Jinologie comparée : Trois adaptations télévisées des Amants chevaleresques (3)

(Pour les deux premiers épisodes de cette série, je vous invite à cliquer ici et ici.)
Yang Guo (杨过 [yáng guò]) est le personnage masculin principal des Amants chevaleresques. Si vous n’avez pas complètement oublié la fin du premier volet de la trilogie (voir ici), vous savez qu’il est le fils du félon Yang Kang et la douce, belle, mais pas très maline Mu Nianci. Dans les Amants chevaleresques, on retrouve Yang Guo orphelin. Il est recueilli par Guo Jing, qui envisage d’abord d’en faire son disciple, mais qui finalement l’envoie étudier les arts du combat auprès des maîtres taoïstes du Quanzhen. Yang Guo se brouille avec les taoïstes, s’enfuit du monastère et se réfugie dans la tombe du mort-vivant, où il est recueilli par Mademoiselle Dragon…
Dans le roman de Jinyong, Yang Guo est décrit comme un jeune homme taciturne, qui refuse de se plier aux convenances, et n’accepte aucune compromission. Il est capricieux, fantasque, mais a un grand cœur. Il devient finalement un expert en arts martiaux, probablement le plus talentueux de sa génération, et surpasse même Guo Jing.
Dans la version de 1995 de la série, Yang Guo est interprété par Louis Koo (古天乐 [gǔ tiānlè]). Louis Koo, né à Hong-Kong en 1970, est un acteur polyvalent. On l’a vu jouer dans les Amants chevaleresques, mais aussi dans l’adaptation télévisée du roman À la recherche de Qin (《寻秦记》 [xúnqínjì]) de Huang Yi (Sinoiseries avait parlé de ce roman ici), dans le rôle du personnage principal Xiang Shaolong (项少龙 [xiàng shàolóng]) ; il a également joué dans de nombreux films policiers, et dans des séries historiques. Notons au passage qu’il a également commis quelques chansons populaires, qui ont connu un succès mitigé.
Louis Koo semble être un excellent choix pour jouer le personnage de Yang Guo : il est connu pour son indiscipline, son caractère fantasque, la richesse de ses sentiments, et son charme irrésistible. Ces qualificatifs s’appliquent parfaitement au Yang Guo que l’on trouve sous la plume de Jinyong. Pour de nombreux amateurs, Koo est celui qui a le mieux incarné le personnage du « Chevalier au condor fabuleux » (神雕侠 [shéndiāoxiá], surnom sous lequel est connu Yang Guo à la fin du roman de Jinyong).
Voici Louis Koo incarnant Yang Guo (l’image vient d’ici) :
gu tianle_yang guoDans la version de 2006, tournée par Yu Min, c’est Huang Xiaoming (黄晓明 [huáng xiāomíng]) qui interprète Yang Guo. Cet acteur est né à Qingdao en 1977. Il a joué des rôles très divers, mais on l’a vu beaucoup dans des films « historiques » (on parle en chinois de 古装剧 [gǔzhuāngjù], « films en costumes anciens »), par exemple dans le rôle de Tang Bohu (唐伯虎 [táng bóhǔ]) dans un remake de la légende du jeune libertin fantasque du début des Ming, ou encore dans le rôle de Wei Xiaobao (韦小宝 [wéi xiǎobǎo]), personnage principal d’un des romans majeurs de Jinyong : Le Roman du cerf et du chaudron (《鹿鼎记》 [lùdǐngjì]).
Dans cette version de 2006, certains reprochent à Huang Xiaoming la faiblesse de son jeu d’acteur, et son incapacité à rendre vraisemblable l’expression des sentiments du personnage. Ces reproches me semblent un peu excessifs : j’ai eu beaucoup de plaisir à voir Huang Xiaoming interpréter Yang Guo.
Ci-dessous, le Yang Guo incarné par Huang Xiaoming (l’image vient d’ici) :
huang xiaoming_yang guoEnfin, dans la dernière adaptation des Amants chevaleresques, c’est à Chen Xiao (陈晓 [chén xiāo]) qu’a été confié le rôle de notre héros. Ce jeune acteur, né en 1987 à Hefei (Anhui), avait déjà interprété en 2013 le rôle de Lin Pingzhi (林平之 [lín píngzhī]), l’un des personnages de premier plan du roman The Smiling, Proud Wanderer (《笑傲江湖》 [xiào ào jiānghú]) (qui est l’un des romans de Jinyong que je préfère). Sa prestation dans la dernière version des Amants chevaleresque est tournée en dérision par de nombreux internautes, qui lui reprochent de jouer faux ; on lui fait notamment le grief d’un jeu ridicule dans la scène où il se fait couper le bras par Guo Fu, avec ses « effets spéciaux à deux balles » (五毛特效 [wǔmáo tèxiào] ; 特效 [tèxiào], abréviation de 特殊效果 [tèshū xiàoguǒ] : effet spécial), ainsi que des accents d’amour portés au ridicule dans les dialogues entre Yang Guo et Demoiselle Dragon (cela dit, ce n’est certainement pas Chen Xiao qui est responsable des effets spéciaux, ni des dialogues…).
Il est vrai cependant que Chen Xiao, au moins dans l’image ci-dessous (qui vient d’ici) donne une image assez peu ressemblante du Yang Guo que l’on imagine en lisant le roman :
chen xiao_yang guo(C’est Guo Fu qui sera sur la sellette à l’épisode suivant.)

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