Chinoiseries : Liste des lectures conseillées pour les collégiens chinois

Le Ministère de l’Éducation (教育部 [jiàoyùbù]) de la République Populaire de Chine a publié en 2001 une liste de 40 œuvres littéraires dont le lecture est vivement conseillée (en plus de ce qui est abordé dans les manuels de littérature chinoise) aux collégiens et lycéens chinois. C’est cette liste que je me propose de vous présenter ici. (Il semblerait, c’est à confirmer, qu’une nouvelle liste soit sortie en 2012, mais je ne l’ai pas trouvée.)
Mais avant cela, un petit et très bref rappel sur le système éducatif chinois. L’enseignement primaire (小学 [xiǎoxué]) dure six ans, de même que l’enseignement secondaire (中学 [zhōngxué]), qui se divise en collège (初中 [chūzhōng]) et lycée (高中 [gāozhōng]) (trois ans pour chacune des deux parties). C’est ensuite l’enseignement supérieur (高等教育 [gāoděng jiàoyù]), constitué principalement par l’université (大学 [dàxué]).
Mais trêve de bavardages, voici la liste :
La lecture de quinze œuvres est recommandée au collège.
Première année de collège (初一 [chūyī]) :
1. 《红岩》 [hóngyán] (littéralement Le Rocher rouge) de Luo Guangbin (罗广斌 [luó guǎngbīn]) et Yang Yiyan (扬益言 [yáng yìyán]) ; je n’ai trouvé de mention de traduction en français de ce roman ;
2. 《安徒生童话全集》 [āntúshēng tónghuà quánjí] (Collection complète des contes d’Andersen), du danois Andersen (安徒生 [āntúshēng]), traduit par Ye Junjian (叶君健 [yè jūnjiàn]) ;
3. 《童年》 [tóngnián] (Enfance) de Maxime Gorki (高尔基 [gāoěrjī]), traduit par Liu Liaoyi (刘辽逸 [liú liáoyì])
4. 《格兰特船长的儿女》[gélánté chuánzhǎngde ěrnǚ] (Les Enfants du capitaine Grant), de Jules Verne (凡尔纳 [fán’ěrnà]), traduit par Fan Xiheng (范希衡 [fàn xīhéng])
5. 《爱的教育》 [àide jiàoyù] (Le Livre-Cœur), de l’Italien Edmondo de Amicis (亚米契斯 [yàmǐqìsī]), traduit par Tian Yaqing (田雅青 [tián yǎqīng]).
Deuxième année de collège (初二 [chūèr])
6. 《青春之歌》 [qīngchūnzhī gē] (Le Chant de la jeunesse), roman de Yang Mo (杨沫 [yáng mò]) ;
7. 《骆驼祥子》 [luòto xiángzǐ] (Chameau le Veinard ou Le Tireur de pousse-pousse), roman de Laoshe (老舍 [lǎoshé]) ;
8. 《钢铁是怎样炼成的》 [gāngtiě shì zěnme liànchéngde] (Et l’acier fut trempé), du soviétique Nikolaï Ostrowski (奥斯特洛夫斯基 [àosītèluòfūsījī]), traduit par Mei Yi (梅益 [méi yì]) ;
9. 《福尔摩斯探案集》 [fú’ ěrmósī tàn’ànjí] (Aventures de Sherlock Holmes), de l’anglais Conan Doyle (柯南道尔 [kēnán dào’ěr]), traduit par Ding Zhonghua et al. (丁钟华 [dīng zhōnghuá] ; en chinois, « et al. », qui indique plusieurs auteurs, se traduit par 等 [děng] ajouté après le ou les noms du ou des auteurs principaux) ;
10. 《居里夫人传》 [jūlǐ fūrén zhuàn] (Madame Curie), d’Ève Curie (艾芙·居里 [āifū jūlǐ]), traduit par You Mingche (友明彻 [yòu míngchè]) ;
Troisième année de collège (初三 [chūsān])
11. 《家》[jiā] (Famille) de Bajin (巴金 [bājīn]) ;
12. 《牛虻》 [niúméng] (Le Taon ou La Mouche-Cheval), de l’Irlandaise Ethel Lilian Voynich (伏尼契 [fúníqì]), traduit par Li Liangmin (李俍民 [lǐ liángmín]) ;
13. 《高老头》 [gāo lǎotóu] (Le Père Goriot), de Balzac (巴尔扎克 [bāěrzhākè]), traduit par Fu Lei (傅雷 [fù léi]) (Fu Lei, 1908-1966, est un traducteur très connu en Chine, il a traduit un nombre considérables d’œuvres françaises en chinois) ;
14. 《莎士比亚戏剧故事》[shāshìbǐyà xìjù gùshì] (Les Contes de Shakespeare), de Mary et Charles Lam (兰姆姐弟 [lánmǔ jiědì]), traduit par Xiao Qian (萧乾 [xiāo qián]) ;
15. 《中国科学院院士自述(青少年版)》 [zhōngguó kēxuéyuàn yuànshì zìshù (qīngshàoniánbǎn) (Autobiographies d’académiciens chinois (édition pour la jeunesse)), compilé par les Éditions shanghaïennes de l’éducation (上海教育出版社 [shànghǎi jiàoyù chūbǎnshe])
On remarquera la présence dans cette sélection d’œuvres chinoises et étrangères à peu près inconnues en France, sélectionnées pour leur caractère édifiant, et leur conformité absolue avec la morale communiste. C’est le cas par exemple de 《红岩》, dont je n’avais jamais entendu parler avant de venir en Chine, alors que c’est une œuvre que tous les Chinois continentaux connaissent (je consacrerai un prochain billet à ce roman qui célèbre le martyre révolutionnaire), ou encore le roman de l’écrivain soviétique Ostrowski, Et l’acier fut trempé, connu peut-être des membres les plus zélés des Jeunesses Communistes, mais porté aux nues dans la Chine de Mao.
Je poursuivrai dans le prochain billet de cette série en présentant les lectures recommandées aux lycéens chinois.

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3 commentaires pour Chinoiseries : Liste des lectures conseillées pour les collégiens chinois

  1. xiaobob dit :

    Cuore de de Amicis, quel ouvrage ringard, plein d’un christianisme larmoyant, la vertu est enseignée aux classes modestes par les bourgeois, etc etc mon père né en 1914 lisait cela à l’école, je l’ai en italien. Que peut on faire encore en cette galère.
    Par contre le Lao she, j’ai adoré

    • pascalzh dit :

      Les lectures recommandées par le Ministère de l’Education se doivent d’être édifiantes. Je ne connais pas Cuore de Amici, mais je suppose que le choix de ce livre a pour but d’apprendre aux jeunes à se conformer aux règles de la morale…

  2. Silouane dit :

    Il serait intéressant de connaître l’évolution de ce type de liste depuis 30-40 ans. A ma connaissance, certains ouvrage étaient déjà conseillés fin des années 70.

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