Jinologie : Les Amants chevaleresques du condor fabuleux – Episode 3

Après avoir été convaincue par Huang Rong d’abandonner Guo Jing pour son propre bien, Demoiselle Dragon, désespérée, erre sans but, et arrive par hasard dans une vallée presque coupée du monde. Elle s’évanouit, gagnée par l’épuisement et le chagrin.
Elle est secourue par un homme d’âge mûr, dénommé Gongsun Zhi (公孙止[gōngsūn zhǐ] ; attention : Gongsun 公孙 [gōngsūn] est un patronyme dissyllabique), qui se présente comme le maître de la « Vallée impitoyable » (绝情谷 [juéqínggǔ] ; 绝情 [juéqíng] signifie « désespéré », mais doit plutôt être compris ici au sens littéral : qui n’a pas de sentiment). Gongsun Zhi règne en maître dans cette vallée à l’écart du monde. Il est expert en escrime, et tyrannise ses disciples, ainsi que sa fille, la jeune et jolie Gongsun Lü’é (公孙绿萼 [gōngsūn lǜ’è]). Subjugué par la beauté de Demoiselle Dragon, il la demande en mariage et cette dernière, par dépit et par désespoir, accepte. Mais c’était compter sans le destin !
La veille du mariage, Yang Guo arrive lui aussi dans la Valée impitoyable. Lorsque Yang Guo revoit Demoiselle Dragon, il se précipite vers elle. Elle commence par refuser de la reconnaître, puis finalement, incapable de résister aux élans de son cœur, elle cède et annonce à Gongsun Zhi qu’elle ne peut se marier avec lui. Ce dernier, qui n’a l’esprit ni galant, ni chevaleresque, refuse obstinément la rupture, et va jusqu’à jeter Yang Guo dans un fourré contenant une fleur qui n’est connue que dans la Vallée impitoyable : la « fleur de l’amour » (情花 [qínghuā]). Cette fleur est munie d’épines, qui portent un poison incurable : si l’on se pique à cette fleur, l’émergence tout sentiment amoureux provoque des souffrances insoutenables. Mais lorsque l’on tombe dans un fourré de ces fleurs, l’empoisonnement est trop important, et on est condamné à souffrir le martyre avant de mourir. Le stock de pilules d’antidote est presque épuisé : il n’en reste qu’une. Gongsun Zhi promet à Demoiselle Dragon de la donner à Yang Guo si elle accepte de se donner à lui. Elle n’hésite pas à se plier à la demande de l’affreux bonhomme, mais l’immonde maître de la Vallée entraîne Yang Guo et sa fille Gongsun Lü’e (amoureuse du jeune homme), au-dessus d’une trappe. Il ouvre la trappe, et les deux jeunes gens se trouvent happés par un abîme.
Après avoir échappé de peu aux crocodiles, ils sont entraînés par le courant d’une rivière souterraine et se retrouvent dans une grotte baignée de verdure, cachée sous la montagne. Dans cette grotte, ils découvrent une vieille impotente, à laquelle on a coupé les tendons des mains et des pieds. Cette femme n’est autre que Qiu Qianchi (裘千尺 [qiú qiānchǐ]), l’ancienne épouse de Gongsun Zhi et mère de Gongsun Lü’é, qui elle aussi était tombée dans le piège du maître de la Vallée, et que ce dernier croyait morte.
Avec l’aide de Yang Guo, Qiu Qianchi et sa fille parviennent à s’extraire de la grotte. L’acariâtre vieillarde se venge de son mari en lui crevant un œil (paralysée des quatre membres, elle a développé une technique imparable qui consiste à cracher avec force un noyau de jujube) et à reprendre le contrôle de la Vallée impitoyable. Gongsun Zhi s’enfuit.
Qiu Qianchi veut bien donner à Yang Guo la pilule d’antidote qui le guérira du poison de la fleur de l’amour, mais elle y met deux conditions : il faudra que Yang Guo épouse la jeune Gongsun Lü’e, et qu’en outre il lui ramène sur un plateau la tête de Guo Jing et de Huang Rong ! Qiu Qianchi reproche en effet aux deux héros du condor d’être la cause de la mort de son frère aîné, Qiu Qianzhang (裘千丈 [qiú qiānzhàng]), escroc notoire et frère jumeau de Qiu Qianren (裘千仞 [qiú qiānrèn]). (Les jumeaux ont été rencontrés dans le premier volet de la « Trilogie du condor », Qiu Qianren réapparaît dans les Amants chevaleresques.)
Nous verrons à l’épisode suivant pourquoi Yang Guo accepte sans sourciller la seconde des deux exigences de Qiu Qianchi, comment il sauve la ville de Xiangyang de l’invasion mongole et comment un coup d’épée change sa destinée.
Je vous présente ci-dessous Gongsun Lü’e sous les traits de Dong Xiaoyan (董晓燕 [dǒng xiǎoyàn], actrice originaire du Fujian, née en 1976), qui joue ce rôle dans l’adaptation télévisée de 1998 du roman de Jinyong (l’image vient d’ici) :
gongsun lu e - dong xiaoyan

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