Bibliographie : Li Yu, La Chair pour tapis de prière

Li Yu (李渔 [lǐ yú], 1610-1680) est un auteur très connu du début de la dynastie des Qing. Il a été dramaturge, directeur de troupe, éditeur, et écrivain. Son œuvre la plus connue, intitulée 《闲情偶寄》 [xiánqíng ǒujì], est un recueil de petits textes épars, touchant de nombreux sujets (ceux consacrés à la gastronomie m’ont particulièrement intéressé). Ce recueil, rédigé à l’origine en chinois classique, a été traduit par Jacques Dars et publié en 2009 aux Éditions Picquier sous le titre de Les Carnets secrets de Li Yu – Au gré d’humeurs oisives (voir ici). (Je ne connais pas cette traduction.)
Mais Li Yu est aussi connu en Chine pour être l’auteur d’un autre livre, beaucoup moins anodin, rédigé en langue parlée, connu sous le titre de 《肉蒲团》 [ròupútuán], en français La Chair pour tapis de prière (蒲团 [pútuán] est le tapis de prière sur lequel s’asseyent les moines pour méditer). Une traduction française, réalisée par Pierre Klosowki, a été publiée chez Fayard en 1979 (voir ici). (Je ne connais pas non plus cette traduction.)
Ce roman raconte les aventures de Weiyangsheng (未央生 [wèiyāngshēng]), jeune lettré brillant, que l’on trouve au début de l’œuvre à débattre avec un maître bouddhiste qui souhaite le prendre pour disciple, pour l’orienter sur la voie de la sagesse. Mais Weiyangsheng refuse, en répondant que la seule chose qui l’intéresse est d’épouser la plus belle femme qui soit. Weiyangsheng épouse effectivement une jeune fille de bonne famille, d’une beauté exceptionnelle, et parvient même à éveiller son épouse aux plaisirs de la chair. Mais au bout de quelques mois, il se lasse d’elle, et, sous le prétexte d’aller étudier auprès de maîtres illustres pour préparer les examens du mandarinat, se met à la recherche d’autres beautés avec lesquelles il pourra assouvir sa passion de la fornication. Les descriptions de l’acte sexuel, sous les formes les plus diverses, données par Li Yu pendant tout le cours du récit sont directes, et ne cachent rien des pratiques diverses et variées du jeune homme et de ses camarades de jeux.
Le roman de Li Yu a été interdit à de nombreuses reprises, au motif de pornographie. Il est d’ailleurs introuvable encore aujourd’hui en Chine continentale, et j’ai dû trouver un artifice pour pouvoir me procurer une édition taïwanaise moderne, dont je reproduis ci-dessous la couverture. Notez que la vente de cet ouvrage est, à Taiwan, interdite aux mineurs.
Abstraction faite des scènes d’ébats amoureux, le texte est superbement écrit. Y sont également cités les titres d’autres œuvres érotiques, ainsi que des dessins érotiques anciens. Je profiterai d’une escapade que je prévois de faire cet été à Taipei pour en récupérer quelques-uns. J’ai bien entendu noté beaucoup de vocabulaire intéressant que ne manquerai pas de faire partager au fur et à mesure aux lecteurs de Sinoiseries.
Voici donc la couverture de mon exemplaire du 《肉蒲团》 (ISBN : 978-986-667-632-3). Si vous ne parvenez pas à acquérir ce livre, une version intégrale en ligne est disponible ici.
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