Jinologie : L’Épée céleste et le Sabre du dragon, épisode 3

Ce billet est le troisième épisode du résumé succinct du roman L’Épée céleste et le Sabre du dragon. Les épisodes précédents sont ici : introduction, épisode 1, épisode 2.
Pendant le siège du repaire de la secte manichéiste, Zhang Wuji est contraint de se livrer à un combat contre Zhou Zhiruo, belle et douce jeune fille, que la vénérable nonne Miejue (灭绝师太 [mièjué shītài]) qui dirige alors l’école Emei, a prise sous son aile. Zhou Zhiruo utilise pendant le combat l’épée céleste, et blesse Zhang Wuji en lui enfonçant l’épée dans la poitrine. Mais comme le jeune homme ne la laisse pas indifférente, Zhou Zhiruo ne se résout pas à le tuer, et Zhang Wuji n’est que blessé. Grâce à l’intervention de Zhang Wuji, qui ne veut pas d’une bataille qui nuirait aussi bien aux six grandes écoles qu’à l’école manichéiste et qui parvient à démontrer que l’attaque contre la secte manichéiste n’est que le résultat d’un complot ourdi par Cheng Kun (l’ancien maître de Xie Xun), les six grandes écoles renoncent finalement à détruire l’école manichéiste, et lèvent le siège.
Cet épisode apporte à Zhang Wuji une grande renommée dans l’ensemble de la Chine, au point qu’il est finalement nommé chef de l’école manichéiste.
Sur le chemin du retour, les six grandes écoles tombent dans un guet-apens tendu par les troupes impériales des Yuan. Les membres des six grandes écoles sont conduits manu militari à la capitale mongole, Dadu (大都 [dàdū], connue aussi sous le nom de Khanbaliq 汗八里 [hànbālǐ] et qui est l’actuelle ville de Beijing). Ils sont retenus dans la pagode du Temple de la paix éternelle (万安寺 [wàn’ānsì]). Suite à cela, l’épée céleste, qui incarne la puissance même de l’école Emei, tombe entre les mains de Zhao Min, princesse mongole. Heureusement, Zhang Wuji accourt à la rescousse et parvient à libérer les membres des six grandes écoles. Pendant la bataille pour la libération des prisonniers, la nonne Miejue meurt, et charge Zhou Zhiruo de prendre sa suite à la tête de l’école Emei, en lui faisant promettre de tout faire pour récupérer l’épée céleste et s’emparer du sabre à terrasser le dragon. La vieille nonne dévoile également à Zhou Zhiruo le secret qui se cache derrière le sabre convoité.
Mais Zhao Min exige de Zhang Wuji qu’il lui montre le sabre à terrasser le dragon, et Zhang Wuji conçoit alors le projet de retourner à l’île de glace et de feu pour aller chercher son père adoptif Xie Xun.
Mais Xie Xun n’est plus sur cette île. Zhang Wuji apprend qu’il se trouve désormais sur l’île du serpent surnaturel (灵蛇岛 [língshédǎo]). Cette île est la demeure de la « Vieille à la fleur d’or » (金花婆婆 [jīnhuā pópó]). Il se trouve que la Vieille à la fleur d’or avait été défaite en combat singulier par la nonne Miejue, ce qu’elle avait conçu comme un affront insupportable. Elle avait été une proche de Xie Xun, et demande à ce dernier de lui prêter le sabre à terrasser le dragon, espérant en découvrir le secret qui lui permettrait de laver dans le sang l’affront subi.
Mais la Vieille à la fleur d’or n’est autre que Dai Qisi (黛绮丝 [dài qǐsī]), qui était la grande prêtresse du manichéisme. Des envoyés de l’école manichéiste des origines viennent se saisir de Dai Qisi, pour la ramener au siège de la secte en Perse.
Zhang Wuji, Xie Xun, Zhou Zhiruo et consorts, pour tenter d’échapper aux bretteurs qui les poursuivent dans l’espoir de s’emparer du sabre à terrasser le dragon, s’enfuient de l’île au serpent surnaturel, et finissent par échouer sur une île déserte.
Sur l’île déserte, Zhou Zhiruo, pour exécuter les dernières volontés de la nonne Miejue, drogue ses compagnons et s’empare de l’épée et du sabre. Avec l’épée, elle coupe la lame du sabre, qui comporte une cavité dans laquelle sont cachés un traité de stratégie militaire qui permettrait de chasser les Mongols du trône impérial chinois et un traité d’arts martiaux que l’on croyait perdu : le Vrai sutra du yin suprême (《九阴真经》 [jiǔyīn zhēnjīng]). Grâce à ce traité, Zhou Zhiruo acquiert la maîtrise de deux techniques qui la rendent presque invincible : « la griffe au squelette blanc du yin suprême » (九阴白骨抓 [jiǔyīn báigǔzhuā]) et la « technique du fouet du python blanc » (白蟒鞭法 [báimǎng biànfǎ]). Accessoirement, sa nouvelle maîtrise des arts martiaux lui permet de reprendre le contrôle de l’école Emei, que des nonnes moins jeunes qu’elle lui contestaient, et d’élever sensiblement le niveau général d’expertise en arts martiaux des autres membres de l’école.
Pour savoir comment Cheng Kun ressurgit dans le récit, comment il parvient à prendre le contrôle du temple Shaolin, et comment il arrive à attirer Xie Xun dans un piège inextricable, je vous invite à lire le prochain épisode.
Ci-dessous, le combat entre Zhang Wuji et Zhou Zhiruo pendant le siège du repaire de la secte manichéiste (la vidéo vient de Youtube).

