Jinologie : La Légende des héros du condor – 6

(Si vous avez raté les premiers épisodes de cette série, je vous invite à consulter la page « Jinologie » en cliquant sur le mot idoine dans la barre de menu.)
Guo Jing poursuit sa route jusqu’à Zhongdu (中都 [zhōngdū], plus connue aujourd’hui sous le nom de Beijing), la capitale des Jin de l’époque. Là, il se mêle à une foule de curieux qui se distraient en regardant évoluer une jeune fille qui « fait commerce de son art » (卖艺 [màiyì], ce verbe s’applique par exemple aux artistes de cirque qui vivent de leurs représentations), dénommée Mu Nianci (穆念慈 [mù niáncí]) : cette jeune fille est en effet assez experte dans le domaine des arts martiaux, qui lui ont été enseignés par celui que l’on présente comme son père, et, comme le dit la banderole flottant au vent, « cherche un conjoint par le biais d’un combat » (比武招亲 [bǐwū zhāoqīn], nous avions parlé de cette coutume, que l’on ne rencontre guère que dans la littérature d’arts martiaux, à l’épisode 3, ici). Tous les malotrus qui, convoitant la jeune fille, viennent se frotter à elle, ne sont pas à sa hauteur et sont défaits les uns après les autres, jusqu’à ce qu’un jeune prince jürchen, accompagné de ses sbires, vienne défier la demoiselle Mu.
Il s’agit du prince Wanyan Kang (完颜康 [wányán kāng]), fils de l’un des fils de l’empereur Jin, Wanyan Honglie, que nous avons entrevu à l’épisode 4. Mais ledit Wanyan Kang est un goujat doublé d’un coureur de jupons, il profite du combat qu’il livre à la jeune fille pour se jouer d’elle, et, alors qu’il a gagné le combat, la déshonore en refusant de la prendre pour épouse. Yang Guo, voyant cela, veut donner une leçon au jeune prince, mais il n’est pas à la hauteur.
En fait, il se trouve que Wanyan Kang n’est autre que le frère juré de Guo Jing. Son vrai nom est Yang Kang (杨康 [yáng kāng]), il est en réalité le fils de Yang Tiexin et de Bao Xiruo, mais il l’ignore lui-même. Le prince Wanyan Honglie, par amour pour Bao Xiruo, a en effet adopté l’enfant qu’elle portait en son sein, et lui a même donné son patronyme. Quant à Bao Xiruo, pour protéger son enfant, elle s’est résignée à devenir l’épouse du prince Wanyan (王妃 [wángfèi], c’est ainsi que l’on appelle l’épouse d’un prince de sang).
Suite à diverses manœuvres visant à séduire Mu Nianci, Yang Kang fait enlever le « père » de la jeune fille. Or, ce « père » est en réalité Yang Tiexin, qui depuis qu’il a été séparé de son épouse n’a cessé de la rechercher. Yang Tiexin et Bao Xiruo finissent par se rencontrer, pour mourir sans avoir pu se réjouir bien longtemps du bonheur de cette réunion tardive.
Guo Jing et Huang Rong poursuivent leur voyage vers le sud et, sur les rives du Changjiang (长江 [chángjiāng]), le « Long Fleuve », font la rencontre d’un mendiant des plus étranges. On apprend à l’occasion de cette rencontre que Huang Rong n’est autre que la fille du « démon de l’Est », alias « Huang le maître de l’île » (黄岛主 [huáng dǎozhǔ]), surnommé ainsi car il possède « l’île des fleurs de pêchers » (桃花岛 [táohuādǎo]). Le mendiant que rencontrent nos deux tourtereaux est quant à lui Hong-le-septième (nous en avons parlé ici), chef de la « Bande des mendiants », surnommé le « mendiant du Nord ». Le « démon de l’Est » et le « mendiant du Nord » sont deux des cinq grands maîtres incontestés d’arts martiaux de l’époque (nous aurons l’occasion de parler des trois autres). Hong-le-septième apprécie l’honnêteté du jeune Guo Jing et l’intelligence vive de Huang Rong, et décide de leur transmettre quelques techniques martiales assez redoutables. Huang Rong, ayant vite compris que Hong-le-septième étant un gourmand impénitent, aiguise tant et si bien l’appétit du grand maître que ce dernier, en échange de quelques plats joliment mitonnés par la jeune fille, finit par enseigner à Guo Jing une technique de boxe absolument redoutable : « les dix-huit coups de paume à terrasser les dragons » (降龙十八掌 [xiànglóng shíbāzhǎng] ; 降 signifie ici « soumettre » et doit se prononcer [xiàng] ; dans le domaine des arts martiaux, 掌 [zhǎng], qui signifie littéralement « paume de la main », désigne un coup porté avec la paume de la main). Une fois l’apprentissage terminé, Mademoiselle Huang et le jeune Guo font (provisoirement) leurs adieux à Hong-le-septième, et poursuivent leur voyage vers le Sud.
Si vous voulez savoir quels sont les nuisibles que rencontrent ensuite nos héros, comment un prince de sang impérial découvre sa véritable identité, comment la mort du père de Guo Jing est vengée, et comment un jeune plein d’avenir trahit tous les espoirs qui sont placés en lui, je ne peux que vous inviter à patienter jusqu’à la publication prochaine de l’épisode 7
(Ci-dessous, l’une des poses des « dix-huit coups de paume à terrasser les dragons », démontrée par Guo Jing. L’image vient d’ici.)
xianglong shibazhang

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