Bibliographie : Laoshe, La Cité des chats

La Cité des chats (《猫城记》[māochéngjì]), roman composé par Laoshe en 1931, est présenté par certains comme le premier récit chinois de science-fiction. Il s’agit en fait d’une fable qui critique vivement les dérives de la Chine moderne.
Un voyageur chinois s’est rendu sur la planète Mars en compagnie d’un aviateur français. Leur avion s’est écrasé sur la planète et seul le voyageur chinois a survécu. Ce dernier découvre que la région où il a échoué est peuplée d’une race humanoïde étrange, dont le corps est couvert de poils et dont le visage a un aspect indéniablement félin.
Le voyageur chinois découvre progressivement la société dans laquelle il se trouve : les habitants du pays des hommes-chats se nourrissent presque exclusivement de « feuilles de la perdition » (迷叶 [mǐyè]), allusion transparente à l’opium ; les hauts fonctionnaires ne se préoccupent que de leurs intérêts personnels. Ils sont le plus souvent propriétaires de grands domaines sur lesquels ils cultivent les arbres qui produisent les feuilles convoitées, et font le plus souvent appel à des étrangers pour protéger leurs cultures.
Laoshe décrit par le détail la dégénérescence de l’ensemble de la population, de la politique locale, de l’art et de la littérature, de l’éducation. Les responsables des arts et de la culture s’enrichissent en vendant le patrimoine national aux étrangers, les bibliothèques et les musées sont vides, les étudiants sortent tous diplômés d’écoles dont les enseignants ne sont pas payés et sont méprisés, les politiques sont corrompus et n’ont aucun sens de l’intérêt de l’État… Quelques jeunes ont fait des études à l’étranger et se rendent bien compte que leur nation est vouée à la perte, mais ils sont impuissants. Lorsque le pays des hommes-chats est attaqué par une puissance étrangère (Laoshe pense certainement au Japon), dont les soldats sont farouches et sans pitié, il est dans l’incapacité totale d’opposer la moindre résistance à l’envahisseur.
La Cité des chats est bien entendu une critique acerbe de la Chine prérévolutionnaire, les descriptions des travers du pays reflètent sans concession les travers de l’Empire du milieu en déliquescence.
Ce roman a été traduit en français et publié d’abord aux Publications orientalistes de France en 1982, puis réédité en 1992 chez Presse Pocket. Cette traduction n’est apparemment plus disponible en librairie. Mais il existe une version anglaise récente (2015), intitulée Cat Country.
Wikipedia consacre un bref article en français à cette œuvre (ici).

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