Bibliographie : Laoshe, La Cour de la famille Liu

Dans sa nouvelle La Cour de la famille Liu (《柳家大院》 [liǔjiā dàyuàn]), Lao She explore une fois de plus la condition féminine à Pékin dans les années 30.
Ici, c’est des jeunes femmes des classes les plus populaires qu’il s’agit. Les trois personnages principaux de cette nouvelle sont : la bru de la famille Wang (王家媳妇 [wángjiā xífù]), sa petite belle-sœur (小姑子 [xiǎogūzi) et la bru de la famille Zhang (张家媳妇 [zhāngjiā xífù]). Toutes ces femmes vivent dans une de ces « cours » pékinoises, anciennes grandes demeures partagées en de nombreux appartements. La cour de la famille Liu est occupée par une vingtaine de familles. Les conditions d’habitation vie y sont difficiles, la promiscuité est grande.
Le récit s’ouvre sur le décès de la bru de la famille Wang. Ce début est le prétexte pour le narrateur de retracer les évènements qui ont conduit à ce décès, et de décrire la vie des trois femmes.
La bru de la famille Wang a été littéralement « achetée », au prix de cent pièces d’argent (大洋 [dàyáng]) par le vieux Wang, qui s’est endetté pour l’occasion, pour qu’elle devienne l’épouse de son fils, maçon de son état. La famille compte bien « rentrer dans ses fonds », si bien que la bru sert d’esclave à l’ensemble de la famille, y compris à la jeune belle-sœur, une adolescente d’une grande méchanceté âgée d’une quinzaine d’années. La bru est maltraitée par son beau-père, qui profite du moindre prétexte pour l’insulter ; quant à la petite belle-sœur, elle se sert de la bru comme d’un souffre-douleur. Le fils la bat violemment. Ne pouvant plus supporter sa condition, la bru de la famille Wang finit par se pendre. Après ce décès, la belle-famille vient réclamer des comptes et le vieux Wang est contraint de payer une compensation qui vient alourdir la dette déjà contractée. Le narrateur pressent que, pour rembourser ses dettes et pour trouver une nouvelle épouse à son fils, le vieux Wang n’attend que l’occasion de vendre sa fille au meilleur prix.
La bru de la famille Zhang, quant à elle, a la langue bien pendue. Elle ne manque pas, bien sûr, de subir les coups de son mari, mais elle accepte mieux sa condition.
Dans La Cour de la famille Liu, Laoshe présente un tableau vivant et qui semble réaliste de ce qu’était la vie des gens de la plus basse extraction dans le Pékin des années 30, notamment celle des femmes. Le portrait ainsi dressé est des plus sombres.
Le texte intégral de la nouvelle, accompagné d’un commentaire succinct, est disponible au téléchargement ici.
Ci-dessous, une scène d’une adaptation théâtrale de La Cour de la famille Liu (la photo vient d’ici.)

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