Jinologie : La Geste des Sui et des Tang (《隋唐英雄传》) (2)

(Le premier épisode de cette série se trouve ici.)
Cheng Yaojin (程咬金 [chéng yǎojīn], 589-665), ami d’enfance de Qin Shubao, a été condamné à une forte peine suite à des déboires dans un camp militaire mais parvient finalement à s’enfuir. Il est remarqué par Shan Xiongxin en raison de sa bravoure et de son expertise dans le maniement de la « hache sanban » (三板斧 [sānbǎnfǔ]), lourde hache à long manche. Shan prend Cheng dans sa troupe de bandits de grand chemin.
Suite à une embuscade des plus fructueuses, la troupe de Shan parvient à s’emparer d’un butin de plusieurs centaines de milliers de taëls d’argent qui appartiennent à Yang Lin (杨林 [yáng lín], personnage fictif, oncle de Yang Guang, l’empereur Yangdi). Mais Shan Xiongxin et Cheng Yaojin sont ensuite arrêtés. Ils sont sauvés par des comparses dirigés par Xu Maogong (徐茂公 [xú màogōng], personnage fictif), taoïste expert en divination et en stratégie. Shan, Cheng et Xu décident alors de faire sécession, ils s’emparent du fortin de Wagang (瓦岗寨 [wǎgǎngzhài], dans l’actuelle province du Henan). Cette rébellion lancée en 611 marque la première d’une série de révoltes qui aura raison de la dynastie des Sui.
À son corps défendant, Cheng Yaojin est placé sur le trône d’une nouvelle « dynastie » rebelle. Les rebelles installés dans le fortin de Wagang étendent progressivement leur territoire, et résistent victorieusement à plusieurs tentatives d’anéantissement par les armées impériales.
Yang Guang, devenu empereur, décide d’aller se promener dans la région du Jiangnan, notamment à Yangzhou, et fait creuser spécialement pour cela le fameux grand canal (大运河 [dàyùnhé]). Les mandarins corrompus de la cour impériale profitent comme il se doit de l’opportunité pour opprimer le peuple et se remplir les poches, pendant que l’empereur ne pense qu’à jouir des plaisirs que lui apporte sa position. Cela ne fait qu’attiser les mécontentements, et les révoltes s’enchaînent.
Même Li Yuan, encouragé en cela par son fils Li Shimin, décide de faire sécession. Il se soulève à Taiyuan (太原 [tàiyuán], dans l’actuelle province du Shanxi), s’empare de la capitale impériale Chang’an (长安 [cháng’ān], l’actuelle ville de Xi’an), et s’octroie le titre de « Prince de Tang » (唐王 [tángwáng]).
Si vous voulez savoir comment Cheng Yaojin abdique en faveur d’un couard, comment l’empereur Yangdi meurt sous les coups d’un félon et comment Li Shimin accède au trône impérial, je vous invite à lire le troisième et dernier épisode de cette série.
Ci-dessous, le tracé du grand canal à l’époque des Sui (l’image vient de l’article en chinois que Wikipedia consacre au grand canal des Sui et des Tang, ici) :

Publicités
Publié dans Histoires de Chine, Jinologie | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Caractères (356/5592) : 读/讀

读 [dú], [dòu]
Radical : 讠(言) (parole)
10 traits
Graphie traditionnelle : 讀 (radical 言, 22 traits)
Significations [dú] :
1. lire à voix haute : 宣读 [xuāndú] : lire en public (p.ex. une décision de justice) ;
2. étudier : 读书 [dúshū] : étudier, faire des études ;
3. lire (des données, un texte, etc.), lecture : 阅读 [yuèdú] : lire (un texte, un document) ; 读者 [dúzhě] : lecteur ;
4. lecture, prononciation (d’un caractère chinois) : 读音 [dúyīn] : prononciation (d’un caractère d’écriture).
Signification [dòu] :
(ancien) pause dans une phrase lue : 句读 [júdòu] : pause dans une phrase.
Sinogramme 357 : 运

Publié dans Caractères | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Jinologie : La Geste des Sui et des Tang (《隋唐英雄传》) (1)

