Caractères rares (3855) : 淼

淼 [miǎo]
Radical : 水
12 traits
Le sinogramme 淼 désigne une grande étendue d’eau. Il est en réalité une variante du caractère 渺, qui n’est pas un caractère rare (comme dans le mot 飘渺 [piāomiǎo] : indistinct, que l’on discerne mal). 淼 est surtout utilisé dans des prénoms.
Sinogramme 3856 : 酉

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Divers : Lost in translation

Certains linguistes chinois ont un talent inégalable pour produire des traductions qui dénotent un sens très élevé de l’humour. Voir l’exemple ci-dessous (la photo vient d’ici) :

La Chine s’étend économiquement de façon exponentielle en Asie du Sud-Est, notamment au Cambodge. Dans le sillage des grandes entreprises se trouvent de nombreux Chinois qui tentent, avec plus ou moins de succès, de grapiller des miettes de la manne financière qui tombe en pluie drue sur le pays des descendants d’Angkor. On a vu ainsi fleurir à Phnom Penh, depuis quelques années, nombre de petits restaurants chinois, dont certains veulent se distinguer de leurs concurrents en proposant des spécialités bien connues en Chine.
Un restaurateur chinois a eu l’idée de proposer aux gastronomes phnompenhois une spécialité bien connue de la ville de Guilin (桂林 [guìlín]), dans la région autonome zhuang du Guangxi (广西壮族自治区 [guǎngxī zhuàngzú zìzhìqū]) : les nouilles de riz de Guilin (桂林米粉 [guìlín mǐfěn]). Pour son établissement, le restaurateur a pris la peine de faire réaliser une enseigne trilingue, que voici (la photo vient d’un groupe de discussion de Facebook « Mythes, Légendes et Réalités Khmers », voir ici) :

Passons sur la médiocrité de l’anglais, on a vu bien pire.
Ici, c’est plutôt la version khmère qui pose problème. L’enseigne dit មីឥួយលីជ. Le mot មី [mi] désigne stricto sensu les nouilles de blé, mais peut parfois s’utiliser pour désigner des nouilles en général. Ce mot khmer n’est autre qu’un emprunt au chinois 面 [miàn] (en graphie traditionnelle 麵), prononcé [mi6] en dialecte minnan (闽南话 [mínnánhuà]). Jusqu’ici, pas de souci. En revanche, le mot ឥួយលីជ est problématique : si la deuxième syllabe, លីជ peut se prononcer ([lich]) ce n’est pas le cas de la première. L’association des lettres ឥ [i] et ួ [ouy] est impossible en khmer : ឥ est une voyelle indépendante qui ne peut se voir accompagner d’aucune autre voyelle. Pour comprendre ce que tente d’exprimer le restaurateur, on doit se reporter aux versions anglaise ou chinoise. Le chinois est tout à fait clair : l’établissement est la succursale (分店 [fēndiàn]) de Ratana Plaza (金宝城 [jīnbǎochéng], un centre commercial de Phnom Penh) d’un restaurant spécialisé dans les nouilles de riz de Guilin, dans le quartier de l’aéroport de Phnom Penh. On comprend alors que ឥួយលីជ est l’orthographe erronée du mot khmer គួយលីន [kouy-lin], qui est le nom cambodgien de la ville du Guangxi. Espérons que l’erreur ne se répétera pas sur les enseignes des autres succursales…

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Caractères (384) : 且

且 [qiě], [jū]
Radical : 一 (un)
5 traits
Significations [qiě] :
1. encore (exprimant une progression) : 况且 [kuàngqiě] : de plus, en outre, qui plus est ;
2. (particule grammaticale exprimant un état provisoire) : 姑且 [gūqiě] : provisoirement, temporairement, pour le moment ;
3. (particule grammaticale exprimant un future proche) ;
4. à la fois… et… (exprimant la simultanéité) : 且走且说 [qiě zǒu qiě shuō] : parler tout en marchant ;
5. (particule grammaticale exprimant la durée) ;
6. (en chinois classique, particule grammaticale placée en début de phrase) ;
7. Qie, patronyme chinois peu courant
Significations [jū] :
(Remarque : l’utilisation de 且 avec cette prononciation n’est pas courante.)
1. (particule de fin de phrase en chinois classique, équivalent de 啊 [ā]) ;
2. nombreux, qui a l’air nombreux ;
3. sixième mois du calendrier lunaire : 且月 [jūyuè] ;
4. respectueux et craintif ;
5. (anc.) (utilisé en lieu et place de 趄 [jū], dans 趑趄 [zījū] : hésiter à avancer)
Sinogramme 385 : 婚

