longtemps regardée de haut par les spécialistes de la littérature chinoise, qu’ils soient chinois ou étrangers, son œuvre est aujourd’hui l’objet d’études universitaires. Des extraits de ses œuvres ont même été intégrés dans des manuels scolaires.
De nombreux ouvrages s’intéressent à différents aspects de l’œuvre du maître. Par exemple, le fameux écrivain hongkongais Ni Kuang a réuni dans une série intitulée Ma lecture des romans de Jinyong (《我看金庸小说》 [wǒ kàn jīnyōng xiǎoshuō]) plusieurs volumes dans lesquels il analyse l’œuvre romanesque de Zha Lianyong.
Plusieurs romans de Jinyong ont été traduits en anglais, français, coréen, vietnamien, thaï, birman, malais et indonésien.
Jinyong a reçu plusieurs décorations : en 1981, il est devenu membre de l’Ordre de l’Empire Britannique il a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1992 et Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2004. Il a aussi reçu le titre de professeur honoraire dans de nombreuses universités de Chine continentale, de Taiwan et de Hong Kong.
Pour de plus amples informations concernant Jinyong, je vous invite à lire l’article en français que lui consacre Wikipedia, ici (cet article donne notamment la liste de ses quinze romans).
Plus que jamais, Sinoiseries continuera à étudier l’œuvre du maître. La rubrique Jinologie se trouve ici.
La photo de Jinyong en 2007 ci-dessous vient de l’article de Wikipedia.

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Caractères rares (3855) : 淼

淼 [miǎo]
Radical : 水
12 traits
Le sinogramme 淼 désigne une grande étendue d’eau. Il est en réalité une variante du caractère 渺, qui n’est pas un caractère rare (comme dans le mot 飘渺 [piāomiǎo] : indistinct, que l’on discerne mal). 淼 est surtout utilisé dans des prénoms.
Sinogramme 3856 : 酉

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Divers : Lost in translation

Certains linguistes chinois ont un talent inégalable pour produire des traductions qui dénotent un sens très élevé de l’humour. Voir l’exemple ci-dessous (la photo vient d’ici) :

La Chine s’étend économiquement de façon exponentielle en Asie du Sud-Est, notamment au Cambodge. Dans le sillage des grandes entreprises se trouvent de nombreux Chinois qui tentent, avec plus ou moins de succès, de grapiller des miettes de la manne financière qui tombe en pluie drue sur le pays des descendants d’Angkor. On a vu ainsi fleurir à Phnom Penh, depuis quelques années, nombre de petits restaurants chinois, dont certains veulent se distinguer de leurs concurrents en proposant des spécialités bien connues en Chine.
Un restaurateur chinois a eu l’idée de proposer aux gastronomes phnompenhois une spécialité bien connue de la ville de Guilin (桂林 [guìlín]), dans la région autonome zhuang du Guangxi (广西壮族自治区 [guǎngxī zhuàngzú zìzhìqū]) : les nouilles de riz de Guilin (桂林米粉 [guìlín mǐfěn]). Pour son établissement, le restaurateur a pris la peine de faire réaliser une enseigne trilingue, que voici (la photo vient d’un groupe de discussion de Facebook « Mythes, Légendes et Réalités Khmers », voir ici) :

Passons sur la médiocrité de l’anglais, on a vu bien pire.
Ici, c’est plutôt la version khmère qui pose problème. L’enseigne dit មីឥួយលីជ. Le mot មី [mi] désigne stricto sensu les nouilles de blé, mais peut parfois s’utiliser pour désigner des nouilles en général. Ce mot khmer n’est autre qu’un emprunt au chinois 面 [miàn] (en graphie traditionnelle 麵), prononcé [mi6] en dialecte minnan (闽南话 [mínnánhuà]). Jusqu’ici, pas de souci. En revanche, le mot ឥួយលីជ est problématique : si la deuxième syllabe, លីជ peut se prononcer ([lich]) ce n’est pas le cas de la première. L’association des lettres ឥ [i] et ួ [ouy] est impossible en khmer : ឥ est une voyelle indépendante qui ne peut se voir accompagner d’aucune autre voyelle. Pour comprendre ce que tente d’exprimer le restaurateur, on doit se reporter aux versions anglaise ou chinoise. Le chinois est tout à fait clair : l’établissement est la succursale (分店 [fēndiàn]) de Ratana Plaza (金宝城 [jīnbǎochéng], un centre commercial de Phnom Penh) d’un restaurant spécialisé dans les nouilles de riz de Guilin, dans le quartier de l’aéroport de Phnom Penh. On comprend alors que ឥួយលីជ est l’orthographe erronée du mot khmer គួយលីន [kouy-lin], qui est le nom cambodgien de la ville du Guangxi. Espérons que l’erreur ne se répétera pas sur les enseignes des autres succursales…