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Caractères (339) : 反

反 [fǎn]
Radical : 又 (encore)
4 traits
Significations :
1. retourner, rendre : 反击 [fǎnjī] : contre-attaquer, riposter ;
2. résister : 反抗 [fǎnkàng] : résister, opposer une résistance ; 反对 [fǎnduì] : être contre, s’opposer à ;
3. retourner, inverser : 反转 [fǎnzhuǎn] : retourner ;
4. déduire, inférer : 举一反三 [jǔ yī fǎn sān] : déduire à partir d’un cas unique, généraliser ;
5. envers, dos : 反面 [fǎnmiàn] : verso ;
6. au contraire : 反而 [fǎn’ér] : au contraire, à l’inverse.
Sinogramme 340 : 题

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Jinologie : L’Épée céleste et le Sabre du dragon, épisode 2

Ce billet est le deuxième épisode du résumé succinct du roman L’Épée céleste et le Sabre du dragon. Le billet de présentation du roman se trouve ici ; le premier épisode est ici.
Plusieurs dizaines d’années après la mort du moine Jueyuan, une maxime s’est répandue comme une traînée de poudre dans le milieu des bretteurs : “武林至尊,宝刀屠龙,号令天下,莫敢不从!倚天不出,谁与争锋?” : « Parangon de la forêt des bretteurs, le sabre précieux tulong ; il commande à la terre entière, personne n’ose se soustraire à ses commandements ! Tant que l’épée yitian n’apparaît pas, rien ne peut s’opposer à lui ! » Dès lors, une lutte acharnée oppose les uns aux autres les maîtres d’arts martiaux les plus divers, qui cherchent tous à s’emparer de l’épée céleste (l’épée yitian) et du sabre à terrasser le dragon (le sabre tulong).
Il se trouve que Yu Daiyan (俞岱岩 [yú dàiyán]), membre de l’école de Wudang et disciple de Zhang Sanfeng, entre par hasard en possession du fameux sabre. Son intention est de rentrer sur le mont Wudang pour remettre l’arme à son maître, qui en fera ce qu’il jugera bon. Mais, sur le chemin du retour, Yu tombe dans un piège tendu par la « secte de l’aigle céleste » (天鹰教 [tiānyīngjiào]), et c’est ainsi que le sabre à terrasser le dragon tombe entre les mains de la secte. La secte de l’aigle céleste est en réalité une émanation de la secte manichéiste chinoise. Elle est honnie de tous les maîtres d’arts martiaux, car ses agissements vont à l’encontre des principes les plus élémentaires de l’éthique martiale.
La secte de l’aigle céleste organise sur l’île Wangpanshan (王盘山岛 [wángpánshāndǎo], qui se trouve au large de l’embouchure du fleuve Qiantang 钱塘江 [qiántángjiāng], non loin de Hangzhou) un banquet auquel sont conviés divers maîtres d’arts martiaux. Le but du banquet est d’annoncer officiellement que le sabre à terrasser le dragon se trouve désormais entre les mains de la secte de l’aigle céleste. Mais alors que le sabre est exposé à la vue de tous, surgit Xie Xun, le roi lion à la crinière d’or. Xie Xun maîtrise une technique peu commune, le « rugissement du lion » (狮子吼 [shīzi hǒu]). La puissance de ce rugissement est telle qu’elle provoque la mort de ceux qui l’entendent ; seuls les personnes qui ont une maîtrise suffisante du souffle vital échappent à la morte. Grâce à son rugissement, Xie Xun terrasse d’un seul coup tous les participants du banquet. Seuls sont épargnés Zhang Cuishan, un autre adepte de l’école Wudang, et Yin Susu, qui, tout comme Xie Xun, est membre de la secte de l’aigle céleste. Xie Xun s’empare du jeune homme et de la jeune femme, et s’enfuit de l’île à bord d’un bateau.