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Jinologie : Demi-dieux et Semi-démons (《天龙八部》) – Qiao Feng (乔峰) (4 et fin)

(Les trois premiers épisodes de cette série consacrée à Qiao/Xiao Feng se trouvent ici, ici et ici.)
Azi, pour se divertir, se sert de Zhuang Juxian comme d’un souffre-douleur. Elle le soumet aux pires traitements, avec l’aide amusée des guerriers Khitan. De peur que Xiao Feng ne reconnaisse le jeune homme, elle va jusqu’à recourir aux services d’un forgeron qui fabrique spécialement pour le jeune homme un casque de fer. Il met en place le masque brûlant sur la tête de Zhuang Juxian. À partir de ce moment-là, elle surnomme Zhuang Juxian le « bouffon de fer » (铁丑 [tiěchǒu]). Quant au pauvre jeune homme, malgré les traitements inhumains que lui fait subir Azi, il est fou amoureux d’elle.
Azi finit par trouver le scorpion venimeux qui lui manquait pour parfaire sa technique empoisonnée et teste cette technique sur Zhuang Juxian. Elle le laisse pour mort. Mais Zhuang Juxian a tellement servi de cobaye à Azi qu’il est immunisé contre les poisons les plus violents et survit à l’épreuve.
Pendant ce temps, Xiao Feng a été élevé à la dignité de « grand prince du Nanyuan » (南院大王 [nányuàn dàwáng]). Ses fonctions l’absorbent tellement qu’il délaisse Azi, qui finit par se sauver. Xiao Feng se lance à sa recherche.
Zhuang Juxian a quant à lui récupérer une copie d’un traité d’arts martiaux incomparable : le Yijinjing (《易筋经》 [yìjīnjīng]), ou Traité du remplacement des tendons. Ce traité a été composé par le maître fondateur des arts martiaux du Shaolin, Bodhidharma (达摩 [dámó]). (Nous aurons l’occasion de reparler de ce traité. Notons au passage qu’un second personnage de l’œuvre romanesque de Jinyong a également réussi à maîtriser les techniques du Yijinjing, il s’agit de Linghu Chong 令狐冲 [línghú chōng], le personnage principal du roman The Smiling, Proud Wanderer 《笑傲江湖》 [xiàoào jiānghú], dont Sinoiseries n’a pas encore parlé. Linghu 令狐 [línghú] est l’un des rares patronymes dissiyllabiques chinois.) Zhuang Juxian tombe sous la coupe de Ding Chunqiu, le maître de Azi.
Azi, touchée aux yeux par un poison, perd la vue. Zhuang Juxian la retrouve, et la cécité de la jeune fille lui convient parfaitement : elle ignore qu’il est en réalité le « bouffon de fer » qu’elle croit mort. Suite à diverses péripéties, Zhuang Juxian devient le chef de la bande des mendiants.
Xiao Feng apprend quant à lui que Azi est au temple Shaolin. Il court à son secours. Mais Xiao Feng a vraiment la poisse : lorsqu’il arrive se tient au temple Shaolin une grande réunion des maîtres d’arts martiaux chinois. Il parvient à défaire Ding Chunqiu et à sauver ainsi Azi. Il apprend que le moine Xuanci (玄慈 [xuáncí]), le chef du temple Shaolin, est celui qui avait conduit le groupe de patriotes chinois lors de l’embuscade de la passe de l’Oie sauvage lors de laquelle les parents de Xiao Feng avaient été assassinés. Il apprend aussi que celui qui avait lancé la fausse alerte n’est autre que Murong Bo (慕容博 [mùróng bó]), le père de Murong Fu, que tout le monde croyait mort et qui se cache depuis plusieurs décennies au temple Shaolin. Il ne reste plus à Xiao Feng qu’à identifier deux personnages : l’assassin de ses parents adoptifs et de son vieux maître du temple Shaolin, et le grand maître d’arts martiaux masqué qui l’avait sauvé d’une mort certaine lors du combat épique qui s’était tenu au Domaine des vertus rassemblées.
C’est encore à l’occasion de ce retour au temple Shaolin que Xiao Feng apprend l’impensable : l’assassin et le sauveur sont une et même personne et, incroyable, cette personne n’est autre que Xiao Yuanshan (萧远山 [xiāo yuǎnshān]), le père de Xiao Feng, dont personne n’avait imaginé qu’il ait pu survivre à l’embuscade de la Passe de l’oie sauvage.
Un combat sans pitié se poursuit au temple Shaolin. Xiao Feng est encerclé par trois des plus grands maîtres d’arts martiaux du moment : Ding Chunqiu, Murong Fu et Zhuang Juxian. Heureusement, ses deux frères jurés, Duan Yu et le moinillon Shaolin Xuzhu, viennent à sa rescousse. Une fois la bataille terminée, Xiao Feng retourne dans l’empire Khitan.
Là, l’empereur Khitan Yelü Hongji veut contraindre Xiao Feng à conduire les armées qui se préparent à détruire l’empire chinois des Song. Xiao Feng refuse d’obéir. Yelü Hongji fait emprisonner Xiao Feng. Une fois de plus, ses frères jurés Duan Yu et Xuzhu viennent lui porter secours. Xiao Feng parvient à capturer une nouvelle fois Yelü Hongji et lui laisse la vie sauve après lui avoir fait jurer que, de son vivant, l’empereur n’attaquerait pas la Chine des Song.
Acculé, ne pouvant ni se réfugier dans la Chine des Song, ni rester en pays Khitan, Xiao Feng se suicide à la passe de l’Oie sauvage. Azi prend le cadavre de Xiao Feng dans ses bras, et saute dans l’abîme qui borde la passe.
Xiao Feng est probablement l’un des personnages les plus attachants de Jinyong. Il est victime de son destin. Malgré tout ce qui lui arrive, il reste fidèle à ses idéaux, et refuse de porter préjudice à la Chine et au Chinois. Son expertise martiale ne lui permet pas d’échapper aux avanies…
Dans la série suivante, nous raconterons les aventures du troisième personnage masculin principal du roman : le moine Shaolin Xuzhu.
Ci-dessous, les « douze positions du Yijinjing ». L’image vient de la page que le site Baike consacre à ce traité légendaire, ici.

