Néologismes : Chengguan

Si vous lisez la rubrique des faits divers dans les journaux chinois, vous avez forcément rencontré le mot 城管 [chéngguǎn], littéralement « administration urbaine ». Ce terme est le plus souvent utilisé pour désigner des sbires « pas tibulaires mais presque », à chemisette bleue azur ou gris clair, et à pantalon bleu marine ou gris anthracite (il semblerait que l’uniforme varie d’une ville à l’autre), chargés de garantir le bon ordre révolutionnaire dans les cités chinoises.
城管 est en réalité l’abréviation de l’expression 城市行政管理执法局 [chéngshì xíngzhèng guǎnlǐ zhífǎjú], pudiquement traduit par « Bureau de l’administration des affaires urbaines » par Wikipedia (voir ici le bref article en français consacré à ce « bureau »), aussi abrégé en 城管局 [chéngguǎnjú].
Pour dire les choses simplement, cet organisme est chargé du contrôle de la ville : ses agents ont pour mission de faire la chasse aux petits vendeurs à la sauvette, de veiller à ce que personne ne construise de magasin ou autre édifice sans permis, d’empêcher le stationnement sauvage, etc. Bref, ils sont chargés d’empêcher la base populaire de semer désordre et désolation dans l’urbs chinois. Les mauvaises langues disent qu’on les utilise pour faire le sale travail que les autres services municipaux ne veulent pas faire.
Ils ont le pouvoir d’imposer des amendes aux contrevenants, et de confisquer provisoirement, avec fourniture d’un reçu (en théorie), les objets des délits. Le coupable doit se rendre au bureau du chengguan le plus proche, pour récupérer (en théorie) ses biens, après avoir payé l’amende et s’être engagé par écrit à ne pas récidiver.
Les « chengguan » sont largement haïs par une majorité du petit peuple des villes de l’Empire du Milieu, car ils s’en prennent le plus souvent aux plus faibles. De plus, comme les récalcitrants, le plus souvent de pauvres gens qui ne cherchent qu’à gagner leur pain quotidien ou à payer les études de leur rejeton(ne), sont peu enclins à se plier aux injonctions de ces agents de la force publique et ne livrent pas avec bon cœur leur maigre marchandise, les « chengguan » ont tendance, plus souvent qu’il ne le serait nécessaire, de recourir à la force brute.
Les faits divers dans lesquels de petits vendeurs sont violemment tabassés et blessés, où dans lesquels des chengguan sont pris à partie, sont innombrables.
Pour en savoir un peu plus sur cet organisme chinois, je vous invite aussi à lire l’article en chinois que lui consacre Wikipedia, ici.
Ci-dessous, un chengguan en action (la photo vient d’ici) :
chengguan

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