Jinologie : La Légende des héros du condor – 8 (et fin)

A l’épisode 7, nous avions laissé Huang Rong blessée par Qiu Qianren, et sauvée à la dernière seconde par le grande maître Yideng.
Pendant ces entre-faits, Ouyang Feng et Yang Kang se rendent sur l’île des Fleurs de pêchers, et assassinent cinq des sept énergumènes du Jiangnan (il ne reste donc plus, de cette troupe, que Ke Zhen’e, puisque, vous vous en souvenez peut-être, l’un des sept avait été au combat alors que tous étaient encore en Mongolie). Ouyang et Yang s’arrangent pour que tous les soupçons se portent sur Huang Yaoshi, le père de Huang Rong, espérant ainsi provoquer un cataclysme dans le « monde des guerriers » (武林 [wǔlín], littéralement la « forêt des guerriers », est le terme utilisé pour désigner de façon générique tous les maîtres d’arts martiaux ; ce mot est à mettre en parallèle avec le mot 儒林[rúlín], la « forêt des lettrés », qui désigne l’ensemble des lettrés confucéens). Le but d’Ouyang et de Yang est aussi de faire en sorte que la relation qui rapproche Guo Jing et Huang Rong soit à jamais rompue.
Mais heureusement, grâce à son intelligence hors du commun, Huang Rong réussit à prouver la conspiration, et à laver son père de tous soupçons. Elle parvient même à faire en sorte que Yang Kang soit définitivement mis hors d’état de nuire. (Ce point est important, car même si ce n’est pas elle personnellement qui tue Yang Kang, elle est responsable de sa mort. Cela pèsera beaucoup dans les relations qu’auront le fils de Yang Kang, Yang Guo, et Huang Rong dans le deuxième volet de la « Trilogie du condor ».) Mais malheureusement, au moment où elle parvient à éliminer Yang Kang, Huang Rong tombe entre les griffes d’Ouyang Feng.
Guo Jing, apprenant la machination qui visait à le tromper, regrette amèrement de s’être laisser abuser et d’avoir abandonné Huang Rong. Il se met désespérément à la recherche de sa dulcinée.
Pour cela, Guo Jing va jusque dans le désert de Mongolie, et arrive juste au moment où Gengis Khan se lance dans la campagne qui doit lui permettre de prendre le contrôle de Khwârezm (花剌子模国 [huālàzǐmóguó]), État situé en Transoxiane et en Perse, qui fut définitivement anéanti par les Mongols en 1231). Pour servir sa vengeance contre Wanyan Honglie, responsable de la mort de son père, Guo Jing se met au service de Gengis Khan, qui le place à la tête d’une armée. Peu après, le hasard fait que Huang Rong et Ouyang Feng croisent le chemin de l’armée que commande Guo Jing. Ce dernier, pour faire en sorte qu’Ouyang Feng laisse la vie à Huang Rong, s’engage à gracier Ouyang à trois reprises. Les jeunes amants unissent leurs forces pour s’emparer trois d’Ouyang Feng, qui finit par les laisser tranquilles.
Pendant le siège de la capitale de Khwârzem, Samarcande (撒麻尔罕 [sàmá’ěrhàn]), Huang Rong imagine un stratagème qui permet à Guo Jing de faire tomber la ville. Gengis Khan, fort de sa victoire, veut alors entreprendre la conquête de l’empire chinois des Song. Guo Jing ne veut pas trahir son pays natal, et s’enfuit du camp de Gengis Khan avec sa mère, Li Ping. Mais tous deux sont rattrapés. Pour sauver son fils, Li Ping se suicide, et Guo Jing réussit enfin à s’enfuir avec la complicité de Djebé et de Tuolui. Libéré, il se laisse aller au désespoir, jusqu’à ce qu’il rencontre à nouveau Hong-le-septième, qui parvient à la raisonner.
Arrive alors le moment du deuxième « Duel sur le mont Hua » (华山论剑 [huàshān lùnjiàn]). Ce duel a pour but d’établir qui, de tous les maîtres d’arts martiaux de Chine, est le plus fort. (Le premier « Duel sur le mont Hua » s’était déroulé avant le moment où commence l’histoire des Héros du Condor, nous aurons l’occasion d’en reparler assez rapidement.) Participent à ce duel le « venimeux de l’Ouest » (Ouyang Feng), le « démon de l’Est » (Huang Yaoshi), le « mendiant du Nord » (Hong-le-septième), et notre jeune Guo Jing. C’est Ouyang Feng qui remporte le duel, mais, en raison d’une erreur dans l’application des techniques du souffle interne du Canon du yin suprême (《九阴真经》 [jiǔyīn zhēnjīng), traité secret d’arts martiaux (nous en reparlerons ici), il est devenu dément. Au sommet du mont Hua, Guo Jing retrouve Huang Rong de laquelle il avait été séparé suite à un malentendu. Tous deux se réconcilient, et finissent par se marier.
La suite des aventures de Guo Jing et Huang Rong est racontée dans le deuxième volet de la « Trilogie du Condor », dans lequel on retrouve Guo Jing, Huang Rong Hong-le-septième, Huang Yaoshi, Ke Zhen’e, ainsi que d’autres personnages du premier volet. On y découvre aussi le fils de Yang Kang, Yang Guo, et les deux filles de Guo Jing et Huang Rong. L’école taoïste Quanzhen, ainsi que ses maîtres et ses disciples, jouent un rôle important dans ce roman. C’est pourquoi, avant d’aborder un autre roman de Jinyong, je prévois de présenter rapidement l’école taoïste Quanzhen. Je vous parlerai aussi d’une série télévisée adaptée des Héros du Condor.
Ci-dessous, un portrait de Gengis Khan, que j’ai récupéré ici.
gengis khan

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