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Caractères (383) : 朋

朋 [péng]
Radical : 月 (lune)
8 traits
Significations :
1. ami : 朋友 [péngyou] : ami ;
2. être de connivence, former une clique : 朋党 [péngdǎng] : clique ;
3. constituer un groupe ;
4. (unité monétaire ancienne) deux ligatures de cinq cauris ;
5. (anc.) comparer à, être comparable à ;
6. Peng, patronyme chinois, peu courant.
Sinogramme 384 : 且

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Jinologie : Demi-dieux et Semi-démons (《天龙八部》) – Qiao Feng (乔峰) (3)

(Le premier et le deuxième épisode de cette série consacrée à Qiao Feng sont ici et ici.)
Après avoir retrouvé Azhu, Qiao Feng, qui a appris que son père portrait le patronyme de Xiao (萧 [xiāo]), décide d’adopter ce patronyme : c’est donc désormais sous le nom de Xiao Feng (萧峰 [xiāo fēng]) qu’il se présentera.
Toujours à la recherche du chef de la banque de bretteurs qui avaient tendu l’embuscade pendant laquelle les parents de Xiao Feng avaient perdu la vie, il décide d’aller voir Kang Min (康敏 [kāng mǐn]), la veuve de l’ancien chef de la bande des mendiants (马大元 [mǎ dàyuán]), car cette dernière semble détenir des informations de la plus haute importance qui pourraient permettre à Xiao Feng de remonter jusqu’à son ennemi juré. Grâce à Azhu, qui possède un réel talent pour le maquillage, il prend l’apparence de Bai Shijing (白世镜 [bái shìjìng]), l’un des vénérables de la bande des mendiants. Malgré son grimage parfait, Xiao Feng ne parvient pas à tromper Kang Min : comment en effet aurait-pu imaginer que Bai Shijing était en réalité l’amant de cette femme perfide !
Kang Min lance alors Xiao Feng sur une fausse piste, en lui disant que le chef de la bande des assassins de ses parents n’est autre que Duan Zhengchun, prince de Dali et père de Duan Yu. Xiao Feng retrouve Duan Zhengchun, bien décidé à se venger de lui. Mais on apprend dans l’intervalle que Azhu est la fille naturelle de Duan Zhengchun, qui avait séduit Ruan Xingzhu (阮星竹 [ruǎn xīngzhú]) la mère d’Azhu. Des amours entre le prince de Dali et de Ruan était également née une autre fille : Azi (阿紫 [āzǐ]).
Xiao Feng donne rendez-vous à Duan Zhengchun pour le défier en combat singulier. Mais Azhu, pour sauver son père, prend son apparence et vient à sa place au rendez-vous fixé. Xiao Feng n’y voit que du feu et assène à Azhu un coup mortel, croyant tuer Duan Zhengchun. Quand il se rend compte de son erreur, il est trop tard. En rendant son dernier soupir, la jeune fille fait promettre à Xiao Feng de s’occuper de sa sœur, Azi. Cette dernière a grandi dans la « secte des constellations » à la tête de laquelle se trouve Ding Chunqiu. Contrairement à Azhu, Azi est une jeune fille sans scrupules, sans morale, qui a volé à son maître un creuset unique ; utilisé dans les règles de l’art, ce creuset permet de maîtriser une technique redoutable d’empoisonnement.
Xiao Feng, de dépit, décide alors de quitter la Chine des Song. Il fait d’abord un séjour dans un groupe de chasseurs Jürchen (女真 [nǚzhēn]) ; il se lie d’amitié avec le chef du groupe, Wanyan Aguda (完颜阿骨打 [wányán āgǔdǎ]), dont il devient le frère juré. Pendant son séjour, il apprend la langue jürchen.
