Histoires de Chine : L’aînée des Jiang et la Grande Muraille (孟姜女哭长城)

On connaît de nombreuses histoires liées à la Grande Muraille (长城 [chángchéng]), cette grande fortification courant sur près de 5000 kilomètres en Chine du Nord, destinée à protéger l’Empire du Milieu contre les attaques des terribles barbares septentrionaux. Le souverain lié à la construction de la grande muraille est le sinistre « Premier Empereur des Qin » (秦始皇 [qínshǐhuáng]), qui ne fut pas vraiment le constructeur de cet édifice, mais qui réunit entre elles les portions de grande muraille construites par les royaumes septentrionaux, et consolida l’ouvrage. La construction de la Grande Muraille nécessita de mobiliser un nombre considérable d’ouvriers, dont nombreux moururent sur les chantiers. On dit ainsi que chacune des pierres du mur a coûté la vie à une personne.
On raconte à ce sujet l’histoire de l’aînée de la famille des Jiang, plus connue sous le nom de Meng Jiangnü (孟姜女 [mèng jiāngnǚ]). (Notez cependant que « jiangnü » n’est pas le prénom de la jeune femme en question. L’expression « meng Jiang nü » signifie en fait « fille aînée de la famille Jiang » (voir ici le billet que j’avais publié en août 2013).) En chinois, le conte est intitulé 《孟姜女哭长城》 [mèng jiānnǚ kū chángchéng] (L’aînée des Jiang pleure à la Grande Muraille).
La jeune Jiang était un jour chez elle à s’occuper de tâches ménagères, quand elle vit, caché dans son jardin, un jeune homme appelé Fan Xiliang (范喜良 [fàn xǐliáng]). Ce dernier tentait d’échapper aux sbires du Premier Empereur qui étaient en train de recruter de force les hommes valides de la région pour aller travailler sur le chantier de la grande muraille.
La jeune Jiang cacha le jeune homme. Il était beau, elle était belle, et c’est donc tout naturellement qu’ils décidèrent de se marier. Le soir des noces, alors que les tourtereaux d’apprêtaient à entrer dans la chambre nuptiale (洞房 [dòngfáng]) pour conclure leur union, l’un des sbires de l’Empereur fit irruption, menotta le dénommé Fan, et, sans autre forme de procès, l’envoya à la Grande Muraille.
Après s’être remise de ses émotions, la jeune Jiang ne se laissa pas décourager, et décida d’aller elle-même à la Grande Muraille pour y retrouver son quasi-mari.
Elle chercha plusieurs jours, en vain, sur les différents chantiers, la trace de son aimé. Elle finit par demander à l’un des ouvriers s’il n’avait pas vu par hasard arriver un dénommé Fan Xiliang. On lui répondit que oui, mais quand elle demanda à voir Fan, on lui apprit qu’elle arrivait trop tard, car le jeune homme était mort à la tâche, et son corps avait été jeté dans les fondations de la muraille.
La jeune Jiang se mit alors à pleurer de douleur. Elle pleura sans discontinuer pendant trois jours et trois nuits, et son chagrin fut tel que le Ciel la prit en pitié. Dans un bruit de tonnerre, un pan entier de la Muraille s’effondra, pour révéler le corps de Fan Xiliang, enterré sous la muraille…
(Pour une version chinoise du conte, écrite pour de jeunes lecteurs, je vous invite à consulter cette page.)

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