Intermède musical : Rendez-vous au prochain carrefour, Li Yuchun

Li Yuchun (李宇春 [lǐ yǔchūn]), connue aussi sous son nom anglais de Chris Lee, est une chanteuse et actrice née à Chengdu en 1984. Comme actrice, on l’a aperçue dans deux films à succès : Body Guard and Assassins (《十月围城》 [shíyuè wéichéng]) (2009) et Dragon Gate, la légende des Sabres volants (《龙门飞甲》 [lóngmén fēijiǎ]) (2011).
Mademoiselle Lee poursuit également une carrière de chanteuse, dans le genre du « mandopop » (« Mandarin populaire music », en chinois 华语流行音乐 [huáyǔ liúxíng yīnyuè]).
Ci-dessous le clip officiel de l’un de ses titres à succès : Rendez-vous au prochain carrefour (《下个路口见》 [xiàge lùkǒu jiàn]) :

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Caractères rares (3822) : 胱

胱 [guāng]
Radical : 月 (lune)
10 traits
Signification :
胱 [guāng] est utilisé essentiellement dans le mot 膀胱 [pángguāng], qui désigne en anatomie la vessie.
On trouve encore ce sinogramme dans divers mots du vocabulaire scientifique et technique, comme par exemple dans 胱氨酸 [guāng’ānsuān] : cystine.
NB. :
1. 膀 [páng] n’est pas un sinogramme rare.
2. Rappelons que, pour le chinois traditionnel, le sinogramme 月 utilisé en tant que radical peut signifier « lune » ([yuè], mais aussi « chair ». Dans ce dernier cas, 月 c’est qu’une variante graphique de 肉 [ròu].
Sinogramme 3823 : 巯

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Devinette à retardement : Gaspillage alimentaire

Vous est-il aussi arrivé de fournir à un tiers des fonds pour une entreprise qui n’a abouti à rien ? Un ami chinois prévoyant que vous ne recevriez aucun retour sur investissement aurait pu vous dire que vous ne faisiez que « jeter un petit pain farci au porc haché à un chien » : 肉包子打狗 [ròu bāozi dǎgǒu]. Il est à parier que vous aurez bien du mal à récupérer ce petit pain farci, qui aurait fait là un voyage sans retour : 有去无回 [yǒuqù wúhuí] !

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Caractères (335) : 各

各 [gè], [gě]
Radical : 口 (bouche)
6 traits
Graphie traditionnelle : 約 (radical 糹, 9 traits)
Signification [gè] :
Chaque, chacun : 各别 [gèbié] : distinct, caractéristique, different ; 各自 [gèzì] : respectivement, chacun.
Significations [gě] :
1. (dans 自各儿 [zìgěr] : soi-même (ce mot est plus souvent orthographié 自个儿) ;
2. (dialectal) spécial, particulier.
NB : Le dictionnaire en ligne du Ministère de l’Éducation taïwanais ne signale pas la pronunciation [gě].
Sinogramme 336 : 即

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Le vocabulaire chinois du riz (15)