Note : Wanyan Aguda est un personnage historique. Né en 1068, il fut empereur de la dynastie des Jin (金 [jīn], 1122-1234) à partir de 1115 et jusqu’à sa mort en 1123. Dans les annales chinoises, il est connu sous le nom d’empereur Taizu des Jin (金太祖 [jīn tàizǔ]).
Pendant une partie de chasse avec les Jürchen, Xiao Feng s’empare du chef d’une bande de soldats khitan venus chercher noise aux paisibles chasseurs. Il se trouve que le Khitan capturé n’est autre que Yelü Hongji (耶律洪基 [yēlǜ hóngjī]), l’empereur Daozong des Liao (辽道宗 [liáo dàozōng], 1032-1101, r.1055-1101). Xiao Feng se lie d’amitié avec le chef khitan, et après quelques péripéties, décide de se joindre à lui et de se rendre en pays Liao. Il emmène Azi avec lui.
Yelü Hongji est confronté à une tentative de coup d’État. C’est Xiao Feng qui lui sauve la vie. L’empereur khitan reconnaît alors sa valeur et décide de lui confier des fonctions importantes au sein de son armée. Xiao Feng s’acquitte parfaitement de ses missions.
Il est ensuite envoyé en garnison au sud de l’empire des Liao, à la frontière avec l’empire des Song. Alors qu’il chevauche dans la campagne, il fait la rencontre d’un groupe de soldats khitan qui reviennent d’une razzia en territoire chinois, emmenant avec eux un groupe de sujets de l’empereur des Song. Les prisonniers sont destinés à être réduits en esclavage et subissent bien entendu un traitement inhumain.
Parmi les prisonniers se trouve un certain Zhuang Juxian (庄聚贤 [zhuāng jùxián]), qui essaie d’attenter à la vie de Xiao Feng. Ce que ce dernier ignore, c’est que Zhuang Juxian se nomme en réalité You Tanzhi (游坦之 [yóu tǎnzhī]), il est le fils You Ji (游骥 [yóu jì]), qui avait été tué par Xiao Feng lors du combat épique qui avait opposé Xiao Feng aux bretteurs chinois dans le Domaine des vertus rassemblées, qui était la propriété de la famille You ; pendant ce même combat, Xiao Feng avait également tué You Ju (游驹 [yóu jū]), l’oncle de You Tanzhi. Ce dernier voue donc à Xiao Feng une haine implacable.
Xiao Feng ignore qui est en réalité Zhuang Juxian, mais ne lui tient pas rigueur de la tentative d’assassinat, et le ramène avec lui. En revanche, Azi a moins de commisération pour le jeune homme et fait de lui son souffre-douleur.
Si vous voulez savoir jusqu’où ira la cruauté d’Azi et comment Zhuang Juxian deviendra un expert redoutable en arts martiaux, je vous invite à patienter jusqu’à l’épisode suivant.
Ci-dessous, l’escarmouche entre Jürchen et Khitan pendant laquelle Xiao Feng s’empare de Yelü Hongji :

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Caractères rares (3853/3854/5749) : 坩/埚/堝

A. 坩 [gān]
Radical : 土 (terre)
8 traits
Significations :
1. pot en céramique, pot en terre cuite ;
2. (utilisé en composition dans 坩埚 [gānguō] : creuset)
B. 埚 [guō]
Radical : 土 (terre)
10 traits
Graphie traditionnelle : 堝 (radical土 (terre), 12 traits)
Le caractère 埚 est utilisé uniquement dans le mot 坩埚 [gānguō] : creuset.
Sinogramme 3855 :  淼

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