Zhu Zhenmu, notice bio-bibliographique

Sinoiseries a déjà cité le nom Zhu Zhenmu (朱贞木 [zhū zhēnmù]) dans le billet consacré aux « héritiers » du genre du roman chevaleresque à l’époque de la République (voir ici). Il était l’un des « cinq maîtres du Nord ».
J’ai découvert récemment l’un de ses principaux romans, Le Dragon volant (《飞天神龙》 [fēitiān shénlóng]). Avant de présenter cette œuvre, il ne me semble pas inutile de parler de son auteur.
Zhu Zhenmu est né en 1905 à Shaoxing, dans la province du Zhejiang. Il est rattaché au groupe des cinq maîtres du Nord car il fait toute sa carrière à Tianjin, pendant les années 1920 à 1940. Il était réputé pour ses talents de graveur de sceaux, pour la qualité de ses articles, et pour sa poésie.
C’est au début des années 1930, après la parution du premier volet de la Légende des Bretteurs des monts de Shu (《蜀山剑侠传》 [shǔshān jiànxiá zhuàn]) composé par son collègue de travail Li Shoumin (李寿民 [lǐ shòumín], le célèbre « Maître de la tour de la perle restituée 还珠楼主 [huánzhū lóuzhǔ]) que l’idée est venue à Zhu de mettre son pinceau au service du roman de cape et d’épée.
Parmi ses premières œuvres, la plus marquante est la trilogie qui comprend Le Dragon volant, La Vallée des épreuves (《炼魂谷》 [liànhúngǔ]) et L’Ile de la diablesse resplendissante (《艳魔岛》 [yànmódǎo]). C’est par le biais de cette trilogie que j’ai découvert Zhu Zhenmu. J’y consacrerai un prochain billet.
L’œuvre la plus connue de Zhu Zhenmu est sans doute La Stèle des sept meurtres (《七杀碑》 [qīshābēi]), qui prend le prétexte de la sécession de Zhang Xianzhong (张献忠 [zhāng xiànzhōng], 1606-1647) pour glorifier les actions chevaleresques de sept maîtres d’arts martiaux dans le sud de la région du Sichuan. C’est ce roman qui a assuré la célébrité de Zhu Zhenmu.
Deux autres romans de cet auteur sont bien connus : Le Rugissement du tigre et la Plainte du dragon (《虎啸龙吟》 [húxiāo lóngyīn]) et Madame Luo Sha (《罗刹夫人》 [luó shā fūrén]). Une page de blog, ici, donne la liste complète des œuvres de Zhu Zhenmu avec leurs dates de parution.
Zhu Zhenmu fait vraiment la charnière entre le roman chevaleresque de l’époque républicaine et l’école du nouveau roman d’arts martiaux, au point qu’on a pu le surnommer « l’ancêtre du roman d’arts martiaux de la nouvelle école ».
Son écriture est d’une grande élégance et s’appuie visiblement sur une bonne connaissance de la littérature chinoise classique. Les personnages de Zhu sont des experts en arts martiaux qui maîtrisent les techniques les plus extraordinaires. Les amours complexes, les scènes à connotation érotique, les jeunes femmes qui n’hésitent pas à déclarer leur flamme aux hommes qui leur plaisent, peuplent l’univers de Zhu Zhenmu.
Cet auteur a apparemment cessé d’écrire après la fondation de la République populaire. On ignore complètement ce qu’il est advenu de lui.
Ci-dessous, la couverture d’une édition moderne de Madame Luo Sha (l’image vient de l’article consacré à Zhu Zhenmu sur Baidu, ici.)

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