Le bateau qui emporte les trois personnages est victime d’une avarie, et échoue sur « l’île de glace et de feu » (冰火岛 [bīnghuǒdǎo]). Pendant dix longues années, Xie Xun, Zhang Cuishan et Yin Susu sont prisonniers de l’île. Zhang Cuishan et Yin Susu, au fi de toutes les convenances, deviennent époux, et donnent naissance à un fils : Zhang Wuji.
Finalement, au bout de dix longues années, après avoir observé les courants autour de l’île de glace et de feu, Xie Xun découvre le moyen de quitter l’île. Un radeau est construit, et Zhang Cuishan et Yin Susu emmènent leur fils Zhang Wuji pour entreprendre le voyage de retour vers la Chine. Xie Xun, qui après dix ans n’a toujours pas réussi à percer le secret du sabre à terrasser le dragon, reste sur l’île. Xie Xun a besoin de découvrir ce secret pour pouvoir enfin venger son épouse, sauvagement violée et assassinée par Cheng Kun (成昆 [chéng kūn]), l’ancien maître d’arts martiaux de Xie Xun.
De retour sur le mont Wudang, les parents de Zhang Wuji refusent de révéler le lieu où se trouve Xie Xun et le sabre à terrasser le dragon, et sont finalement contraints au suicide. Dix ans plus tard, Cheng Kun conçoit une funeste entreprise et parvient à faire en sorte que les « six grandes écoles » (六大门派 [liù dà ménpài]), i.e. l’école Shaolin (少林派 [shàolínpài]), l’école Wudang, l’école Kunlun (昆仑派 [kūnlúnpài]), l’école Emei, l’école Huashan (华山派 [huàshānpài]) et l’école Kongtong (崆峒派 [kōngtóngpài]) se lancent à l’assaut du sommet Guangming (光明顶 [guāngmíngdǐng], qui est le pic principal du mont Huangshan 黄山 [huángshān], dans la province de l’Anhui), où se trouve le siège de la secte manichéiste. Mais le projet de Cheng Kun tourne à la débandade grâce à l’intervention de Zhang Wuji, qui a acquis la maîtrise de deux techniques d’exception : la « force divine du yang suprême » (九阳神功 [jiǔyáng shéngōng]) et le « grand déplacement de la terre et du ciel » (乾坤大挪移 [qiánkūn dà nuóyí]).
Si vous voulez savoir dans quelles circonstances l’épée céleste fait son apparition dans le roman, et avoir un premier aperçu de la vie amoureuse de Zhang Wuji, je vous invite à lire le prochain épisode.
Dans l’extrait ci-dessous, le jeune Zhang Wuji, grâce au grand déplacement de la terre et du ciel, bat à plate couture un vénérable moine guerrier de l’école Shaolin (le vidéo se trouve sur Youtube) :

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Caractères rares (3824/5545) : 缬/纈

缬 [xié]
Radical : 纟 (soie)
15 traits
Graphie traditionnelle : 纈 (radical : 糹(糸), 21 traits)
Significations :
1. étoffe ornée de motifs ;
2. étoiles (que l’on a devant les yeux lorsque l’on est pris de vertiges).
J’ai rencontré ce sinogramme dans le mot 缬氨酸 [xiéānsuān], qui est le nom chinois de la valine, un acide aminé indispensable (i.e. non synthétisable par l’organisme, qui doit le recevoir de l’alimentation. J’ignore totalement pourquoi ce sinogramme a été utilisé dans le nom chinois de la valine…
Sinogrammes 3825 : 胍

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Jinologie : L’Épée céleste et le Sabre du dragon, épisode 1

Ce billet est le premier épisode du résumé succinct du roman L’Épée céleste et le Sabre du dragon.

