Liens : La poésie chinoise classique sur Gallica

Par le biais de Gallica, la BNF met à disposition de tous, gratuitement, un nombre époustouflant de livres et documents du domaine public. On peut ainsi télécharger les éléments les plus divers, sur tous les sujets.
En plus de cela, la BNF publie aussi des articles succincts qui aident le lecteur à trouver des ressources intéressantes sur un sujet donné.
C’est le cas d’un page intitulée « Premiers contacts avec la poésie chinoise classique », rédigée par Muriel Détrie, « maître de conférences en littérature générale et comparée à l’université de la Sorbonne Nouvelle ». Cette page explique comment la poésie chinoise classique s’est diffusée en France à partir du XIXe siècle.
Sont ainsi présentées les traductions savantes d’Hervey Saint Denys et de Marcel Granet, ou encore deux recueils de Zen Zon Ming (曾仲鸣 zēng zhòngmíng : Zeng Zhongming, 1896-1939, plus connu en Chine pour être un traître à la patrie, rallié aux Japonais dans le sillage de Wang Jingwei en 1938, que pour son apport à la diffusion de la poésie chinoise ancienne en France).
On pourra aussi faire connaissance avec le parnassien Emile Blémont (1839-1927), qui, sans connaître le moindre mot de chinois, adapta en vers quelques poésies sélectionnées dans le recueil de poésie des Tang d’Hervey Saint Denys.
Ce sera également l’occasion de découvrir le Livre de Jade, de Judith Gautier (fille de Théophile), publié en 1867 : il s’agit d’un recueil de poèmes chinois traduits en français de façon poétique. Ce recueil eut un immense succès et contribua beaucoup à la diffusion de la poésie chinoise en France à la fin du XIXe siècle.
La page en question de la BNF se trouve ici. Tous les titres évoqués ci-dessus sont disponibles sur Gallica.
Ci-dessous, la couverture de l’indispensable Fêtes et Chansons ancienne de la Chine de Marcel Granet (l’image vient du site Amazon) :

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Caractères (414) : 收

收 [shōu]
Radical : 攵 (toquer)
6 traits
Ordre des traits : フ丨ノ一ノ丶
Significations :
1. recevoir, accepter ; 收信 shōuxìn : recevoir une lettre ;
2. ranger : 收拾 shōushí : ranger, préparer (ses bagages) ;
3. récolter (des céréales) : 收割 shōugē : moissonner ;
4. retirer : 收兵 shōubīng : retirer ses troupes ;
5. rassembler, recueillir : 收容 shōuróng : recueillir ;
6. terminer, finir : 收尾 shōuwěi : terminer, finir ;
7. arrêter, interpeler : 收押 shōuyā : placer en détention ;
8. contrôler (ses sentiments) : 收心 shōuxīn : se calmer.
Sinogramme 415 : 讲

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Virelangue : Lapin ventru

Un virelangue (en chinois 绕口令 ràokǒulìng) est « une locution, une phrase ou un petit groupe de phrases à caractère ludique, caractérisé par sa difficulté de prononciation ou de compréhension orale, voire des deux à la fois », dixit le Wiktionary.
La langue chinoise se prête particulièrement bien à ces exercices ludiques, en raison des tons, bien sûr, mais aussi en raison des difficultés qu’ont les Chinois du Sud, par exemple, à prononcer de façon bien différenciée le « s » et le « sh », le « ch » et le « zh », etc. Pour les Français qui apprennent le chinois, s’ajoute encore les difficultés liées à la prononciation des consonnes aspirées et non aspirées, comme, dans le virelangue ci-dessous, « d » et « t ».
Cet aspect-là de la langue chinoise a jusqu’ici été complètement ignoré sur Sinoiseries, et c’est bien dommage. Je vous invite à réparer cette négligence avec un premier virelangue, celui du « lapin ventru » :
大兔子,大肚子,大肚子的大兔子,要咬大兔子的大肚子。
Dà tùzi, dà dùzi, dà dùzi de dà tùzi, yào yǎo dà tùzi de dà dùzi.
Vocabulaire :
兔子 tùzi : lapin, lièvre
肚子 dùzi : ventre
咬 yǎo : mordre
Je vous laisse vous exercer, avant de défier vos amis chinois 😊

