Intermède musical : The Chairman, Que les dieux protègent Taiwan

Lors de mon dernier séjour à Taïwan, j’ai découvert un groupe de rock local dont la musique m’a plu sans la moindre hésitation. Le groupe The Chairman (董事长乐团 [dǒngshìzhǎng yuètuán]) participait à la cérémonie de fermeture de la dernière Universiade (世界大学生运动会 [shìjiè dàxuéshēng yùndònghuì], abrégé en 大运会 [dàyùnhuì]) d’été qui se tenait cette année (2017) à Taipei.
The Chairman a été officiellement constitué en 1997. Le groupe chante en taiwanais (minnan), et conserve dans ses compositions des éléments de la musique chinoise traditionnelle.
Je vous propose de découvrir ci-dessous l’un de leurs titres : Que les dieux protègent Taiwan (《众神护台湾》 [zhòngshén hù táiwān]) (la vidéo vient de Youtube).

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Caractères rares (3829) : 蚶

蚶 [hān]
Radical : 虫 (bestiole)
11 traits
Le sinogramme 蚶 désigne de façon générique diverses espèces de coquillages bivalves qui appartiennent le plus souvent à la famille des Corbiculidae. J’ai rencontré ce caractère à plusieurs reprises pendant mes recherches sur la gastronomie chinoise.
Citons notamment le 金蚶 [jīnhān], connue en français sous les noms de palourde d’eau douce, palourde asiatique ou encore corbicule (Corbicula fluminea). (On connait aussi ce bivalve sous le nom de河蚬 [héxiǎn] – nous avons déjà vu ici le sinogramme 蚬).
Sinogramme 3830 : 缗.

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Jinologie : L’Épée céleste et le Sabre du dragon, épisode 4 (fin)

Ce billet est le quatrième et dernier épisode du résumé succinct du roman L’Épée céleste et le Sabre du dragon. Les épisodes précédents sont ici : introduction, épisode 1, épisode 2, épisode 3.
Après avoir vu échouer ses plans de destruction la secte manichéiste et de prise de contrôle de la « bande des mendiants » (丐帮 [gàibāng]), Cheng Kun veut s’en prendre à l’école Shaolin (少林派 [shàolínpài]). Il a réussi à se saisir de Xie Xun, revenu en Chine, et le retient prisonnier sur la montagne qui abrite le temple Shaolin : le mont Shaoshi (少室山 [shàoshìshān]). Il veut se servir de Xie Xun comme d’un appât. Il parvient à convaincre le supérieur du temple Shaolin, le moine Kongwen (空闻 [kōngwén]), d’organiser une grande réunion au cours de laquelle Xie Xun sera mis à mort, réunion à laquelle sont conviées les figures majeures du monde des arts martiaux. Cheng Kun espère bien que, au cours de cette réunion, les maîtres d’arts martiaux rivaux en viendront aux mains et s’entre-massacreront allègrement, ce qui lui permettra de s’assurer sans coup férir le contrôle du monde des bretteurs.
Mais finalement, grâce à l’intervention de Zhang Wuji, de Zhao Min et de la « Femme à la blouse jaune » (黄衫女子 [huàngshān nǚzi]), qui n’est autre que la fille de Demoiselle Dragon et de Yang Guo (les héros des Amants chevaleresques du condor fabuleux, voir ici), le complot diabolique de Cheng Kun échoue à nouveau. Cheng Kun est défait par Xie Xun qui, fort de sa maîtrise de la « boxe des sept blessures » (七伤拳 [qīshāngquán]), inflige au traître des blessures internes qui rendent Cheng Kun définitivement inoffensif.
Sur le mont Shaoshi, Zhou Zhiruo tente de tuer Xie Xun afin de le faire taire, mais la Femme à la blouse jaune sauve Xie Xun, et le complot que Zhou Zhiruo avait ourdi pour s’emparer du sabre du dragon et de l’épée céleste est mis à jour.
Zhang Wuji et Zhao Min parviennent à mettre prendre à Zhou Zhiruo le Vrai sutra du yin suprême et le Testament de Wu Mu (《武穆遗书》 [wū mù yíshū]) (un traité d’art de la guerre qui devrait aider les Chinois à mettre en déroute les armées mongoles) ; ils obtiennent également deux plaques métalliques qui donnent les plans de l’île des Fleurs de pêcher. Cela leur permet de percer enfin le secret du sabre du dragon et de l’épée céleste.
Voici ce secret : À la fin de la dynastie des Song, alors que les armées mongoles avaient lancé leur invasion de la Chine et que la ville de Xiangyang était sur le point de tomber, Guo Jing et Huang Rong (les héros de La Légende des héros du condor, voir ici) avaient chargé un forgeron de fabriquer le sabre du dragon et l’épée céleste en fondant l’épée de fer noir, l’épée de l’homme de bien et l’épée de la vierge qui avaient été offertes par Yang Guo et Demoiselle Dragon. À l’intérieur d’une cavité pratiquée dans le sabre du dragon avaient été dissimulés le Vrai sutra du yin suprême ainsi que le Testament de Wu Mu. L’espoir de Guo Jing était que ces traités permettent aux générations futures de chasser l’envahisseur mongol. La seule façon de récupérer ces deux traités était de couper le sabre du dragon avec l’épée céleste.
Finalement, Zhang Wuji offre le Testament de Wu Mu à Xu Da (徐达 [xú dá], 1332-1385), et c’est grâce à ce traité d’art militaire que Xu Da parvint à battre les armées mongoles, ce qui permet la mise en place de la dynastie des Ming en 1368.
Une fois son devoir accompli, Zhang Wuji quitte la secte de la secte manichéiste, et s’en va vivre une vie paisible avec Zhao Min. C’est ici que s’achève la trilogie du condor.
Ci-dessous, le combat entre Cheng Kun et Xie Xun sur le mont Shaoshi, ainsi que le moment où Zhou Zhiruo tente d’assassiner Xie Xun (la vidéo est extraite de la série télévisée inspirée du roman, diffusée en Chine en 2009 ; la vidéo vient de Youtube) :

