Caractères (330) : 言

言 [yán]
Radical : 言 (parole)
7 traits
Significations :
1. parler, dire : 言说 [yánshuō] : parler de, discourir sur ;
2. paroles dites, discours : 言论自由 [yánlùn zìyóu] : liberté de parole, liberté d’expression ;
3. caractère, (en poésie) pied : 六言绝句 [liùyán juéjù] : quatrain en hexamètres ;
4. (particule euphonique) ;
5. Yan, patronyme chinois.
NB : En composition dans un caractère, en graphie simplifiée, le radical 言 se trouve le plus souvent sous la forme 讠.
Sinogramme 331 : 干

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Bibliographie : Gulong, Juedai shuangjiao

Nous avions rapidement parlé de Gulong (古龙 [gǔlóng]), l’un des plus fameux parmi les auteurs modernes de romans de cape et d’épée, dans le billet consacré aux « Trois bretteurs formosans » (ici).
Je me propose ici de présenter rapidement l’une des plus connues de ses œuvres : Juedai shuangjiao (《绝代双骄》 [juédài shuāngjiāo]), titre qui pourrait se traduire par « Les deux héros incomparables ».
Ce roman de 126 chapitres a été publié par Gulong entre 1966 et 1969. Il relate l’histoire de deux frères jumeaux, séparés dès leur naissance, élevés chacun par des maîtres d’arts martiaux de premier plan. Les maîtres de l’un des jumeaux, pour assouvir une vengeance, a fomenté un plan diabolique, qui, s’il réussit, conduira à l’exécution de l’un des frères par l’autre.
Les deux frères, appelés Hua Wuque (花无缺 [huā wúquē]) et Xiaoyuer (小鱼儿 [xiǎoyú’ér], connu aussi sous le nom de Jiang Xiaoyu 江小鱼 [jiāng xiǎoyú]) se lieront d’abord d’amitié, malgré le combat qui devra inexorablement les opposer. Ils ne sauront qu’ils sont frères qu’au dernier chapitre, à l’issue du combat extraordinaire qu’ils ne peuvent éviter.
Cette histoire, déclinée sous de multiples formes (trois adaptations au cinéma, pas moins de sept séries télévisées, une bande dessinée et cinq jeux vidéo) est très connue du grand public. Il suffit que vous citiez les noms de l’un des deux héros pour que voyiez les yeux de votre interlocuteur chinois sourire au souvenir de ce récit.
Les scènes de combat, nombreuses, sont époustouflantes. Les techniques martiales sont toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Les personnages les plus étonnants croisent les héros dans les circonstances les plus inattendues.
Si vous ajoutez à cela le fait que Xiaoyu’er a la faveur des jeunes filles les plus belles, et qu’en plus, l’une d’entre elles ne sait pas si elle aime Xiaoyu’er ou Hua Wuque, et vous avez tous les ingrédients pour un roman d’arts martiaux palpitant !
Le style de Gulong est très différent de celui de Jinyong. Gulong écrit certainement plus vite, et n’apporte pas le soin le plus extrême à son écriture. Le fil de l’histoire est assez convenu, et les péripéties sont souvent prévisibles. Ma préférence va nettement à Jinyong.
De plus, l’édition que j’ai en ma possession, publiée par les Éditions de Zhuhai, n’est malheureusement pas de bonne qualité (le texte est parfois presque effacé, et il me manque même quelques chapitres…).
Pour plus de détails concernant Juedai shuangjiao, je vous invite à lire ici l’article en anglais que lui consacre Wikipedia.
Ci-dessous, la première de couverture du premier des trois tomes qui composent le roman :

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Caractères (329) : 科

科 [kē]
Radical : 禾 (grain)
9 traits
Significations :
1. (taxonomie) famille : 猫科 [māokē] : Felidae, félins ;
2. (dans l’administration) section, division : 科长 [kēzhǎng] : chef de section ;
3. discipline, branche (scientifique) : 学科 [xuékē] : branche ; 科学 [kēxué] : science ;
4. (anc.) système d’examen mandarinal : 科举 [kējǔ] : examen impérial ;
5. juger, condamner : 科罚 [kēfá] : punir, condamner ;
6. (anc.) (dans les livrets d’opéra, désigne une action réalisée par un personnage) ;
7. (anc.) (utilisé lieu et place de 棵, spécificatif pour les arbres et certaines plantes).
Sinogramme 330 : 言

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Bibliographie : William Chan Tat Chuen, À la table de l’Empereur de Chine

