Bibliographie : Cao Wenxuan, Un Cri strident

De ma récente villégiature d’une petite semaine à Beijing, chez un couple d’amis franco-taiwanais, je reviens avec une dizaine de livres acquis sur les conseils éclairés des deux membres du couple, et un nombre indéterminé de livres à ajouter à ma liste, déjà fort bien fournie, de titres de littérature chinoise et japonaise, et d’essais sur la Chine et l’Asie…
Meiling est taiwanaise, elle enseigne le chinois aux élèves du secondaire du premier cycle du lycée français de Pékin. À ce titre, elle s’intéresse de près à la littérature chinoise pour la jeunesse, de façon à pouvoir conseiller à ses élèves quelques lectures chinoises. Elle tient dans la plus grande estime une petite série de douze livres constituant une collection appelée « Mon fils Pi Ka » (我的儿子皮卡 [wǒde érzi pí kǎ]), qui est l’œuvre d’un écrivain chinois de livres pour la jeunesse très connu : Cao Wenxuan (曹文轩 [cáo wénxuān]). Étant donné que mon petit dernier est en train de découvrir la lecture et que sa maman et moi tenons à ce qu’il entende des histoires en chinois en attendant de pouvoir les lire seul, c’est tout à fait le genre d’informations auxquelles je suis particulièrement attentif.
Cao Wenxuan est né en 1954 dans la région de Yancheng (盐城 [yánchéng]), dans le nord de la province du Jiangsu (qui se trouve aussi être la région d’origine de ma tendre moitié). Il vit aujourd’hui à Beijing, où il enseigne la littérature chinoise moderne à l’Université de Beijing. Il est l’un des vice-présidents de l’Association des écrivains de Beijing (北京作家协会 [běijīng zuòjiā xiéhuì]). C’est l’un des auteurs de littérature pour la jeunesse les plus en vue de Chine, et l’un des plus populaires : en 2013 il était classé à la 27ème place des auteurs chinois ayant vendu le plus de livres en Chine, toutes catégories confondues. (Pour en savoir un peu plus sur Cao Wenxuan, je vous invite à lire ici l’article qui lui est consacré sur Baidu.)
Digression : Le classement 2013 des écrivains les plus vendeurs de Chine est visible ici, sur Baidu. La lecture de cette liste me permet de mesurer mon inculture abyssale dans le domaine de la littérature chinoise contemporaine ! Je connais à peine une dizaine des auteurs de cette liste… Notons que Moyan est classé à la deuxième place. Le classement 2014 n’a pas encore été établi.
Mais revenons-en à Pi Ka. Pi Ka est le fils du narrateur. Dans le premier livre de la série, intitulé Un Cri strident (《尖叫》 [jiānjiào]), on apprend que le narrateur avait déjà eu un fils d’un premier mariage, Pi Da (皮达 [pí dá]), et la venue de Pi Ka n’était pas planifiée du tout. Après moult hésitations, le narrateur et son épouse décident de donner une petite sœur à Pi Da, qui d’ailleurs le réclame à cor et à cris. Après plusieurs rebondissements, c’est finalement un petit garçon qui nait. Il est appelé Pi Ka par son papa car lors de l’accouchement, le nouveau-né était resté « coincé », et semblait ne pas vouloir quitter le ventre de sa maman ([kǎ] est la prononciation populaire du sinogramme 卡, dans le sens de « coincer, bloquer », la prononciation standard de ce sinogramme dans ce sens-là est [qiǎ]).
La vie s’organise donc avec les deux garçons dans la famille du narrateur. Maman, qui est journaliste, travaille beaucoup et papa, écrivain et enseignant, est le plus souvent à la maison. C’est donc à papa qu’incombe la tâche de s’occuper des gamins. Mais cette tâche s’avère extrêmement difficile, impossible même, et il est finalement décidé de confier Pi Ka à ses grands-parents paternels (comme c’est souvent le cas dans la Chine d’aujourd’hui).
C’est ainsi que Pi Ka se retrouve transplanté dans la campagne du nord du Jiangsu, où, en compagnie de son grand-père, directeur d’école, de sa grand-mère, mère au foyer, et de ses quatre tantes, il découvre la campagne, ses animaux, ses habitants.
La suite, je vous invite à la découvrir par vous-même ☺
L’écriture de Cao Wenxuan est tout à fait accessible, mais elle est imprégnée de régionalismes et d’expressions enfantines qui, pour moi au moins, compliquent un peu la lecture. Du style de Cao se dégage une véritable tendresse pour les enfants et pour la campagne chinoise du « sud » (du point de vue de Beijing, Yancheng, située pourtant à quelque 300 kilomètres au nord de Shanghai, c’est déjà le sud de la Chine). Je ne suis pas certain que la lecture de « Pi Ka » convienne à mon petit garnement qui va avoir 8 ans, mais elle conviendra sans le moindre doute à un enfant d’une dizaine d’années.
La série « Mon fils Pi Ka » a connu un immense succès. On en est en avril 2015 au 23ème tirage, pour plus de 260.000 exemplaires.
Voici la couverture de mon exemplaire (éditeur : 21th Century Publishing House 二十一世纪出版社 [èrshíyī shìjì chūbǎnshè] ; ISBN : 978-7-5391-5001-7) :
cao wenxuan_wode erzi pika_01

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