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Caractères (343/5566) : 论/論

论 [lùn], [lún]
Radical : 讠(parole)
6 traits
Graphie traditionnelle : 論 (radical 言, 15 traits)
Significations [lùn] :
1. point de vue, thèse : 论点 [lùndiǎn] : point de vue, argument, thèse ;
2. théorie, doctrine : 理论 [lǐlùn] : théorie ;
3. considérer : 一概而论 [yīgài ér lùn] : considérer de façon globale ;
4. évaluer, pondérer : 论罪 [lùnzuì] : décider d’une peine ;
5. selon, d’après : 论件 [lùnjiàn] : à la pièce, à l’unité.
Significations [lún] :
1. 《论语》 [lúnyǔ] : les Analectes de Confucius ;
2. (utilisé en lieu et place de 伦) ordre, mettre en ordre ;
3. (utilisé en lieu et place de 抡) choisir, sélectionner.
Sinogramme 344 : 交

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Intermède musical : Jian Bing Man, Ershou meigui

Ershou Meigui (二手玫瑰 [èrshǒu méiguī]), en anglais Second Hand Rose, est un groupe de rock de Pékin, connu pour son habitude d’associer instruments de musique traditionnels chinois et rock and roll. Ce groupe a, entre autres choses, composé et interprété la chanson principale de la bande son de la parodie burlesque du film de super héros intitulé Jianbingxia (《煎饼侠》 [jiānbǐngxiá]), littéralement « Le chevalier de la galette frite », en anglais Jian Bing Man.
Le film se moque allègrement des films de super héros aussi bien occidentaux que chinois. La chanson de Ershou Meigui est d’ailleurs une parodie de la chanson principale du film du genre chinois par excellence, Once Upon a Time in China, en chinois Huang Feihong (《黄飞鸿》 [huáng fēihóng]), avec Jet Li dans le rôle-titre. Pour écouter la chanson du film Once Upon a Time in China, cliquer ici (lien vers Youtube).
Ci-dessous, la parodie de Ershou Meigui (la vidéo vient également de Youtube) :

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Caractères rares (3828/5565) : 鲍/鮑

鲍 [bào]
Radical : 鱼 (poisson)
13 traits
Radical traditionnel : 鮑 (radical 魚, 16 traits)
Significations :
1. (鲍鱼 [bàoyú]) (anc.) poisson salé ;
2. (鲍鱼 [bàoyú]) ormeau, oreille de mer, abalone ;
3. Bao, patronyme chinois, peu commun ;
4. (sinogramme utilisé dans la transcription de patronymes étrangers pour transcrire les sons [bo], [po], etc.)
J’ai rencontré ce sinogramme dans le mot 鲍氏不动杆菌 [bàoshì bùdòng gànjùn], qui désigne la bactérie Acetinobacter baumanii (dans ce mot, l’expression 鲍氏 correspond au mot baumanii du nom binomial, 鲍 reproduisant la première syllabe du patronyme Baumann, et 氏 indiquant que 鲍 est un patronyme).
Sinogramme 3829 : 蚶

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Enigme : L’insipidité arrive à la maison

Lors d’une courte pause sur l’aire de repos de Qingshui (清水休息站 [qīngshuǐ xiūxízhàn]) sur la route nationale 3, au cours d’un voyage de Taipei à Puli, je découvre sur une borne servant de cendrier une expression qui m’est complètement inconnue et dont je n’arrive pas à trouver le sens : 淡抵家 [dàn dǐ jiā], littéralement « l’insipidité arrive à la maison ».
Le contexte, loin de m’éclairer, ajoute encore à ma confusion : 烟头,请淡抵家 [yāntóu, qǐng dà dǐ jiā] (烟头 [yāntóu] : mégot de cigarette).
Voici la borne en question :
Armé de mon téléphone 4G, je consulte en urgence les dictionnaires chinois en ligne que je connais. Aucun ne m’apporte quelque indice que ce soit.
Finalement, je ne peux qu’avouer mon ignorance et interroger les amis taïwanais qui m’accompagnent.
Il s’avère que le trigramme 淡抵家 n’est en fait que la transcription phonétique en sinogrammes lus avec la prononciation du mandarin, de l’expression en dialecte minnan qui signifie « jeter ici » (丢这里 [diū zhèlǐ]). Si la phonétique mandarine de 淡抵家 est absolument transparente pour quiconque parle le dialecte minnan, elle est en revanche tout à fait opaque pour quiconque ignore tout dudit dialecte.
La phrase 烟头,请淡抵家 signifie donc tout bêtement « Veuillez jeter vos mégots ici »…
Cette habitude prise de transcrire des expressions en minnan avec des caractères chinois prononcés en mandarin est assez récente, mais se développe à vitesse V.
Un autre exemple : un restaurant qui, voulant vanter la qualité gastronomique de ses spécialités, adopte dans le nom indiqué sur son enseigne le digramme 厚呷 [hòuxiā]. Il s’agit en réalité de la transcription phonétique de la prononciation en minnan de l’expression 好吃 [hǎochī] (bon, savoureux). Cependant, dans ce cas-ci, si l’on veut reproduire exactement la prononciation en minnan, 呷, normalement prononcé [xiā] (selon le Zdic) ou [xiá] (selon le dico en ligne du Ministère formosan de l’Éducation Nationale), doit être prononcé [jiǎ]…

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