Après la troisième édition du « tournoi des bretteurs du mont Huashan » (华山论剑 [huàshān lùnjiàn]), au cours duquel Yang Guo a été reconnu comme la maître incontesté des experts d’arts martiaux de son temps, Guo Xiang, la fille de Guo Jing, parcourt la Chine à la recherche de Yang Guo et de Demoiselle Dragon. Elle ne parvient pas à les retrouver, et, au bout de trois ans, échoue au temple Shaolin (少林寺 [shàolínsì]), dans la province du Henan. Là, elle retrouve le moine Wuse (无色禅师 [wúsè chánshī]), responsable du « Hall des Arhats » (罗汉堂 [luóhàntáng]), qui ignore également où se trouve le couple légendaire.
Elle fait la rencontre de He Zudao (何足道 [hé zúdào]), le « triple maître du Kunlun » (昆仑三圣 [kūnlún sānshèng]), originaire des « contrées occidentales » (西域 [xīyù], en réalité la région actuelle du Xinjiang), avec lequel elle se livre à une joute de jeu de go (棋 [qí]) et de cithare (琴 [qín]). He Zudao est également expert en escrime (剑术 [jiànshù]) et souhaite se mesurer aux maîtres du temple Shaolin. Aucun des moines en présent ne parvient à la vaincre. Il est finalement défait par le moine Jueyuan (觉远 [juéyuǎn]) et son assistant, le jeune Zhang Junbao (张君宝 [zhāng jūnbǎo]).
Jueyuan avait égaré la copie du Langkavantara Sutra (《楞伽经》 [léngjiājīng]) qui avait été manuscrite par Bodhidharma (达摩 [dámó]), fondateur légendaire de l’école chan en Chine, et accessoirement premier maître d’arts martiaux du temple Shaolin. En guise de châtiment, Jueyuan avait été condamné à occuper la fonction de porteur d’eau pour les moines de Shaolin, et l’apprentissage des arts martiaux lui avait donc été interdit.
On imagine dès lors la fureur des moines du temple lorsqu’ils découvrent que Jueyuan a enfreint la règle très stricte qui interdit à quiconque d’étudier en cachette les secrets des techniques martiales de Shaolin, car c’est grâce à sa maîtrise du « gongfu sacré du yang suprême » (九阳神功 [jiǔyáng shéngōng]), qui fait partie des techniques du niveau le plus élevé du Shaolin, que Jueyuan et son disciple ont repoussé He Zudao (à l’issue du combat qui l’oppose à Jueyuan, ce dernier décide d’ailleurs de quitter à jamais la Plaine centrale pour rentrer chez lui).
Jueyuan s’enfuit du mont Shaoshi (少室山 [shàoshìshān]), qui abrite le temple Shaolin, avec Zhang Junbao et Guo Xiang, mais il est grièvement blessé dans sa fuite. Le moine Wuse, qui avait voulu protéger Jueyuan, est avec eux. Heureusement, avant de mourir, Jueyuan a le temps de réciter à ceux qui l’accompagnent le sutra qui contient les secrets du « gongfu sacré du yang suprême » : le Sutra véritable du yang suprême (《九阳真经》 [jiǔyáng zhēnjīng]). Mais le destin a voulu que le moine Jueyuan n’ait pu transmettre à chacun de ses suivants (Guo Xiang, le moine Wuse et Zhang Junbao) qu’une partie du texte sacré.
Zhang Junbao, fort de la portion du Sutra véritable du yang suprême qui lui a été révélée par son maître, et en s’appuyant aussi sur la connaissance partielle qu’il a des techniques martiales du temple Shaolin, créé sa propre école d’arts martiaux, l’école du mont Wudang (武当派 [wūdāngpài]). Entretemps, il a changé de nom et s’appelle désormais Zhang Sanfeng (张三丰 [zhāng sānfēng]).
Deux écoles d’arts martiaux occuperont dès lors le devant de la scène des maîtres de Chine : le temple Shaolin et l’école Wudang. Alors que le temple Shaolin représente la tradition de la « force externe » (外功 [wàigōng]), qui s’appuie sur la force physique patiemment accumulée par les adeptes, l’école Wudang met l’accent sur la « force interne » (内功 [nèigōng]), acquise à la suite d’une longue période d’accumulation du souffle vital (气 [qì])…
Si vous souhaitez savoir ce qu’il advint de l’école fondée par Zhang Sanfeng et comment le sabre du dragon entra en scène, je vous invite à lire le prochain épisode.
Ci-dessous, le moine Jueyuan portant ses seaux d’eau, dans l’une des adaptations télévisées du roman. La photo vient d’ici.

