Le vocabulaire chinois du riz (7)

(Voici le septième épisode de notre série sur le vocabulaire du riz. Les six volets précédents de cette série sont ici : 1, 2, 3, 4, 5, 6.)
D’après des statistiques de 2003, la production annuelle mondiale de riz atteignait les 589 millions de tonnes, dont 534 millions de tonnes produites en Asie. Or, la surface totale cultivée en riz n’était que de 1,5 millions de kilomètres carrés. Le principal exportateur de riz était la Thaïlande.
D’après les statistiques de la FAO (联合国粮食及农业组织 [liánhéguó liángshí jí nóngyè zǔzhī], en abrégé 联合国粮农组织 [liánhéguó liáng nóng zǔzhī]), en 2008, les principaux pays producteurs de riz étaient, dans l’ordre : la Chine continentale, l’Inde, l’Indonésie, le Bengladesh, le Vietnam, la Thaïlande, la Birmanie, les Philippines, le Brésil et le Japon. En 2001, la productivité moyenne de la riziculture était de 3852 kg/hectare.
Les techniques de riziculture impliquent principalement les rizières (稻田 [dàotián]) et le repiquage (插秧 [chāyāng]). La riziculture a été inventée en Chine. La légende rapporte que c’est Shennong (神农 [shénnóng]), le « divin laboureur », qui enseigna la riziculture aux hommes.
A l’heure actuelle, si une partie de la riziculture reste traditionnellement manuelle, dans certains endroits, la riziculture est fortement mécanisée (机械化 [jīxìehuà] : mécaniser, mécanisation). Mais que la riziculture soit ou non mécanisée, la culture du riz implique les étapes suivantes :
– préparation des champs (整地 [zhěngdì]) : avant de pouvoir planter le riz, la terre (土壤 [tǔrǎng]) doit être retournée, ce qui permet de l’amollir. Les labours (耕地 [gēngdì]) se font à l’aide d’une charrue (犁 [lí]) tractée par un animal de trait, en général un buffle (水牛 [shuǐniú]) ou un bœuf (黄牛 [huángniú]). Bien entendu, aujourd’hui, le tracteur (拖拉机 [tuōlājī]) remplace souvent l’animal de trait) ;
– l’ensemencement (育苗 [yùmiáo]) : le paysan fait pousser dans un champ donné les plants de riz (秧苗 [yāngmiáo]) ; le champ où sont cultivés les plants, ou nurserie, est appelé en chinois 秧田 [yāngtián]. Lorsque les plants ont atteint une hauteur d’environ huit centimètres, on passe au repiquage ;
– le repiquage : les plants de riz sont soigneusement plantés dans la rizière. Le repiquage est une opération très précise. Pour cela, traditionnellement, on utilisait une corde de repiquage (秧绳 [yāngshěng]), un « repère de repiquage » (秧标 [yāngbiāo]) et une « roue de repiquage » (插秧轮 [chāyānglún]). Lorsque le repiquage se fait à la main, le repiqueur place sur son pouce un « diviseur de plants » (分秧器 [fēnyāngqì]), qui l’aide à détacher les plants les uns des autres. Les conditions climatiques au moment du repiquage sont importantes. En effet, des pluies trop violentes endommageront les plants. Actuellement, le repiquage se fait souvent à l’aide d’une machine à repiquer le riz (插秧机 [chāyāngjī]). Cependant, lorsque le terrain est accidenté ou lorsque les rizières ne sont pas quadrangulaires, le repiquage doit encore se faire manuellement. Existe encore aujourd’hui le « semis à la volée », appelé en chinois 抛秧 [pàoyāng], littéralement « lancer les semis » ;
– le désherbage (除草 [chúcǎo]) et le traitement des insectes (除虫 [chúchóng]) : pendant la croissance du riz, il est importante d’éliminer les mauvaises herbes, et il faut aussi parfois utiliser des pesticides (农药 [nóngyào]) pour se débarrasser des insectes ;
– l’application d’engrais (施肥 [shīféi]) : les engrais (肥料 [féiliào]) sont souvent appliqués au moment du tallage (分蘗期 [fēnbòqī] ; 蘗 [bò] est un caractère rare, dont je n’ai pas trouvé le sens ☹) ;
– l’irrigation (灌水 [guànshuǐ]) et le drainage (排水 [páishuǐ]) : cela concerne surtout le riz de rizière inondée ; le riz pluvial (旱稻 [hàndào]) est moins concerné. L’irrigation se fait au moment de la formation des embryons d’épis, et au moment de la floraison ;
– la récolte (收成 [shōuchéng]) : lorsque les épis commencent à baisser la tête et ont pris une belle couleur dorée, la récolte peut commencer. Par le passé, le paysan s’aidait d’une faux (镰刀 [liándāo]) pour couper le riz gerbe après gerbe. Les gerbes étaient liées, et les épis étaient séparés des tiges à l’aide d’une batteuse (打谷机 [dǎgǔjī]). Aujourd’hui existent des moissonneuses-batteuses (收割机 [shōugējī]) qui font ces opérations ;
– le séchage (干燥 [gānzào]) et le tamisage (筛选 [shāixuǎn]) : le riz doit être d’abord mis à sécher. Par le passé, en Chine, on fait sécher les céréales au soleil (晒谷 [shàigǔ]) dans la cour des habitations à trois corps de bâtiment en forme de U (三合院 [sānhéyuàn]). Le tamisage permet d’éliminer les impuretés (杂质 [zázhì]), comme les grains non matures (瘪谷 [biēgǔ]). Les séparateurs de grains (分谷机 [fēngǔjī]) permettent, par gravité, de tamiser les grains.
Nous poursuivrons notre étude du vocabulaire chinois du riz dans un prochain épisode.
Ci-dessous, la préparation d’une rizière à l’aide d’un buffle à Taiwan (cette photo vient d’ici) :
riziere buffle

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