Bibliographie : Yu Hua, Brothers

J’avais découvert le romancier Yu Hua (余华 [yú huá]) à travers son roman Le Septième jour (《第七天》 [dìqītiān]), dont j’avais parlé ici (en décembre 2013). (Notez que ce roman a été depuis traduit en français par Angel Pino et Isabelle Rabut, et publié en 2014 dans la collection « Lettres chinoises » de l’éditeur Actes Sud ; ISBN : 978-2-330-03690-4). J’avais beaucoup aimé Le Septième jour, aussi avais-je ajouté à ma liste de lecture un autre roman de Yu Hua : Brothers (《兄弟》 [xiōngdì]), traduit en français par les mêmes traducteurs et publié en 2008 chez le même éditeur (ISBN : 978-2-7427-7437-1). J’ai enfin trouvé le temps de lire ce roman lors de mon dernier séjour en Chine.
Brothers raconte le parcours de deux demi-frères, nés avant la Révo. Cul. dans un bourg de la région de Shanghai, jusqu’à nos jours. L’un, Li Guangtou, ignare sans vergogne et mauvais garçon, finit milliardaire, respecté et admiré de tous, tandis que l’autre, Song Gang, homme honnête, ayant le sens de l’honneur, et parfait mari, finit par se suicider en se jetant sous un train. On suit les cheminements et péripéties de l’un de l’autre, presque jour après jour.
Le livre comporte à la fois des passages très, très drôles, dont le récit est savoureux, ainsi que des épisodes tragiques, comme le lynchage du père, fils d’ancien propriétaire terrien, par un groupe de gardes rouges, ou les efforts désespérés produits par Song Gang pour gagner suffisamment d’argent pour permettre à son épouse de vivre confortablement.
La langue de Yu Hua est très riche, et très fine. Le romancier manie l’humour grinçant, et dénonce, sans en avoir l’air, les travers de la Chine à la fois à l’époque de la Révo. Cul., et à l’époque contemporaine.
Dans la postface de mon édition, Yu Hua explique que l’époque de la révolution culturelle équivaut à l’ère médiévale en Europe, et que la Chine a pratiquement refait son retard depuis. Il a donc suffit à la Chine une quarantaine d’années pour faire le chemin que l’Europe a mis plus de quatre siècles à parcourir. C’est ainsi que l’auteur explique les évènements apparemment incompréhensibles et et les distorsions monstrueuses de la société chinoise.
Ce gros roman (plus de 600 pages en chinois, 720 pages dans sa traduction française) me semble être une œuvre majeure de la littérature chinoise contemporaine.
Quant à Yu Hua, il s’agit d’un romancier de tout premier plan. Ses divers romans ont d’ailleurs reçu de nombreuses récompenses, tant en Chine qu’à l’étranger.
J’ai encore deux de ses romans qui attendent sur mes étagères que je trouve le temps de les lire : Vivre ! (《活着》 [huózhe]) et Le vendeur de sang (《许三观卖血记》[xǔ xānguān màixuè jì]). Nous aurons donc l’occasion de reparler de Yu Hua sur Sinoiseries.
Ci-dessous, la couverture de mon exemplaire de 《兄弟》 :
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