Bibliographie : Li Chengpeng, Le Monde entier le sait

C’est dans une émission de la « Voix de l’Amérique » que j’ai pour la première fois entendu parler de Li Chengpeng (李承鹏 [lǐ chéngpéng]), à l’occasion de la sortie, en janvier 2013, d’un recueil de billets qui avaient été publiés sur le blog de ce blogueur à succès (le blog a été censuré, et n’est plus accessible aujourd’hui). Le recueil est intitulé 《全世界人名都知道》 [quánshìjiè rénmín dōuzhīdào] (littéralement : Le peuple du monde entier le sait).
Li Chengpeng s’est d’abord fait connaître comme journaliste sportif. Il a publié des articles critiques sur le monde du football chinois, et a même été licencié par le journal sportif officiel qui l’employait pour avoir été le premier à dénoncer de façon virulente la fraude et la corruption dans l’univers sino-footballistique.
Il s’est ensuite fait connaître par les billets très critiques, à la fois humoristiques et forts impertinents, portant sur des faits divers et des phénomènes de la société chinoise. Le Monde entier le sait regroupe un peu plus de soixante billets, dont la plupart ont été publiés entre 2008 et 2012, qui traitent des sujets les plus divers : depuis la mascarade du journal national quotidien de la CCTV, jusqu’aux internements forcés en hôpital psychiatrique pour les provinciaux montés à la capitale présenter des doléances, en passant par le détournement des dons versés suite au séisme de Wenchuan. La critique est virulente, mais Li Chengpeng démontre en même temps une véritable tendresse pour le petit peuple chinois : ses cibles sont les fonctionnaires corrompus, les prostitués intellectuels, les cadres qui abusent de leurs pouvoirs. Ces billets sont naturellement fortement encrés dans l’actualité chinoise, et beaucoup ne seront compris que si l’on a suivi un peu cette actualité pendant les années traitées.
Du point de vue linguistique, ce recueil me semble particulièrement intéressant. Li Chengpeng est visiblement un adepte inconditionnel de la langue et des expressions populaires. On trouve sous sa plume de nombreux mots d’argot et idiotismes. L’écriture est à la fois très fluide et facile d’accès, tout en restant tout à fait rigoureuse.
Une dernière remarque : c’est avec grand plaisir que j’ai détecté dans les différents billets de nombreuses allusions à l’œuvre du romancier Jinyong (voir ci-dessus la rubrique « Jinologie »). Ces allusions montrent bien, pour ceux qui en douteraient encore, la place privilégiée que cet auteur de Hong Kong a dans la culture populaire chinoise contemporaine : quand on leur parle de Hong-le-septième, presque tous les Chinois savent de qui il s’agit… mais pas la majorité de nos savants sinologues ☺
Le recueil de Li Chengpeng est en vente libre. Éditeur : New Star Press (新星出版社 [xīnxīng chūbǎnshè]) ; ISBN : 978-7-5133-1036-9.
(Pour en savoir un peu plus sur Li Chengpeng et sur ce recueil, je vous invite à lire ici l’article en chinois qu’y consacre Baidu. « Li les grands yeux » 李大眼 [lǐ dàyǎn], comme il est surnommé, est encore l’auteur d’autres livres, que je ne connais pas.)
Voici la photo de la couverture de mon exemplaire :
li chengpeng_quanshijie renmin

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