Joli texte : Hồ Xuân Hương – La Jaque

Je m’intéresse en ce moment à la poésie chinoise (on parle de 汉诗 hànshī) écrite dans la sphère sinitique hors de Chine, i.e., essentiellement, en Corée, au Japon et au Vietnam. Les Chinois ont tendance à considérer que cette poésie lettrée, qui respecte en général les règles prosodiques de la poésie des Tang, est parfois malhabile. Il n’empêche que l’on y découvre de temps en temps de véritables bijoux.
La poétesse Hồ Xuân Hương (胡春香 hé chūnxiāng) a notamment attiré mon attention. Elle vécut à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècles. Probablement issue d’une famille lettrée, elle reçut une éducation chinoise classique. (Concernant Hồ Xuân Hương, je vous invite à lire la notice en français que lui consacre Wikipedia, ici.)
Certains de ces poèmes sont franchement érotiques, voire pornographiques, comme celui dont je vous présente la traduction ici (une autre traduction est disponible dans la notice évoquée plus haut), suivie du texte source.

Hồ Xuân Hương – La Jaque
Le corps de ta cadette est comme une jaque
Joufflus quartiers, chair abondante, peau semée d’épines
Si le fruit te plaît, seigneur, que n’y plantes-tu ton pieu
Au lieu de le caresser et d’en faire couler le nectar

胡春香《菠羅蜜》
妹身好比菠羅蜜,
瓣肥肉厚皮帶刺。
君子若愛就打桩,
莫用手摸出漿漬。
PS : La jaque (et non « jacque ») est le superbe et souvent imposant fruit du jacquier.

Cet article, publié dans Non classé, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s