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Caractères rares (3868) : 裨

裨 [bì], [pí]
Radical : 衤(vêtement)
13 traits
Ordre des traits : 丶フ丨ノ丶ノ丨フ一一ノ一丨
Prononcé [bì], le sinogramme 裨 signifie « augmenter, compléter, aider », ex. 裨益 [bìyì] : avantage, bénéfice.
Prononcé [pí], le sinogramme 裨 désignait anciennement un vêtement de cérémonie de niveau inférieur ; il signifie aussi « adjoint, vice- », comme dans 裨将 [píjiàng], général en chef adjoint.
Sinogramme 3869 : 垡

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Histoires de Chine : Gratter l’os pour en extraire le poison

L’expression « gratter l’os pour en extraire le poison » 刮骨疗毒 guāgǔ liáodú signifie « traiter (un problème) de façon radicale ». Ce proverbe tire son origine de l’histoire suivante, rapportée dans le roman des Trois Royaumes (《三国演义》 sānguó yǎnyì) :
A l’époque des Trois Royaumes (三国 sānguó), Wei, Shu et Wu (魏蜀吴 wèi shǔ wú) se livraient des batailles acharnées. Un jour, alors qu’il combattait contre une armée de Cao Cao (曹操 cáo cāo), Guan Yu (关羽 guān yǔ), général de Shu, fut atteint d’une flèche au bras droit. Ses officiers l’exhortèrent alors à abandonner le combat pour se retirer dans son camp de base à Jingzhou (荆州 jīngzhōu, ville située dans la province actuelle du Hubei). Mais Guan refusa en disant : « Je ne vais tout de même pas abandonner la bataille pour une blessure superficielle ! » Mais il s’avéra que la flèche était empoisonnée, si bien que le bras de Guan Yu enfla et devint bleu, et le général de Shu fut alors incapable de bouger son bras.
Les officiers se mirent dès lors en quête d’un médecin pour soigner leur général mais n’en trouvèrent pas. Se présenta alors un homme qui dit s’appeler Hua Tuo (华佗 huà tuó – attention : lorsque le caractère 华 est un patronyme, il se prononce [huà] et non [huá]) et prétendit pouvoir soigner le général. Hua Tuo expliqua à Guan Yu qu’il allait lui demander de mettre son bras dans un anneau de fer accroché à un poteau pour l’opérer, afin d’immobiliser le bras, et lui recommanda de ne pas regarder pendant qu’il opérait. Mais Guan Yu répondit que cela n’était pas nécessaire.
Hua Tuo prit alors une lame affûtée et se mit en œuvre de faire une incision au niveau de la blessure. Il retira la pointe de la flèche et gratta ensuite l’os à l’aide de la lame pour le débarrasser du poison qui s’y était fixé, avant de suturer la plaie. Pendant toute la durée de l’opération chirurgicale, Guan Yu mangea et but comme si de rien n’était, l’expression de son visage ne manifestant pas le moindre signe de douleur…

