Bibliographie : Traces des immortels dans les vertes prairies, Li Baichuan

Le roman dont je traduis le titre, faute de mieux, par Traces des immortels dans les vertes prairies (en chinois 《绿野仙踪》 [lǜyě xiānzōng]) est l’un des romans populaires de l’époque des Qing que j’aime le plus.
Pour être honnête, jusqu’à l’an dernier, je ne connaissais pas ce roman. Sa lecture m’a été vivement conseillée par un ami chinois amateur de littérature.
Le Lüye xianzong a été rédigé par Li Baichuan (李百川 [lǐ bǎichuān], 1719-1771), lettré ayant raté le concours du mandarinat, et grand amateur d’histoires fantastiques.
Son unique roman conte les aventures, pendant la dynastie des Ming, d’un dénommé Leng Yubing (冷于冰 [lěng yúbīng]), intellectuel de grand talent qui aurait été promis à brillant avenir dans le mandarinat, s’il ne s’était pas opposé au premier ministre de l’époque, en refusant de rédiger pour lui un mémoire visant à faire tomber en disgrâce un fonctionnaire intègre. Échaudé, déçu par les turpitudes du mandarinat, il mène d’abord une vie oisive, avant de se vouer corps et âme à l’étude du taoïsme, jusqu’à atteindre l’immortalité.
À partir de ce fil rouge, Li Baichuan nous fait découvrir la société de la Chine impériale, et bon nombre de ses turpitudes. On découvre ainsi des fonctionnaires corrompus au point de payer un tribut aux bandes de pirates japonais qui font des razzias sur les côtes chinoises, on suit le parcours d’un jeune de bonne famille qui dilapide son héritage dans des lupanars, on assiste à des combats épiques entre taoïstes, ou contre une rébellion paysanne, on découvre les pratiques ésotériques des aspirants à l’immortalité, on voit comment une mère, par intérêt, livre sa fille à un jeune débauché par intérêt.
Certains des personnages du roman sont très riches, et souvent croustillants. Les renardes tentent les hommes, les brigands sont sans pitié, les monstres sont terribles, les jeunes femmes sont jolies et n’ont pas froid aux yeux !
Certains chercheurs chinois considèrent que cette œuvre est à la fois taoïste et confucianiste, et qu’il s’agit d’un roman « multidirectionnel », dans lequel on trouve des éléments de roman historique, de roman fantastique, de roman taoïste, de roman de mœurs.
Li Baichuan ne répugne pas non plus à décrire de façon très crue des scènes érotiques, ce qui a été la principale raison de l’interdiction du roman dès la dynastie des Qing. Le Lüye xianzong n’a d’ailleurs été réédité en Chine que dernièrement, ayant longtemps été considéré comme inconvenant à l’aune de la morale socialiste.
Il existe deux éditions principales : une édition en cent chapitres, qui semble être l’édition originale, et une autre en quatre-vingt chapitres, qui est apparemment remaniée ultérieurement pas Li Baichuan lui-même. J’ai lu l’édition en 100 chapitres.
Il s’agit d’un roman populaire, donc écrit en langue vulgaire, ce qui le rend assez facile d’accès pour quelqu’un ayant un bon niveau de chinois (si vous êtes capable de lire Jinyong dans le texte, vous n’aurez pas beaucoup de mal à comprendre Li Baichuan).
Sinon, il faudra attendre que quelqu’un ait le courage de traduire cette œuvre, et qu’un éditeur ait le courage de publier la traduction, car, malgré mes recherches, je n’ai trouvé les traces d’aucune traduction existante, que ce soit en français ou en anglais.
Ci-dessous, une reproduction de la couverture de mon exemplaire de la version en 100 chapitres. Cette version, publiée en 2013 par les éditions New World Press (新世界出版社 [xīnshìjiè chūbǎnshè]) (ISBN : 978-7-5104-3803-2) est malheureusement assez médiocre : j’ai relevé au passage un certain nombre de coquilles, et en plus, la reliure est assez fragile. Même les caractères sur la page de couverture commencent à s’effacer ! La version en 80 chapitres, publiée pour la première fois en 2012, en deux volumes, par Xinhua Publishing House (新华出版社 [xīnhuá chūbǎnshè]) (ISBN : 978-7-5080-6333-1) est apparemment meilleure.
lvye xianzong

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