Jinologie : Les trois bretteurs formosans

Jinyong n’est pas, de très loin s’en faut, le seul auteur chinois de romans de cape et d’épée. Les histoires de chevaliers redresseurs de torts, de moines guerriers, de chefs de clans aux talents martiaux hors du commun, constituent un courant majeur de l’histoire de la littérature chinoise populaire, et ce depuis longtemps !
Les spécialistes s’accordent à peu près tous pour rechercher l’origine de ce genre littéraire chinois aux « Biographies des chevaliers errants » (侠客列传 [xiákè lièzhuàn]) et aux « Biographies des assassins » (刺客列传 [cìkè lièzhuàn]) que l’on trouve chez le père de l’histoire chinoise classique, Sima Qian (司马迁 [sīmǎ qiān] 145-86 avant notre ère), dans ses Mémoires historiques (《史记》 [shǐjì]).
La tradition martiale a marqué de nombreuses œuvres de la littérature chinoise classique. Les livres consacrés entièrement ou partiellement aux exploits guerriers d’individus au courage sans pareil, aux sectes qui se transmettaient de génération en génération les pratiques les plus ésotériques, sont légion.
Les romans de cape et d’épée chinois constituent encore aujourd’hui des œuvres extrêmement populaires, et de nombreux titres sont connus de tous les Chinois, quoi qu’en disent les intellectuels qui méprisent le genre, au même titre que certains persistent à mépriser le roman policier en Occident. Ils sont la source d’innombrables adaptations au cinéma et à la télévision, de bandes dessinées, et même de jeux informatiques. Les noms des personnages principaux des romans les plus connus sont largement connus du grand public.
Le roman d’arts martiaux chinois a connu un renouveau qui a commencé à Hong-Kong au début des années 50, au point que l’on a pu parler d’un « nouveau roman d’arts martiaux » (新武侠小说 [xīnwǔxiá xiǎoshuō]). Jinyong relève tout à fait de ce mouvement.
À Taiwan, le nouveau roman d’arts martiaux a pris son essor un peu plus tard. C’est vers le milieu des années 60 que le genre a connu une véritable renaissance dans l’île formosane, avec notamment l’entrée sur la scène littéraire d’auteurs majeurs, que l’on a réuni sous le nom des « trois bretteurs formosans » (台湾三剑客 [táiwān sānjiànkè]). Tous les spécialistes ne sont pas d’accord sur l’identité de ces trois auteurs, et plusieurs noms sont cependant fréquemment cités. Les « trois bretteurs » originaux sont Wolongsheng (卧龙生 [wòlóngshēng], 1930-1997), qui a commencé à produire en 1958, Sima Ling (司马翎 [sīmǎ líng], 1933-1989), qui a publié son premier roman martial en 1963, et Zhuge Qingyun (诸葛青云 [zhūgé qīngyún], 1929-1996), dont le premier récit est sorti en 1958. En plus de ces trois noms, est parfois cité un autre auteur, qui est probablement le plus connu des bretteurs taïwanais : Gulong (古龙 [gǔlóng], 1938-1985). Ce dernier est par ailleurs l’un des « trois grands maîtres du roman d’art martiaux » (武侠小说三大宗师 [wǔxiá xiǎoshuō sāndà zōngshī]), avec Jinyong et un autre auteur hongkongais, également très connu : Liang Yusheng (梁羽生 [liáng yǔhēng], 1924-2009).
Il me semble que ces auteurs ont tout à fait leur place dans notre série « Jinologie ». Je me propose donc de leur consacrer un billet de temps à autre. Je commencerai par présenter l’un des romans les plus connus de Gulong.
Sur la photo ci-dessus, Wo Longsheng (en haut à gauche), Zhuge Qingyun (devant) et Gulong (en haut à droite). J’ai récupéré cette photo sur un site spécialisé, ici.

Publicités
Cet article, publié dans Jinologie, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s