Histoires de Chine : Pangu le démiurge

Le mythe de création du monde (创世神话 [chuàngshì shénhuà] ; 创世 [chuàngshì] : création, 神化 [shénhuà] : mythe, légende) le plus connu et le plus communément accepté en Chine est celui de Pangu (盘古 [pángǔ]), dont l’histoire est ainsi racontée :
Au début, n’existaient que le vide immense, ainsi qu’un amas informe, le chaos primitif, ressemblant à un œuf de poule. Dans cet œuf, naquit un géant qui s’appelait Pangu. Pangu voulait sortir de cet œuf, et pour cela, frappa contre la coquille avec la hache géante dont il disposait. Il lui fallut 18.000 ans pour briser la coquille. Lorsque Pangu put enfin sortir de sa prison, les principes yin et yang se séparèrent, donnant naissance au ciel et à la terre. Pour éviter que les deux principes primordiaux ne se mêlent à nouveau, Pangu, de ses bras, poussa le ciel qui se trouvait au-dessus de lui, les pieds fermement ancrés au sol. Le ciel s’éleva d’une « toise » (丈 [zhàng], unité de mesure de longueur ancienne, qui vaut, selon les auteurs et les époques, entre 2,5 et 3,3 m environ) chaque jour, et la terre épaissit également d’une toise chaque jour. Pangu grandissait dans le même temps selon les mêmes proportions. À l’issue de ce processus, qui dura également 18.000 ans, le ciel avait atteint une hauteur de 90.000 li (里 [lǐ], ancienne mesure de longueur, valant entre 350 et 420 mètres environ), et la terre, une épaisseur de 90.000 li également. Épuisé par l’effort, Pangu, voyant que l’ensemble était stable et ne grandissait plus, décida de se reposer. Il s’endormit, pour ne jamais se réveiller. Son corps de transforma alors : son œil droit devint le soleil, le gauche la lune, son sang donna naissance aux fleuves et aux rivières, ses tendons devinrent des routes, les poils de son corps furent à l’origine de la végétation, son souffle se transforma en vent, et sa voix créa le tonnerre. Quant aux métaux, aux roches et aux pierres précieuses, ils résultèrent de la transformation des os et des dents de Pangu. D’aucuns prétendent encore que les puces (ou les poux) qui se cachaient dans l’abondante pilosité du géant devinrent les animaux et les hommes.
Comme ce mythe est apparu assez tardivement en Chine (vers la fin du IIe siècle de notre ère), nombreux sont ceux qui mettent en doute l’origine chinoise de Pangu, et pensent qu’il s’agit en fait de l’adaptation d’un mythe d’origine indienne. Cependant, d’autres chercheurs pensent trouver dans des ouvrages chinois anciens des traces de ce géant démiurge ; d’autres encore penchent pour une origine méridionale, car on trouverait chez des minorités ethniques du Guizhou des mythes très proches de celui de Pangu.
Finalement, ce qui m’importe, c’est que l’histoire telle qu’elle est racontée ci-dessus est celle qui a cours en Chine aujourd’hui, que l’on raconte à tous les écoliers chinois, et qu’elle est connue de tous.
Sur le mythe de Pangu, je vous invite à lire l’article en français que lui consacre Wikipedia (ici), ou encore l’article de Baidu (ici).
Ci-dessous, un recueil de mythes et légendes de la Chine ancienne, destiné aux écoliers chinois, et dont le premier chapitre est consacré au mythe de Pangu :
legendes chinoises

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