La Geste de Sui et des Tang (《隋唐英雄传》 [suí táng yīngxióng zhuàn], littéralement « Histoire des héros des Sui et des Tang »), est une série télévisée en 40 épisodes sortie en Chine continentale en 2003. Cette série a bénéficié d’un succès certain, et reste disponible sur le câble chinois.
La trame de la série se base sur L’histoire intégrale des Tang (《说唐演艺全传》 [shuō táng yǎnyì quánzhuàn], abrégé en 《说唐》 [shuōtáng]), roman historique d’un auteur anonyme, rédigé pendant l’ère Yongzheng des Qing (清雍正 [qīng yōngzhèng], 1722-1735).
Cette série télévisée raconte la période de l’histoire de Chine pendant laquelle, après l’époque dite des Dynasties du Nord et du Sud (南北朝 [nánběicháo], 420-589), la Chine est de nouveau réunifiée sous l’éphémère dynastie des Sui (隋朝 [suícháo], 581-617), prélude à la création de la dynastie des Tang (唐朝 [tángcháo], 618-917). La série télévisée s’arrête au moment du célébrissime « incident de la porte Xuanwu » (玄武门之变 [xuánwǔmén zhī biàn]), en 626.
Les scènes de combat ayant été particulièrement soignées et jouant un rôle très important dans cette série, il me semble que l’on peut sans trop de difficultés faire entrer cette œuvre dans notre série « Jinologie ».
La trame de la série est la suivante :
Vers la fin du règne de l’empereur Wen des Sui (隋文帝 [suí wéndì], Yang Jian 杨坚 [yáng jiān], 541-604, règne à partir de 581), son fils puîné, Yang Guang (杨广 [yáng guǎng], 569-618), cherche à évincer son frère aîné, Yang Yong (杨勇 [yáng yǒng], 568-604) pour s’emparer du trône impérial, et tente pour cela d’écarter les plus influents des hauts personnages de la cour. Pour échapper aux complots de Yang Jian, Li Yuan (李渊 [lǐ yuān], 566-635), membre de la noblesse du nord de la Chine et personnage important de la cour de l’empereur Wendi, décide de se retirer dans sa région natale. En chemin, Li Yuan est attaqué par Liao Wuji (廖无极 [liào wújí], personnage de fiction), qui a été mandaté par Yang Guang pour se débarrasser de Li Yuan. Heureusement, surgit inopinément le jeune Qin Shubao (秦叔宝 [qín shūbǎo], 571?-638, connu aussi sous le nom de Qin Qiong 秦琼 [qín qióng]), agent de police subalterne, mais expert dans l’art du combat. Qin Shubao sauve Li Yuan et son fils Li Shimin (李世民 [lǐ shìmín], 599-649) d’une mort certaine ; toutefois, comprenant que Li Yuan est la cible d’un complot fomenté au plus haut niveau de l’État, Qin Shubao préfère s’esquiver en toute discrétion. Pour remercier le héros inconnu qui l’a sauvé, Li Yuan fait sculpter une statue à son effigie et place cette statue dans un temple pour l’honorer.
Qin Shubao était en route pour conduire un condamné à Luzhou (潞州 [lùzhōu], dans l’actuelle province du Shanxi). Il avait convenu de retrouver un collègue parti accompagner un autre condamné pour faire ensemble le chemin du retour. Suite à un malentendu, Qin Shubao n’attend pas son collègue au bon endroit et dépense tout son pécule. De plus, il tombe gravement malade. Il en est même réduit à vendre sa monture. Il fait alors la connaissance de Shan Xiongxin (单雄信 [shàn xióngxìn], 581-621), un bandit de grand chemin qui connaissait la réputation de droiture et d’expertise dans le maniement de la « rapière » (锏 [jiǎn], une sorte de gourdin métallique ayant la forme d’une épée, sans tranchant) de Qin. Qin et Shan se lient d’amitié et Shan sort Qin du mauvais pas où il se trouve. Sur le chemin du retour, Qin Shubao tue un aubergiste qu’il avait pris à tort pour un brigand. Il est condamné par les autorités locales qui le bannissent à Yanzhou (燕州 [yànzhōu], dans la région de l’actuelle Beijing).
Le commandant de la région de Yanzhou est Luo Yi (罗艺 [luó yì], mort en 627), qui n’est autre que le beau-frère du père décédé de Qin Shubao. Qin Shubao se lie d’amitié avec son cousin, le fils de Luo Yi, Luo Cheng (罗成 [luó chéng], personnage de fiction). Luo Yi protège Qin Shubao et nomme celui-ci à un poste d’officier dans la province du Shandong.
Au moment où Qin Shubao arrive dans la province du Shandong, Yang Guang assassine son père l’empereur Wendi des Sui. Il demande au haut fonctionnaire Wu Jianzhang (伍建章 [wǔ jiànzhāng], personnage de fiction) de contrefaire un édit impérial faisant de Yang Guang l’héritier légitime au trône impérial. Wu refuse et Yang Guang l’assassine. Le fils de Wu, Wu Zhishao (伍之召 [wǔ zhīshào], personnage de fiction), gouverneur (太守 [tàishǒu]) de Nanyang (南阳 [nányáng], dans l’actuelle province du Henan) se soulève contre Yang Guang. Yang Guang envoie un général reprendre Nanyang, puis monte sur le trône impérial ; il est connu sous le nom d’empereur Yangdi des Sui (隋炀帝 [suí yángdì], r. 604-618).
Si vous voulez savoir comment s’étend la rébellion contre l’empereur des Sui, comment Qin Shubao retrouve un ami d’enfance et comment ce dernier devient empereur, je vous invite à lire le prochain épisode.
Ci-dessous, une photo des « rapières » de Qin Shubao (l’image vient d’un article en chinois présentant ce personnage, ici) :