(Voici le quinzième et dernier épisode de notre série sur le vocabulaire du riz. Les quatorze volets précédents de cette série sont ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14.)
Dans ce billet, nous allons parler des produits transformés fabriqués à partir du riz glutineux (糯米 [nuòmǐ]).
Le riz glutineux est parfois consommé tel quel, après une cuisson similaire à celle du riz non glutineux. Je me souviens par exemple de m’être régalé d’un petit parallélépipède de riz glutineux, assez compact, servi en accompagnement de poulet grillé sur un stand tenu par une Khmère Surin à Bangkok (les Khmers Surin sont les membres de l’ethnie khmère qui se trouve dans le Nord-Est de la Thaïlande). Mais ce sont plutôt les produits transformés du riz glutineux que l’on trouve sur les tables chinoises.
Le plus courant de ces produits est sans doute la « boulette à soupe » (汤圆 [tāngyuán]), fabriquée à partir de la farine de riz glutineux. On consomme le plus souvent ces boulettes à l’occasion du nouvel an chinois, car elles symbolisent la réunion familiale. On les connaît aussi sous le nom de 汤团 [tāngtuán] ou, dans le nord de la Chine, de 元宵 [yuánxiāo], mot qui désigne aussi la fête des lanternes (元宵节 [yuánxiāojié]). Les tangyuan peuvent être farcis ou non, ils peuvent être de saveur sucrée ou salée, et sont servis dans un bouillon ou un sirop.
On trouve aussi des gâteaux de riz glutineux, communs à la Chine (糍粑 [cíbā]), à la Corée (打糕 [dǎgāo]) et au Japon (镜糕 [jìng’āo]), qui sont fabriqués à partir de riz glutineux cuit ; le riz cuit est pilonné dans un mortier de façon à être réduit en une pâte épaisse. Une fois les gâteaux formés, ils sont placés dans l’eau afin d’éviter qu’ils ne se fendillent. Ces préparations peuvent se conserver au moins pendant six mois. Ils sont consommés après avoir été frits, sautés ou grillés.
Parmi les dimsum cantonais, on trouve un rouleau contenant de la viande de volaille et du riz glutineux, enveloppés dans une feuille de lotus, appelé 糯米鸡 [nuòmǐjī], « poulet au riz glutineux », ou 珍珠鸡 [zhēnzhūjī], « poulet perle ».
À l’occasion de la fête duanwu (端午节 [duānwǔjié]), dite fête des bateaux dragons car elle donne lieu à des courses de bateaux à rames, utilisant des barques allongées dont la proue est décorée d’une tête de dragon, on consomme traditionnellement en Chine des zongzi (粽子 [zòngzǐ]), qui sont des gâteaux de riz glutineux ficelés dans des feuilles de bananier, et qui sont cuits à l’eau. Les zongzi les plus simples ne contiennent que du riz glutineux, d’autres une farce qui peut être salée ou sucrée.
À Taiwan on trouve des « gâteaux de riz en cylindres » (筒仔米糕 [tǒngzǐ mǐgāo]), qui sont constitués de riz glutineux cuit dans des tubes de bambou ou de métal. Les gâteaux sont servis dans une assiette, démoulés, et agrémentés de diverses sauces et fioritures.
La région de Ningbo (宁波 [níngbō]), dans la province maritime du Zhejiang, est connue pour la qualité de ses « gâteaux de nouvel an » (年糕 [nián’gāo]), qui sont fabriqués avec une pâte obtenue par pilonnage de riz glutineux cuit. Souvent, on découpe ces gâteaux en lamelles qui sont sautées avec d’autres ingrédients. On trouve des niangao dans de nombreuses autres régions de Chine.
Les « saucisses de riz glutineux » (糯米肠 [nuòmǐcháng]) sont préparés comme les saucisses conventionnelles avec des boyaux de porc. Le riz glutineux est assaisonné avant d’être inséré dans les boyaux.
Enfin, le riz glutineux entre souvent en composition dans la préparation d’alcools fermentés. Ce type d’alcool est appelé 酒酿 [jiǔniàng] ou encore 醪糟 [láozāo]. L’alcool ainsi obtenu titre à peine quelques degrés d’alcools, et est de saveur franchement sucrée. Les grains de riz restent dans l’alcool. Dans la région de Suzhou, on consomme fréquemment des boulettes de riz glutineux dont la surface est parsemée de graines de sésame et qui sont le plus souvent frites. Ces boulettes sont farcies en leur centre d’un peu de cet alcool, et sont connues sous le nom de « boulettes à soupe à l’alcool de riz glutineux » (酒酿汤圆 [jiǔniàng tāngyuán]) ou de « boulettes l’alcool de riz glutineux » (酒酿丸子 [jiǔniàng wánzǐ]).
Le riz, céréale essentielle dans la diète asiatique, se retrouve dans l’alimentation sous d’innombrables formes. Si le riz comme céréale consommée par l’homme vous intéresse, je vous invite à lire en ligne un livre de Bienvenido O. Juliano publié par la FAO en 1994 sous le titre de Le Riz dans la nutrition humaine (voir ici).
Les quinze épisodes du « Vocabulaire chinois du riz » n’ont pas réussi à épuiser le sujet des termes associés à Oryza sativa en chinois. Nous aurons probablement l’occasion d’abord de nouveau ce sujet, mais j’arrête pour l’instant ici cette série.
La photo de « saucisses de riz glutineux » ci-dessous vient d’un article consacré à ce plat sur le site « Taiwan Wiki » (voir ici).

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Caractères (334/5516) : 约/約

约 [yuē], [yāo]
Radical : 纟(糹) (soie)
6 traits
Graphie traditionnelle : 約 (radical 糹, 9 traits)
Significations [yuē] :
1. corde ;
2. limiter, restreindre : 约束 [yuēshù] : limiter ;
3. clause convenue, accord : 条约 [tiáoyuē] : traité ;
4. convenu à l’avance : 约会 [yuēhuì] : rendez-vous ;
5. inviter, convier : 约稿 [yuēgǎo] : commander un texte ;
6. économiser : 节约 [jiéyuē] : économiser ;
7. simple, abrégé : 简约 [jiǎnyuē] : concis, abrégé ;
8. environ, à peu près : 约计 [yuējì] : total approximatif, estimer ;
9. (algèbre) 约分 [yuēfēn] : fraction réduite.
Signification [yāo] :
Peser à l’aide d’une balance
Sinogramme 335 : 各

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Les Chinois du Tonkin au XIXº siècle

Le médecin militaire Jacobus X., auteur de L’Amour aux colonies, après avoir été en poste en Cochinchine, est muté dans une autre affectation. Quelques années plus tard, il revient au Vietnam, mais cette fois c’est dans le nord du pays, au Tonkin (en chinois 东京 [dōngjīng], en vietnamien Bắc Bộ, 北圻 [běiqí]). Comme à son habitude, avant de parler des mœurs et spécificités sexuelles des autochtones, le docteur présente succinctement les habitants de la région, ainsi que quelques faits qui lui semblent dignes d’intérêt. Dans le chapitre X de son livre, aux pages 94 à 96, il parle à ses lecteurs du « Chinois et son métis au Tonkin », ainsi que de la « Piraterie chinoise ». Je reproduis ci-dessous les deux paragraphes :
(Pour la description des Chinois de Cochinchine par le docteur Jacobus X, voir ici le billet publié précédemment sur Sinoiseries.)