Notes :
曹操 cáo cāo : Cao Cao (155-220) fut un général majeur à l’époque des Trois Royaumes. Son fils Cao Pi (曹丕 cáo pī, 187-226) déposa la dernier empereur des Han et fonda la dynastie des Wei (魏 wèi).
关羽 guān yǔ : Guan Yu (ca. 160-220), connu également sous le nom de « seigneur Guan » (关公 [guān gōng]) était un général compagnon de Liu Bei (刘备 liú bèi, 161-222 ou 223), fondateur du royaume de Shu (蜀国 shǔ guó). C’est l’un des personnages principaux du roman des Trois Royaumes. Il était fameux pour son adresse dans le maniement d’une sorte de hallebarde appelée « sabre en croissant de lune inversé du dragon bleu » (青龙偃月刀 qīnglóng yǎnyuèdāo) et il est souvent représenté tenant cette arme à la main.
华佗 huà tuó : Hua Tuo (110-207) était un médecin fameux, considéré comme l’un des fondateurs de la médecine chinoise. Il fut exécuté en 207 par Cao Cao car il refusait de se mettre à son service. Il semble que lorsque Guan Yu fut blessé, Hua Tuo avait déjà été exécuté, ce n’est pas lui qui soigna le général de Shu.
Cao Cao, Cao Pi, Guan Yu, Liu Bei et Hua Tuo ont tous un article sur Wikipédia en français.

Statue moderne en bronze de Guan Yu (Source : site web de la société Diaoting Tongdiao)
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Caractères (413/6429) : 辆/輛

辆 [liàng]
Radical : 车 (véhicule)
11 traits
Ordre des traits : 一フ丨一一丨フノ丶ノ丶
Graphie traditionnelle : 輛
Radical : 車
15 traits
Ordre des traits : 一丨フ一一一丨一丨フ丨ノ丶ノ丶
Significations :
1.spécificatif des véhicules à roues : 一辆汽车 yī liàng qìchē : une automobile ; 一辆卡车 yīliàng kǎchē : un camion ;
2.véhicule, char : 车辆 chēliàng : véhicule ; 舆辆 yúliàng : palanquin et char.
Sinogramme 414 : 收

Char de guerre de l’époque des Royaumes Combattants

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Norme chinoise relative à l’usage des signes de ponctuation

Après près de vingt années de travail avec des traducteurs chinois, je dois malheureusement constater que de nombreux Chinois soit ne maîtrisent pas, soit négligent l’usage correct des signes de ponctuation en chinois.
A l’occasion d’une millionième prise de tête avec une traductrice chinoise qui ne savait visiblement pas quel signe de ponctuation utiliser après des guillemets (“”) utilisés pour marquer une citation, hésitant entre le point final (。) et la virgule (,), et refusant de se ranger mon avis (« Ce n’est pas un Français qui va m’apprendre, à moi Chinoise, à utiliser les signes de ponctuation, quand même ! »), je n’ai eu d’autre recours que de lui envoyer la norme chinoise définissant l’utilisation des signes de ponctuation.
Il s’agit de la norme GB/T 15834-2011《标点用法标准》 (Norme d’utilisation des signes de ponctuation), que je mets ici à la disposition des lecteurs de Sinoiseries qui seraient intéressés.
(J’ai trouvé cette norme sur le site du Ministère de l’Éducation.)

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Caractères (412/6428) : 兴/興

兴 [xīng], [xìng]
Radical : 八
6 traits
Ordre des traits : 丶丶ノ一ノ丶
Graphie traditionnelle : 興
Radical : 臼
16 traits
Ordre des traits : ノ丨一一丨フ一丨フ一フ一一一ノ丶
Significations [xīng] :

  1. organiser (un évènement), édifier ; 兴建 [xīngjiàn] : édifier, construire ;
  2. se lever : 夙兴夜寐 [sùxīng yèmèi] : se lever à l’aurore et se coucher la nuit venue, se lever tôt et se coucher tard ;
  3. vigoureux, prospère : 兴盛 [xīngshèng] : florissant, prospère ;
  4. à la mode, en vogue : 时姓 [shíxīng] : à la mode ;
  5. autoriser : 不兴胡闹 [bùxīng húnào] : interdit de mettre la pagaille ;
  6. peut-être : 兴许 [xīngxǔ] : peut-être ;
  7. Xing, patronyme chinois peu courant.
    Signification [xìng] :
    joyeux, content : 高兴 [gāoxìng] : content

    Sinogramme 413 : 辆
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Bibliographie : John Christopher Hamm, Paper Swordsmen

