Jinologie : La mort du Maître

Le 30 octobre 2018, les amateurs de littérature populaire en langue chinoise, et notamment les jinologues professionnels et amateurs, ont appris une bien triste nouvelle : le maître Jinyong est décédé à Hong-Kong, à l’âge de 94 ans.
Jinyong était le nom de plume de Louis Cha (Zha Liangyong, 查良镛 [zhā liángyōng]), né le 6 février 1924 à Haining (海宁 [hǎiníng]), dans la province du Zhejiang.
Journaliste, co-fondateur du quotidien hongkongais Ming Pao (《明报》 [míngbào]), scénariste, historien, il est essentiellement connu pour ses romans d’arts martiaux à succès ; il était certainement le plus populaire des auteurs de ce genre dans le monde chinois au sens large. Ses quinze œuvres de fiction publiées entre 1955 et 1972 ont été vendues à plus de 100 millions d’exemplaires (sans compter les innombrables éditions pirates), plusieurs romans apocryphes ont été publiés sous son nom.
Son œuvre romanesque a été adaptée un nombre incalculable de fois au cinéma ou à la télévision. Elle a également inspiré des bandes dessinées, des jeux informatiques. Des préquelles et des séquelles se sont basées sur son œuvre.
Jinyong, avec Liang Yusheng (梁羽生 [liáng yǔshēng]) et Gulong (古龙 [gǔlóng]) étant l’un des trois piliers du genre de cape et d’épée moderne. Il était le dernier des trois encore en vie.
Avec son décès, c’est une page qui se tourne et ce sont plusieurs générations de Chinois qui sont désemparés, qui ont l’impression de perdre tout un pan de leur jeunesse.
Longtemps regardée de haut par les spécialistes de la littérature chinoise, qu’ils soient chinois ou étrangers, son œuvre est aujourd’hui l’objet d’études universitaires. Des extraits de ses œuvres ont même été intégrés dans des manuels scolaires.
De nombreux ouvrages s’intéressent à différents aspects de l’œuvre du maître. Par exemple, le fameux écrivain hongkongais Ni Kuang a réuni dans une série intitulée Ma lecture des romans de Jinyong (《我看金庸小说》 [wǒ kàn jīnyōng xiǎoshuō]) plusieurs volumes dans lesquels il analyse l’œuvre romanesque de Zha Lianyong.
Plusieurs romans de Jinyong ont été traduits en anglais, français, coréen, vietnamien, thaï, birman, malais et indonésien.
Jinyong a reçu plusieurs décorations : en 1981, il est devenu membre de l’Ordre de l’Empire Britannique il a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1992 et Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2004. Il a aussi reçu le titre de professeur honoraire dans de nombreuses universités de Chine continentale, de Taiwan et de Hong Kong.
Pour de plus amples informations concernant Jinyong, je vous invite à lire l’article en français que lui consacre Wikipedia, ici (cet article donne notamment la liste de ses quinze romans).
Plus que jamais, Sinoiseries continuera à étudier l’œuvre du maître. La rubrique Jinologie se trouve ici.
La photo de Jinyong en 2007 ci-dessous vient de l’article de Wikipedia.

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