Publié dans Jinologie | Tagué , , | 1 commentaire

Caractères rares (3834) : 壑

壑 [hè], [huò]
Radical : 土 (sol)
17 traits
Significations :
1. ravin, vallée encaissée : 壑谷 [hègǔ] : vallée encaissée ;
2. trou, fosse.
Ce caractère est prononcé [hè] en Chine continentale, [huò] à Taiwan.
Sinogramme 3835 : 褶

Publié dans Caractères | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Bibliographie : Laoshe, Le Croissant de lune

Le Croissant de lune (《月牙儿》 [yuèyǎr]) est une longue nouvelle (中篇小说 [zhōngpiān xiǎoshuō]) publiée en 1935 par Laoshe.
Cette nouvelle raconte l’histoire d’une jeune femme, Han Yuerong (韩月容 [hán yuèróng]). Le premier souvenir de Yuerong évoqué dans ce récit est celui de sa mère éplorée suivant le cercueil de son mari. Cette mère, démunie, doit pour survivre laver le linge des autres. Elle rencontre finalement un homme qui l’épouse et prend soin d’elle et de sa fille. Yuerong est même envoyée à l’école.
Cet homme décède à la suite d’un accident, si bien que Yuerong et sa mère se trouvent à nouveau dans une situation inextricable. La mère de Yuerong, après avoir mis au clou tout ce qu’elle possédait, se trouve réduite à la prostitution. Un soir, en rentrant de l’école, Yuerong voit un homme sortir de l’appartement. La jeune fille ne pardonne pas à sa mère, et, prise en pitié par la directrice de l’école où elle est collégienne, elle finit par s’installer à l’école en échange de menus travaux.
Lorsque l’école change de directrice, Yuerong est contrainte de partir. Elle trouve un logement et cherche en vain un travail. Elle n’a plus alors d’autre moyen de subsistance, comme sa mère, que de laver le linge des autres. Elle rencontre un homme qui la traite avec beaucoup d’égards et elle finit par se livrer à lui. Son amant subvient à ses besoins. Mais elle découvre que cet homme lui a menti et qu’il est en réalité marié. Yuerong le quitte.
Elle trouve un emploi comme serveuse dans un restaurant, mais finit par renoncer à cet emploi car elle refuse de céder aux avances des clients. Elle se trouve finalement contrainte à la prostitution comme sa mère, qui vit désormais de la mendicité. Elle comprend que sa mère n’avait d’autre choix.
Yuerong finit par être atteinte d’une maladie vénérienne. Elle est prise par la police et envoyée dans une maison de redressement.
Laoshe met ici sous les yeux de ses lecteurs la condition très dure des femmes veuves ou abandonnées, réduites à la prostitution, objets du mépris de l’ensemble de la société, alors qu’elles sont dignes de pitié.
Cette nouvelle a été traduite en français sous le titre de Le Croissant de lune. La traduction est disponible dans la collection Folio, dans un recueil intitulé Le nouvel Inspecteur (ISBN : 9782070358403).
Ci-dessous, la première de couverture d’un recueil contenant la nouvelle Le Croissant de lune ainsi que Le Soleil (《阳光》 [yángguāng]) de Laoshe, publié en 2003 (la photo vient d’ici).

Publié dans Bibliographie, Littérature chinoise | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Caractères (355) : 保

保 [bǎo]
Radical : 亻 (homme)
9 traits
Significations :
1. garder, prendre bien soin de : 保卫 [bǎowèi] : protéger, préserver ;
2. rester inchangé, ne pas faiblir : 保持 [bǎochí] : conserver, garder ;
3. être responsable, assumer la responsabilité : 保证 [bǎozhèng] : garantir ;
4. bao (ancienne division administrative de la population) : 保甲 [bǎojiǎ] : baojia (ancien système d’organisation de la population : un ensemble de familles constituait un jia 甲, un ensemble de jia constituait un bao 保) ;
5. (anc.) serviteur, préposé : 酒保 [jiǔbǎo] : barman (préposé aux alcools) ;
6. Bao, patronyme chinois.
Sinogramme 356 : 读

Publié dans Caractères | Tagué , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Divers : La construction des langues

Je découvre aujourd’hui une émission de France Culture, intitulée « La construction des langues », dans laquelle intervient principalement Charles Brazart, agrégé d’anglais et chercheur au laboratoire de linguistique de Nantes.
Dans cette émission nous est expliqué de façon claire la façon dont les langues ont été et sont construites. On y parle de la langue chinoise de Chine continentale, qui est qualifiée de « langue construite » par le régime chinois depuis cinquante ans (sur ce point précis, je suis plutôt réservé). Mais il y est aussi question des aires linguistiques, de l’origine des langues (notamment des langues indo-européennes), des langues construites (esperanto, volapuk…), des langues des signes…
Cette émission est fort intéressante, et mérite largement, à mon humble avis, de consacrer une heure à son écoute.
L’émission, dont l’enregistrement date de 2016, peut être écoutée ici, sur le site de France Culture.

Publié dans Divers | Tagué , , | Laisser un commentaire