L’ouvrage Paper Swordsmen – Jin Yong and the Modern Chinese Martial Arts Novel (« Bretteurs de papier – Jin Yong et le roman d’arts martiaux chinois moderne ») est la version « grand public » d’une thèse de doctorat soutenue par l’Américain John Christopher Hamm. Cet ouvrage traite de l’un de mes sujets de prédilection : les romans de cape et d’épée contemporains chinois en général, et le maître incontesté du genre, Jinyong. (NB : Je préfère écrire Jinyong, car ce nom n’est que le pseudonyme de Zha Liangyong 查良镛, et ce n’est pas, comme pourrait le faire croire l’orthographe Jin Yong, le patronyme (Jin 金) et le prénom (庸) de l’auteur.)
Dans ce travail, Hamm commence par présenter succinctement l’histoire du roman de cap et d’épée dans la littérature chinoise, jusqu’à l’avènement de la République Populaire de Chine. La présentation est brève, mais donne un aperçu intéressant de l’histoire du genre.
Ce qui m’a paru passionnant dans cet ouvrage, c’est la narration du déroulement chronologique de la rédaction de l’œuvre du Maître, l’historique des différentes versions (les romans ont d’abord été publiés sous forme de feuilletons, avant d’être rassemblés en volumes), la mise en perspective de l’œuvre dans le contexte plus vaste de la carrière de magnat de la presse de Zha Lianyong, la façon dont la fiction de Jinyong (et d’autres auteurs contemporains) a été perçue d’abord à Hong-Kong, puis à Taiwan et dans les communautés chinoises d’outre-mer, et enfin en Chine continentale.
Le tableau des relations entre Jinyong, le gouvernement britannique à Hong Kong et les autorités de Chine populaire est également intéressant. La façon dont Jinyong et son œuvre ont été et sont reçus par les intellectuels chinois est également abordée.
Hamm propose également des analyses assez pertinentes des titres les plus importants de l’œuvre : la trilogie des chasseurs de condor (射雕三部曲), la Xiaoao jianghu (《笑傲江湖》), et, bien entendu, le Ludingji (《鹿鼎记》). Mais tous les titres sont abordés à un moment ou à un autre.
Je trouve cependant le sous-titre assez trompeur, car des autres auteurs majeurs du genre contemporains de Jinyong (tels que Liang Yusheng 梁羽生 ou Gulong 古龙), il est finalement très peu question.
Il n’en reste pas moins que ce livre est à recommander à quiconque s’intéresse au roman de cape et d’épée chinois moderne en particulier, et à la littérature populaire chinoise en général.
Et on ne m’enlèvera de l’esprit que la connaissance, ne serait-ce que parcellaire, de l’œuvre de Jinyong, largement connue des Chinois du monde entier, que ce soit par le biais des romans ou des innombrables adaptations télévisuelles, cinématographiques ou ludiques, est indispensable pour tout sinisant qui se respecte.
Le livre a été publié en 2008 par les presses de l’Université de Hawaï. ISBN : 0-8248-2695-X

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Liens : Conversion en ligne zhs/zht

Trouvé ce matin sur le net, un outil de conversion des textes en caractères simplifiés en textes en caractères traditionnels, et vice-versa. Il suffit de copier-coller le texte à convertir et de cliquer sur un bouton.
Des mises en garde sont cependant de mise :
– Il ne suffit pas de convertir un texte en chinois simplifié en caractères traditionnels pour avoir un document utilisable à Taiwan ou à Hong Kong, les différences vont bien au-delà de la graphie : terminologie, syntaxe, tournures de phrases sont très souvent différentes ;
– L’outil ne fait pas la différence entre 面 (face) et 麵 (nouilles), 后 (impératrice) et 後 (arrière, postérieur), 于 (patronyme) et 於 (préposition)…
La plus grande circonspection s’impose donc si vous utilisez cet outil.
Pour y accéder, cliquer ici.
(Lien consulté le 7 octobre 2020)

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