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Caractères (384) : 且

且 [qiě], [jū]
Radical : 一 (un)
5 traits
Significations [qiě] :
1. encore (exprimant une progression) : 况且 [kuàngqiě] : de plus, en outre, qui plus est ;
2. (particule grammaticale exprimant un état provisoire) : 姑且 [gūqiě] : provisoirement, temporairement, pour le moment ;
3. (particule grammaticale exprimant un future proche) ;
4. à la fois… et… (exprimant la simultanéité) : 且走且说 [qiě zǒu qiě shuō] : parler tout en marchant ;
5. (particule grammaticale exprimant la durée) ;
6. (en chinois classique, particule grammaticale placée en début de phrase) ;
7. Qie, patronyme chinois peu courant
Significations [jū] :
(Remarque : l’utilisation de 且 avec cette prononciation n’est pas courante.)
1. (particule de fin de phrase en chinois classique, équivalent de 啊 [ā]) ;
2. nombreux, qui a l’air nombreux ;
3. sixième mois du calendrier lunaire : 且月 [jūyuè] ;
4. respectueux et craintif ;
5. (anc.) (utilisé en lieu et place de 趄 [jū], dans 趑趄 [zījū] : hésiter à avancer)
Sinogramme 385 : 婚

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Jinologie : Demi-dieux et Semi-démons (《天龙八部》) – Qiao Feng (乔峰) (4 et fin)

