Sino-cinoche : Le Règne des assassins

En l’an 428 de notre ère, le moine bouddhiste « Ramanujan » (罗摩努占 [luómónǔzhān]), venu d’Inde, vient en Chine propager la doctrine bouddhique, et, à force d’ascèse et d’entraînement, devient un maître d’arts martiaux hors du commun. On ne sait ce qu’il advient de son corps après son décès, mais le bruit court, dans le milieu des arts martiaux, que sa momie recèle un secret qui apportera à qui le découvrira une puissance invincible, et aidera à guérir toutes les maladies.
Plusieurs centaines d’années plus tard, une société secrète d’assassins, appelée la société des « Pierres noires » (黑石 [hēishí]) est sur les traces de l’une des moitiés de la momie. L’une des plus meurtrières les plus expertes de la société des Pierres noires, Bruine (细雨 [xìyǔ], jouée par Kelly Lin 林熙蕾 [lín xīléi]) est chargée de récupérer cette demi-momie qu’un fonctionnaire impérial a retrouvé. Le fonctionnaire impérial est tué pendant l’opération, ainsi que son fils, Zhang Renfeng (张人凤 [zhāng rénfèng], joué par Guo Xiaodong 郭晓冬 [guō xiǎodōng]). Bruine s’enfuit avec la momie, et rencontre en chemin un moine bouddhiste expert en escrime, Lu Zhu (陆竹 [lù zhú], joué par Calin Lin 李宗翰 [lǐ zōnghán]), qui exhorte la jeune femme à abandonner sa carrière d’assassin. Lu Zhu lui enseigne en outre quelques bottes secrètes. Bruine finit tout de même par tuer Lu Zhu, involontairement, suit le conseil de ce dernier et décide de changer de vie. Pour cela, elle a recours au service d’un médecin légendaire, chirurgien esthétique de talent, qui lui donne un nouveau visage. Bruine est désormais Zeng Jing (曾静 [zēng jìng], jouée par l’actrice malaise Michele Yeoh 杨紫琼 [yáng zǐqióng]). Elle va s’installer incognito à la capitale, et tient un petit commerce de tissus.
Elle fait la connaissance d’un homme simple, Jiang Asheng (江阿生 [jiāng āshēng], joué par l’acteur coréen Jeong Woo-Seong 郑雨盛 [zhèng yǔshèng]), et se marie avec lui. Le couple mène une vie paisible et heureuse. Jusqu’au jour où, pour se défendre d’une troupe de bandits qui cherche à éliminer tous les témoins d’une attaque (au nombre desquels se trouvent Zeng Jing et Jiang Asheng), Zeng Jing est obligée de se dévoiler en se battant contre les bandits. C’est ainsi que la société des Pierres noires retrouve sa trace.
Le chef de la société des Pierres noires, le « roi des roues qui tournent » (转轮王 [zhuànlúnwáng], joué par Wang Xueqi 王学圻 [wáng xuéqí]), promet à Zeng Jing de leur laisser la vie sauve, à elle et à son mari, à condition qu’elle lui donne la moitié de la momie qui est en sa possession, et qu’elle l’aide à voler l’autre moitié, que détient un riche marchand. Zeng Jing accepte, aide le chef de la société des Pierres noires à récupérer les deux moitiés de la momie. Mais comme on pouvait s’y attendre, le chef de la bande des assassins n’a aucunement l’intention de tenir sa promesse, et parvient presque à éliminer Zeng Jing. Cette dernière, grièvement blessée, rentre chez elle pour dire à son mari de s’enfuir, avant de perdre connaissance. Jiang Asheng ne s’enfuit pas, et reste à veiller son épouse, et lorsque les assassins de la société des Pierres noires viennent pour éliminer Zeng Jing, Jiang Asheng se révèle être un escrimeur d’exception, et se débarrasse des assassins. Il dérobe ensuite les deux de la momie chez le « roi des roues qui tournent ». Ce dernier est en fait un eunuque de rang modeste, Cao Feng (曹峰 [cáo fēng]) qui espérait, grâce à la momie, redevenir un homme dans le vrai sens du terme.
Rendez-vous est donné dans un temple à Cao Feng pour récupérer la momie. Zeng Jing, qui est revenue à elle, administre à Jiang Asheng un médicament grâce auquel il peut passer pour mort, car elle craint que Cao Feng ne le tue. Cao Feng et Zeng Jing se livrent alors un combat épique, au cours duquel Zeng Jing, grâce aux bottes secrètes enseignées par Lu Zhu, parvient à défaire Cao Feng. Elle est cependant très grièvement blessée. Quand Jiang Asheng finit par se réveiller, il lui révèle qu’il n’est en fait autre que Zhang Renfeng, et avait lui aussi changé de visage pour disparaître ; il avait attendu toutes ces années dans l’espoir de pouvoir se venger un jour de la meurtrière de son père, Bruine.
Voilà le résumé de l’intrigue du film 《剑雨》 [jiànyǔ] (littéralement « pluie d’épées ») ou 《剑雨江湖》 [jiànyǔ jiānghú] de Chao-Bin Su (苏照彬 [sū zhàobīn]) et de John Woo (吴宁森 [wú níngsēn]) sorti en 2010, et dont le titre a été traduit en français par Le Règne des assassins (c’est en fait la traduction littérale du titre anglais : Reign of Assassins).
Le film est le produit d’une collaboration des « trois zones sur les deux rives » (两岸三地 [liǎng’àn sāndì] est l’expression chinoise consacrée), i.e. du travail commun de cinéastes de Chine continentale, de Hong-Kong et de Taiwan. Ce film a été projeté en avant-première en septembre 2010 au Festival du Film de Venise (威尼斯电影节 [wēinísī diànyǐngjié]), où il a reçu un excellent accueil de la critique.
La photographie est assez belle, et le jeu des acteurs est intéressant. Un bémol cependant : les scènes de combat manquent cruellement de réalisme. J’aime assez l’actrice Michele Yeoh, chinoise de Malaisie, qui a joué dans de nombreux films d’arts martiaux (dont Tigre et Dragon 《卧虎藏龙》 [wòhǔ cánglóng]) et a même été la « James Bong girl » dans le film Demain ne meurt jamais (en chinois 《新铁金刚之明日帝国》 [xīntǐe jīngāng zhī míngrì dìguó]).
Une petite remarque à caractère historique : le moine « Ramanujan » est une pure invention du scénariste, mais on reconnaît sans problème qu’il s’agit en fait du moine Bodhidharma (en chinois 菩提达摩 [pǔtí dámó], abrégé en 达摩 [dámó]), originaire du sud de l’Inde, qui aurait vécu en Chine vers la fin du IVe et le début du Ve siècle, et qui est le fondateur légendaire du bouddhisme « chan » (禅 [chán]), plus connu sous son appellation japonaise de « zen ». C’est Bodhidharma qui aurait enseigné aux moines du temple de Shaolin (少林寺 [shàolínsì]) les martiaux qui ont fait la renommée du sanctuaire.
Pour en savoir un peu plus sur le Règne des assassins, je vous invite à lire l’article en anglais de Wikipedia (ici), ou l’article en chinois de Baidu (ici).
Ci-dessous, une affiche du film (l’image vient d’ici) :
jianyu

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