Le vocabulaire chinois du riz (4)

Sinoiseries a déjà publié trois billets consacrés exclusivement au vocabulaire du riz (voir ici, ici et ici). Ceci est le quatrième billet de cette série.
Nous avions parlé dans le deuxième des efforts de recherche produits en Chine pour la mise au point de nouvelles variétés de riz.
Il faut mentionner aussi un programme international de recherche intitulé « Projet international de séquençage du génome du riz » (en « anglais International Rice Genome Sequencing Project », ou IRGSP). En chinois, ce projet est appelé 国际水稻基因组定序计划 [guójì shuǐdào jīyīnzǔ dìngxù jìhuà]. (1) Le but de ce projet était d’élucider (解读 [jiědú], qui se traduit souvent par « lire », ou « interpréter ») le code génétique (基因密码 [jīyīn mìmá]) (2) contenu dans les douze paires de chromosome (染色体 [rǎnsètǐ] : chromosome) d’Oryza sativa. A ce projet conduit par le Japon ont participé de nombreux pays : Chine continentale, Taiwan, Corée du Sud, Grande-Bretagne, Canada, Etats-Unis, Brésil, Inde, France… Ce projet a conduit à la publication en 2002 de la carte génétique (基因图谱 [jīyīn túpǔ]) du riz. Ce travail a permis entre autres de déterminer que la sous-espèce japonaise de riz Oryza sativa var. japonica (en chinois 蓬莱米 [péngláimǐ], littéralement « riz de Penglai ») (3) tirait son origine d’un riz sauvage (野生稻 [yěshēngdào], Oryza rufipogon) originaire du bassin de la rivière des perles (珠江流域 [zhūjiāng liúyù]), (4) dans la région de Guangzhou ( d’après un article publié dans la revue Nature, en chinois 《自然》 [zìrán]). Si cet article de la revue Nature ne donne aucune information quant à l’époque où le riz a commencé à être cultivé, un autre article, publié dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (《美国国家科学院院刊》 [měiguó guójiā kēxuéyuàn yuànkàn]) indique que le riz cultivé (栽培稻 [zāipēidào]) serait apparu il y a environ 8.200 ans dans la région du bassin du Fleuve Jaune.
La photo qui suit les notes explicatives est celle d’un pied d’une variété taïanaise de riz sauvage, appelée « riz fantôme » (鬼稻 [guǐdào], ou 鬼仔稻 [guǐzǐdào]) (6). La photo vient d’une page publiée ici sur le site de la Fondation ChengChen, ici, qui parle des travaux conduits àl’Université de Taiwan (台湾大学 [táiwān dàxué], en abrégé 台大 [táidà]) pour la préservation de cette variété presque disparue de riz sauvage.
(Cette série sur le vocabulaire du riz n’est pas encore terminée. Je la poursuivrai dans les jours qui viennent.)
Notes :
(1) 国际水稻基因组定序计划 [guójì shuǐdào jīyīnzǔ dìngxù jìhuà] : 基因组 [jīyīnzǔ] : génome, contient le mot 基因 [jīyīn] : gène ; 定序 [dìngxù] : littéralement « fixer l’ordre », signifie séquençage ;
(2) Code génétique : 基因密码 [jīyīn mìmá] ; 密码 [mìmá] signifie « code secret » ; à Taiwan, pour le code génétique, on parle plus volontiers de 遗传密码 [yíchuán mìmá] ; 遗传 [yíchuán] signifie « hériter de », c’est le mot qui est utilisé aussi pour parler de « l’hérédité », par exemple dans 遗传病 [yíchuánbìng] : maladie héréditaire ; le mot 遗传学 [yíchuánxué] désigne la science génétique ;
(3) 蓬莱 [pénglái], Penglai peut avoir plusieurs sens ; il peut s’agir de la municipalité Penglai (蓬莱县 [pénláixiàn), qui relève de la municipalité de Yantai (烟台 [yāntái]) dans la province du Shandong, mais il peut s’agir aussi du mont Penglai, situé dans le golfe Bohai (渤海 [bóhǎi]), qui serait, d’après le Classique des monts et des mers (《山海经》 [shānhǎijīng]) l’une des cinq îles dans lesquelles demeurent les immortels (les quatre autres îles sont : Fangzhang 方丈 [fāngzhàng], Yingzhou 瀛洲 [yíngzhōu], Daiyu 岱舆 [dàiyù] et Yuanjiao 员娇 [yuánjiāo] ; à mon humble avis, Penglai doit être compris comme désignant dans le mot 蓬莱米 l’un des îles des immortels ;
(4) 珠江流域 [zhūjiāng liúyù] la « rivière des perles », bien mal nommée en français puisqu’il s’agit n réalité d’un fleuve qui se jette dans la mer à Guangzhou ; c’est le quatrième cours d’eau de Chine par sa longueur (2.400 kilomètres), et le deuxième par son débit ; 流域 [liúyù], littéralement « zone d’écoulement » signifie « bassin d’un cours d’eau » : 长江流域 [chángjiāng liúyù] : le bassin du Long Fleuve ; 黄河流域 [huánghé liúyù] : le bassin du Fleuve Jaune ;
(6) 鬼仔稻 [guǐzǎidào] : le mot 鬼仔 [guǐzǎi] est un mot cantonais qui désigne au sens propre les fantômes ; il est utilisé en cantonais, avec valeur péjorative, pour désigner les « diables étrangers » ; on retrouve ce mot en mandarin sous la forme 鬼子 [guǐzi], qui désigne de façon péjorative les étrangers, occidentaux ou non (voir par exemple le titre du film de Jiang Wen 姜文 [jiāng wén]), 《鬼子来了》 [guǐzi láilè], traduit en français par Les Démons à ma porte, qui traite des crimes de l’armée japonaise en Chine à l’époque de l’invasion japonaise de la Chine).
guidao

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