(Les trois premiers épisodes de cette série consacrée à Qiao/Xiao Feng se trouvent ici, ici et ici.)
Azi, pour se divertir, se sert de Zhuang Juxian comme d’un souffre-douleur. Elle le soumet aux pires traitements, avec l’aide amusée des guerriers Khitan. De peur que Xiao Feng ne reconnaisse le jeune homme, elle va jusqu’à recourir aux services d’un forgeron qui fabrique spécialement pour le jeune homme un casque de fer. Il met en place le masque brûlant sur la tête de Zhuang Juxian. À partir de ce moment-là, elle surnomme Zhuang Juxian le « bouffon de fer » (铁丑 [tiěchǒu]). Quant au pauvre jeune homme, malgré les traitements inhumains que lui fait subir Azi, il est fou amoureux d’elle.
Azi finit par trouver le scorpion venimeux qui lui manquait pour parfaire sa technique empoisonnée et teste cette technique sur Zhuang Juxian. Elle le laisse pour mort. Mais Zhuang Juxian a tellement servi de cobaye à Azi qu’il est immunisé contre les poisons les plus violents et survit à l’épreuve.
Pendant ce temps, Xiao Feng a été élevé à la dignité de « grand prince du Nanyuan » (南院大王 [nányuàn dàwáng]). Ses fonctions l’absorbent tellement qu’il délaisse Azi, qui finit par se sauver. Xiao Feng se lance à sa recherche.
Zhuang Juxian a quant à lui récupérer une copie d’un traité d’arts martiaux incomparable : le Yijinjing (《易筋经》 [yìjīnjīng]), ou Traité du remplacement des tendons. Ce traité a été composé par le maître fondateur des arts martiaux du Shaolin, Bodhidharma (达摩 [dámó]). (Nous aurons l’occasion de reparler de ce traité. Notons au passage qu’un second personnage de l’œuvre romanesque de Jinyong a également réussi à maîtriser les techniques du Yijinjing, il s’agit de Linghu Chong 令狐冲 [línghú chōng], le personnage principal du roman The Smiling, Proud Wanderer 《笑傲江湖》 [xiàoào jiānghú], dont Sinoiseries n’a pas encore parlé. Linghu 令狐 [línghú] est l’un des rares patronymes dissiyllabiques chinois.) Zhuang Juxian tombe sous la coupe de Ding Chunqiu, le maître de Azi.
Azi, touchée aux yeux par un poison, perd la vue. Zhuang Juxian la retrouve, et la cécité de la jeune fille lui convient parfaitement : elle ignore qu’il est en réalité le « bouffon de fer » qu’elle croit mort. Suite à diverses péripéties, Zhuang Juxian devient le chef de la bande des mendiants.
Xiao Feng apprend quant à lui que Azi est au temple Shaolin. Il court à son secours. Mais Xiao Feng a vraiment la poisse : lorsqu’il arrive se tient au temple Shaolin une grande réunion des maîtres d’arts martiaux chinois. Il parvient à défaire Ding Chunqiu et à sauver ainsi Azi. Il apprend que le moine Xuanci (玄慈 [xuáncí]), le chef du temple Shaolin, est celui qui avait conduit le groupe de patriotes chinois lors de l’embuscade de la passe de l’Oie sauvage lors de laquelle les parents de Xiao Feng avaient été assassinés. Il apprend aussi que celui qui avait lancé la fausse alerte n’est autre que Murong Bo (慕容博 [mùróng bó]), le père de Murong Fu, que tout le monde croyait mort et qui se cache depuis plusieurs décennies au temple Shaolin. Il ne reste plus à Xiao Feng qu’à identifier deux personnages : l’assassin de ses parents adoptifs et de son vieux maître du temple Shaolin, et le grand maître d’arts martiaux masqué qui l’avait sauvé d’une mort certaine lors du combat épique qui s’était tenu au Domaine des vertus rassemblées.
C’est encore à l’occasion de ce retour au temple Shaolin que Xiao Feng apprend l’impensable : l’assassin et le sauveur sont une et même personne et, incroyable, cette personne n’est autre que Xiao Yuanshan (萧远山 [xiāo yuǎnshān]), le père de Xiao Feng, dont personne n’avait imaginé qu’il ait pu survivre à l’embuscade de la Passe de l’oie sauvage.
Un combat sans pitié se poursuit au temple Shaolin. Xiao Feng est encerclé par trois des plus grands maîtres d’arts martiaux du moment : Ding Chunqiu, Murong Fu et Zhuang Juxian. Heureusement, ses deux frères jurés, Duan Yu et le moinillon Shaolin Xuzhu, viennent à sa rescousse. Une fois la bataille terminée, Xiao Feng retourne dans l’empire Khitan.
Là, l’empereur Khitan Yelü Hongji veut contraindre Xiao Feng à conduire les armées qui se préparent à détruire l’empire chinois des Song. Xiao Feng refuse d’obéir. Yelü Hongji fait emprisonner Xiao Feng. Une fois de plus, ses frères jurés Duan Yu et Xuzhu viennent lui porter secours. Xiao Feng parvient à capturer une nouvelle fois Yelü Hongji et lui laisse la vie sauve après lui avoir fait jurer que, de son vivant, l’empereur n’attaquerait pas la Chine des Song.
Acculé, ne pouvant ni se réfugier dans la Chine des Song, ni rester en pays Khitan, Xiao Feng se suicide à la passe de l’Oie sauvage. Azi prend le cadavre de Xiao Feng dans ses bras, et saute dans l’abîme qui borde la passe.
Xiao Feng est probablement l’un des personnages les plus attachants de Jinyong. Il est victime de son destin. Malgré tout ce qui lui arrive, il reste fidèle à ses idéaux, et refuse de porter préjudice à la Chine et au Chinois. Son expertise martiale ne lui permet pas d’échapper aux avanies…
Dans la série suivante, nous raconterons les aventures du troisième personnage masculin principal du roman : le moine Shaolin Xuzhu.
Ci-dessous, les « douze positions du Yijinjing ». L’image vient de la page que le site Baike consacre à ce traité légendaire, ici.

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Caractères (383) : 朋

朋 [péng]
Radical : 月 (lune)
8 traits
Significations :
1. ami : 朋友 [péngyou] : ami ;
2. être de connivence, former une clique : 朋党 [péngdǎng] : clique ;
3. constituer un groupe ;
4. (unité monétaire ancienne) deux ligatures de cinq cauris ;
5. (anc.) comparer à, être comparable à ;
6. Peng, patronyme chinois, peu courant.
Sinogramme 384 : 且

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