(Je reprends ici un article publié ce matin-même sur Sinogastronomie.)
D’après la courte biographie donnée ici sur le site des Éditions Philippe Picquier, William Chat Tat Chuen est « né à Madagascar d’un père pâtissier. Passionné de cuisine, il rejoint l’école hôtelière au bord du lac de Genève en 1982. Pendant trois ans, il y apprend toutes les subtilités de l’art culinaire français. Il approfondit ses connaissances et ses pratiques dans l’art culinaire chinois lors de différents séjours en Chine et plus particulièrement à Canton, ville natale de son père.
En plus de son activité d’écriture, il a toujours travaillé dans le monde de la restauration traditionnelle, collective et commerciale en tant qu’ingénieur conseil. Il anime régulièrement des conférences sur la culture culinaire en Chine. »
Aux éditions Philippe Picquer, Chan Tat Chuen a publié deux ouvrages consacrés à la gastronomie chinoise : Fêtes et Banquets en Chine, et donc À la table de l’Empereur de Chine, dont je me propose de parler ici.
J’ai publié le 15 mai 2017, sur Sinogastronomie, un court billet dans lequel je m’étonnais de lire sous la plume de l’auteur que les tomates étaient consommées à l’époque des Tang, et que l’oignon accompagnait les viandes à l’époque des Zhou. Il s’agit là d’anachronismes flagrants. L’auteur a bien voulu prendre le temps de commenter ce billet, ce dont je le remercie sincèrement. Dans la réponse que je lui ai adressée, je signalais également d’autres points qui me semblaient litigieux, et je parlais aussi d’erreurs assez nombreuses dans les transcriptions phonétiques de mots chinois. Pour tout cela, je vous invite à lire ici ledit billet ainsi que les commentaires.
Cela étant dit, l’ouvrage de William Chan Tat Chuen, dont j’ai fini la lecture il y a quelques jours, me semble tout à fait digne d’intérêt. S’appuyant sur des sources chinoises, l’auteur décrit l’organisation du service de bouche chez les empereurs de Chine (notamment ceux de l’époque de la dynastie des Qing, 1644-1911), l’approvisionnement de la cour, les menus, le travail des cuisiniers, les préférences gustatives de tel ou tel empereur, le protocole, les relations entre médecine chinoise traditionnelle et gastronomie, etc.
J’ai pour ma part appris pas mal de choses, et je pense au final que ce livre est fort intéressant. Il est agrémenté de citations de divers ouvrages bien connus (par exemple des textes de Yuan Mei 袁枚 (1716-1797) relatifs à la gastronomie, les mémoires d’eunuques ou de dames de cour de la fin de la dynastie des Qing.)
À la fin de l’ouvrage sont données quelques recettes « impériales ». Sur ces recettes, je suis parfois un peu perplexe. Par exemple, dans la recette des « épinards sautés aux crevettes séchées » (p. 205), je vois parmi les ingrédients de la « graisse de canard » utilisée comme matière grasse pour la cuisson ; je n’ai pas le souvenir d’avoir vu de la graisse de canard utilisée dans les recettes chinoises que j’ai pu lire. On utilise assez souvent de la graisse de gallinacée (鸡油 [jīyóu]), mais ce n’est jamais pour la cuisson : cette graisse de volaille est utilisée comme « épice », pour parfumer le goût. Peut-être l’auteur a-t-il voulu adapter certaines recettes pour les rendre plus accessibles aux amateurs français ?
L’ouvrage de William Chan Tat Chuen comporte à la fin un bref lexique, ainsi qu’une bibliographie sommaire. L’édition que j’ai, dans la collection « Picquier Poche » a été publiée en 2007 (ISBN : 87730-921-9). Vous pouvez aussi consulter ici, sur le site de l’éditeur, la courte notice se rapportant à l’ouvrage.
Ci-dessous, la première de couverture de mon exemplaire.

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Caractères (328/5512) : 飞/飛

飞 [fēi]
Radical : 飞 (voler)
3 traits
Graphie traditionnelle : 飛 (radical 飞, 9 traits))
Significations :
1. voler (pour un oiseau, un insecte, un avion, etc.) : 飞机 [fēijī] : avion ;
2. se déplacer dans l’air : 飞雪 [fēixuě] : flocons de neige qui volent en l’air ;
3. très rapide : 飞驰 [fēichí] : aller très vite ;
4. très, extrêmement : 飞快 [fēikuài] : à toute vitesse ;
5. suspendu en l’air : 飞桥 [fēiqiáo] : pont élancé.
Sinogramme 329 : 科