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Caractères (338) : 合

合 [hé], [gě]
Radical : 口 (bouche)
6 traits
Significations [hé] :
1. fermer, clore : 合眼 [héyǎn] : fermer les yeux, p.ext. mourir ;
2. réunir, rassembler : 合力 [hélì] : rassembler ses forces, mettre ses forces en commun ;
3. conforme : 合法 [héfǎ] : conforme à la loi, i.e. légal ;
4. devoir, falloir : 合该 [hégài] : devoir, il faut ;
5. en entier, en totalité : 合家 [héjiā] : toute la famille ;
6. calculer : 合算 [hésuàn] : 1º) calculer / 2º) avantageux (pour le prix d’une marchandise) ;
7. (anc., dans les partitions musicales chinoises, servait à noter la note « 5 », i.e. sol).
Significations [gě] :
1. (unité de mesure de capacité dans le système chinois dit « du marché » 市制 [shìzhì], correspondant à un dixième de litre) décilitre ;
2. (ancien instrument servant à mesurer les céréales).
NB : La prononciation [gě] est rare. En tout cas, je ne l’ai jamais rencontrée depuis que je suis entré en sinologie en 1982.
Sinogramme 339 : 反

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Bibliographie : Yu Hua, Vivre !

J’ai décidément beaucoup l’œuvre de Yu Hua (余华 [yú huá]). Après avoir lu les romans Le Septième Jour (《第七天》 [dìqītiān]) (2013) et Brothers (《兄弟》 [xiōngdì]) (2008), c’est avec grand plaisir que j’ai dévoré le premier de ses romans : Vivre ! (《活着》 [huózhe]) (1993).
Vivre ! raconte l’histoire de Xu Fugui (徐福贵 [xú fúguì]), fils d’un propriétaire foncier, qui dilapide la fortune familiale au jeu. Il se retrouve dès lors contraint de cultiver la terre. Ce coup de destin se révèle finalement être un bien, puisqu’il lui permet d’échapper au destin tragique des propriétaires fonciers spoliés, et souvent liquidés, au moment de la réforme agraire qui a été appliquée dès la mise en place du gouvernement communiste en Chine.
On suit le parcours de Xu Fugui depuis l’époque de la guerre civile jusqu’à celle de la Révolution Culturelle, et on le voit frappé implacablement par le destin. Après avoir perdu son père, avant la libération, il perd sa mère alors qu’il est enrôlé de force dans l’armée nationaliste. Il perd ensuite successivement son fils, sa fille, son gendre, sa femme et son petit-fils.
Le roman est ponctué par les évènements politiques qui marquent l’histoire récente de la Chine : libération, grand bond en avant, trois années de famine, révolution culturelle.
Le récit de Yu Hua est frappant de sobriété. Cette sobriété se retrouve aussi dans son écriture, qui est des plus dépouillées. On est également saisi par la résignation de Fugui, qui supporte toutes les épreuves sans la moindre velléité de révolte, son seul but étant de « rester vivant », comme l’immense majorité des Chinois qui ont traversé cette période.
Vivre ! a été traduit en français par Yang Ping et publié dans le « Livre de Poche » en 1994. Il a été réédité en 2008 dans la collection Babel.
J’ai pour ma part lu la troisième en langue chinoise publiée en 2012 par The Writers Publishing House (作家出版社 [zuòjiā chūbǎnshè]) (ISBN : 978-7-5063-6453-7).

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