Le Chinois et son métis au Tonkin – La race chinoise au Tonkin est identique à celle qui émigre en Cochinchine, mais elle y est beaucoup plus dense et dans les régions de Cao-bang(1), Lang-son(2) et Lao-kay(3), il impose à sa compagne ses pratiques religieuses, ses mœurs, ses coutumes et jusqu’à la nourriture et l’habillement des fils du Céleste Empire. Les métis se rencontrent aussi dans les provinces de la côte, et j’en ai vu beaucoup à Hanoï(4). Ils sont aussi intelligents que les Minhuongs de Cholon, mais plus grands et plus vigoureux. Les enfants de Chinois suivent les exemples des pères et dédaignent leurs compatriotes et leurs mères.
Avant notre arrivée, grâce à son nombre et à une indéniable supériorité, le Céleste envahissait le pays et le transformait par une conquête lente mais continue. Il est incontestablement l’arbitre du commerce et il impose sa langue. Nous sommes venus arrêter son essor et prendre contact avec une nation de trois ou quatre cent millions d’habitants. L’avenir montrera si la France n’a pas été imprudente en s’étendant jusqu’à la frontière de la Chine.
La piraterie chinoise – Le Chinois a toujours considéré le Tonkinois comme un être de race inférieure, taillable et corvéable à merci. Cette vieille civilisation, peut-être la plus ancienne du globe, est restée immuable dans ses habitudes de conquête ; elle opère par le pillage, la ruine et la dévastation du peuple conquis : procédés identiques à ceux des Romains et des peuples de l’Asie occidentale (Perse, Assyrie, etc.), avant l’ère chrétienne, et des peuples européens avant l’ère moderne.
Le Chinois est pirate de mer dans le Golfe du Tonkin(5), la côte d’Haïnam, les bouches du Delta et les îles du littoral. Les barrages établis par la population à l’entrée des rivières et des bouches du fleuve n’ont jamais arrêté les jonques chinoises. Ces pirates opèrent comme les anciens Normands, qui débarquaient, attaquaient les villages et villes ouvertes, massacraient tous ceux qui leur résistaient et se rembarquaient en emmenant prisonniers les filles nubiles et les jeunes hommes. L’occupation française n’a pu que mettre des entraves à ces déprédations, sans les arrêter complètement.
Sur terre, les pirates infestent les provinces du Nord et du Nord-Ouest, qu’ils rendent à peu près désertes. Les Pavillons Noirs(6), établis avec le vieux chef Luu-Vinh-Phoc, sur la frontière de Chine, enlèvent les filles des malheureux montagnards, pour les vendre à Lao-kay à des Chinois venus spécialement du Nord pour exercer ce commerce, et les fils pour les enrôler dans leurs bandes ou pour servir d’otages.

Notes :
(1) Cao-Bang : en vietnamien Cao Bằng, 高平 [kāopíng], province et ville situées à la frontière avec la Chine.
(2) Lang-son : en vietnamien Lạng Sơn, 谅山 [liángshān], province et ville situées dans le nord du Vietnam.
(3) Lao-kay : en réalité Lào Cai, 老街 [lǎojiē], province et ville situées dans le nord du Vietnam.
(4) Hanoï : en vietnamien Hà Nội, 河内 [hénèi], capitale du Vietnam actuel.
(5) Golfe du Tonkin : en vietnamien Vịnh Bắc Bộ, en chinois 北部湾 [běibùwān], anciennement 东京湾 [dōngjīngwān].
(6) Pavillons noirs : en chinois 黑旗军 [hēiqíjūn], littéralement « armée au drapeau noir ». Il s’agissait d’anciens rebelles Taiping commandés par Liu Yongfu (刘永福 [liú yǒngfú], 1837-1917), en vietnamien Lưu Vĩnh Phước, qui avaient été expulsés de Chine vers le Tonkin en 1864 après l’écrasement de la révolte des Taiping. Wikipedia concerne un bref article aux Pavillons Noirs (ici) et un autre encore plus bref à Liu Yongfu (ici). Les historiens chinois ont fait de Liu Yongfu un héros de la résistance aux Français.
Ci-dessous, une photo de Liu Yongfu. Elle vient d’un article en chinois parlant de la résistance des Pavillons Noirs aux Français (ici).

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