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Jinologie : Les trois bretteurs formosans

Jinyong n’est pas, de très loin s’en faut, le seul auteur chinois de romans de cape et d’épée. Les histoires de chevaliers redresseurs de torts, de moines guerriers, de chefs de clans aux talents martiaux hors du commun, constituent un courant majeur de l’histoire de la littérature chinoise populaire, et ce depuis longtemps !
Les spécialistes s’accordent à peu près tous pour rechercher l’origine de ce genre littéraire chinois aux « Biographies des chevaliers errants » (侠客列传 [xiákè lièzhuàn]) et aux « Biographies des assassins » (刺客列传 [cìkè lièzhuàn]) que l’on trouve chez le père de l’histoire chinoise classique, Sima Qian (司马迁 [sīmǎ qiān] 145-86 avant notre ère), dans ses Mémoires historiques (《史记》 [shǐjì]).
La tradition martiale a marqué de nombreuses œuvres de la littérature chinoise classique. Les livres consacrés entièrement ou partiellement aux exploits guerriers d’individus au courage sans pareil, aux sectes qui se transmettaient de génération en génération les pratiques les plus ésotériques, sont légion.
Les romans de cape et d’épée chinois constituent encore aujourd’hui des œuvres extrêmement populaires, et de nombreux titres sont connus de tous les Chinois, quoi qu’en disent les intellectuels qui méprisent le genre, au même titre que certains persistent à mépriser le roman policier en Occident. Ils sont la source d’innombrables adaptations au cinéma et à la télévision, de bandes dessinées, et même de jeux informatiques. Les noms des personnages principaux des romans les plus connus sont largement connus du grand public.
Le roman d’arts martiaux chinois a connu un renouveau qui a commencé à Hong-Kong au début des années 50, au point que l’on a pu parler d’un « nouveau roman d’arts martiaux » (新武侠小说 [xīnwǔxiá xiǎoshuō]). Jinyong relève tout à fait de ce mouvement.
À Taiwan, le nouveau roman d’arts martiaux a pris son essor un peu plus tard. C’est vers le milieu des années 60 que le genre a connu une véritable renaissance dans l’île formosane, avec notamment l’entrée sur la scène littéraire d’auteurs majeurs, que l’on a réuni sous le nom des « trois bretteurs formosans » (台湾三剑客 [táiwān sānjiànkè]). Tous les spécialistes ne sont pas d’accord sur l’identité de ces trois auteurs, et plusieurs noms sont cependant fréquemment cités. Les « trois bretteurs » originaux sont Wolongsheng (卧龙生 [wòlóngshēng], 1930-1997), qui a commencé à produire en 1958, Sima Ling (司马翎 [sīmǎ líng], 1933-1989), qui a publié son premier roman martial en 1963, et Zhuge Qingyun (诸葛青云 [zhūgé qīngyún], 1929-1996), dont le premier récit est sorti en 1958. En plus de ces trois noms, est parfois cité un autre auteur, qui est probablement le plus connu des bretteurs taïwanais : Gulong (古龙 [gǔlóng], 1938-1985). Ce dernier est par ailleurs l’un des « trois grands maîtres du roman d’art martiaux » (武侠小说三大宗师 [wǔxiá xiǎoshuō sāndà zōngshī]), avec Jinyong et un autre auteur hongkongais, également très connu : Liang Yusheng (梁羽生 [liáng yǔhēng], 1924-2009).
Il me semble que ces auteurs ont tout à fait leur place dans notre série « Jinologie ». Je me propose donc de leur consacrer un billet de temps à autre. Je commencerai par présenter l’un des romans les plus connus de Gulong.
Sur la photo ci-dessus, Wo Longsheng (en haut à gauche), Zhuge Qingyun (devant) et Gulong (en haut à droite). J’ai récupéré cette photo sur un site spécialisé, ici.

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Caractères (327/5511) : 离/離

离 [lí]
Radical : 亠 (couvercle)
10 traits
Graphie traditionnelle : 離 (18 traits, radical 隹)
Significations :
1. être séparé de, être distant de : 距离 [jùlí] : distance ;
2. séparer, quitter : 分离 [fēnlí] : se séparer ;
3. manquer ;
4. li, l’un des huit trigrammes : ☲ ;
5. (anc.) (utilisé en lieu et place de 罹) être victime de ;
6. (anc.) (utilisé en lieu et place de 缡) foulard, fichu, voile ;
7. (redoublé : 离离) florissant (pour la végétation) ;
8. Li, patronyme chinois
Sinogramme 328 : 飞

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