Jinologie : Demi-dieux et Semi-démons (《天龙八部》) – Qiao Feng (乔峰) (1)

Qiao Feng (乔峰 [qiáo fēng]) est, avec Duan Yu et Xuzhu, l’un des trois personnages masculins principaux du roman Demi-dieux et semi-démons de Jinyong.
C’est certainement, de tous les personnages de Jinyong, celui qui a atteint le niveau le plus haut en termes de maîtrise des arts martiaux. Il a une stature impressionnante et une prestance évidente. Il est juste, fidèle dans ses amitiés, sans détour. Il est reconnu comme l’un des deux experts incomparables de l’époque : une expression en vogue dit en effet que : « Au Nord, c’est Qiao Feng, au Sud, c’est Murong » (北乔峰, 南慕容 [běi qiáo fēng ; nán mùróng] ; le Murong en question est bien entendu le jeune Murong Fu, que nous avons déjà rencontré dans le chapitre Demi-dieux et semi-démons de la rubrique « Jinologie »). Dans tout le roman, jamais Qiao Feng ne rencontre un adversaire à sa taille.
Dès son plus jeune âge, le jeune Qiao Feng, fils d’un paysan habitant au pied du mont Shaolin appelé Qiao Sanhuai (桥三槐 [qiáo sānhuái) fait montre d’une intelligence hors du commun et d’un don absolument exceptionnel pour les arts du combat. A peine âgé de sept ans, humilié par un petit fonctionnaire local, il le pourchasse et finit par l’exécuter !
C’est auprès du maître Xuanku (玄苦 [xuánkǔ]) du temple Shaolin qu’il débute son apprentissage des arts martiaux. Il est ensuite admis dans la « bande des mendiants », où il gravit rapidement tous les échelons. Mais le chef de la bande des mendiants qu’est alors Wang Jiantong (汪剑通 [wāng jiàntōng]) connaît la vérité sur ses origines et le met à l’épreuve.
Qiao Feng est en effet le fils d’un noble de la famille royale des Khitan, Xiao Yuanshan (萧远山 [xiāo yuánshān]), qui est mort dans un guet-apens tendu par de jeunes bretteurs sur la foi d’une dénonciation erronée. Mais seul un nombre très restreint de personne connaît ce fait. Personne n’est au courant des origines khitan de Qiao Feng, pas même l’intéressé.
Wang Jiantong se méfie donc au plus haut point de Qiao Feng, le soumet à trois épreuves très difficiles et lui confie sept missions de premier ordre avant de lui accorder sa confiance.
Qiao Feng met ses talents au service de la bande des mendiants, et accomplit des exploits innombrables. Sa personnalité avenante le fait aimer de tous les membres de la bande, et il passe volontiers plus de temps à boire et à faire ripaille avec les mendiants de basse condition, qu’à s’entretenir d’affaires importantes avec les « quatre vénérables » de la bande des mendiants (丐帮四大长老 [gàibāng sìdà zhǎnglǎo]), qui constituent en quelque sorte le conseil d’administration de l’organisation et dont la parole fait loi.
Les exploits de Qiao Feng sont tels que Wang Jiantong finit par le désigner comme son successeur. Pendant huit ans à la tête de la bande, Qiao Feng ne cesse de multiplier les faits d’armes et d’aider les troupes impériales du Song du Nord à résister aux Khitan qui imposent une pression continue sur les frontières septentrionales de l’Empire chinois.
C’est à l’Auberge du pin et de la grue (Songhelou 松鹤楼 [sōnghèlóu])* de Wuxi que Qiao Feng fait par hasard connaissance avec Duan Yu, jeune prince de la maison royale de Dali (concernant Duan Yu, je vous invite à consulter la série que nous lui avons récemment consacrée). Malgré ses origines nobles, Duan Yu répond volontiers à l’invitation de Qiao Feng et l’accompagne sans blêmir dans une sorte de compétition pendant laquelle sont vidées moult amphores de vin. Le courant passe si bien entre les deux hommes qu’ils décident de devenir frères jurés.
C’est dans l’épisode suivant que nous verrons comment les choses de gâtent irrémédiablement pour Qiao Feng et ce malgré les exploits innombrables qu’il a accomplis pour la bande des mendiants pour la Chine des Song.
*Une petite remarque : l’Auberge du pin et de la grue (Songhelou), où se rencontrent Qiao Feng et Duan Yu, est le nom de l’un des restaurants les plus fameux de Suzhou, située sur la rive méridionale du Lac Tai (太湖 [tàihú]), et qui fait donc en quelque sorte vis-à-vis à la ville de Wuxi. Ce restaurant à été créé à l’époque des Qing, donc bien après l’époque à laquelle se déroule le roman.
Ci-dessous, une dédicace de la main de Jinyong, que l’écrivain a laissée au Songhelou lorsqu’il est venu visiter l’établissement en septembre 2007. (L’image vient d’un article qui parle de ce restaurant, ici.)

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