Rien à voir : Les Sept Samouraïs

Je profite d’un calme tout relative sur le plan professionnel pour poursuivre mon apprentissage (un peu laborieux, il faut l’avouer) de la langue de Kurosawa. Quel meilleur prétexte pour revoir pour la n-ième fois un classique parmi les classiques d’Akira Kurosawa : Les Sept Samouraïs ? Le titre japonais 七人の侍 [shichinin no samurai] a été traduit simplement en chinois par 《七武士》 [qī wǔshì] (rappelons que 武士 [wūshì] est le mot utilisé en chinois pour traduire « samouraï »). Quand le film fut présenté à Hong-Kong, la traduction choisie pour le titre était 《七侠四义》 [qīxiá sìyì], titre qui est une référence évidente au titre d’un roman chinois historique anonyme, très, très connu, du XIX° siècle intitulé 《三侠五义》 [sānxiá wǔyì], que l’on pourrait traduire en française par Les trois Chevaliers et les cinq Redresseurs de torts (notez que ce roman est aussi connu sous le titre de 《七侠五义》 [qīxiá wǔyì]).
Si ce dernier titre a été choisi à Hong-Kong, c’est sans doute aussi parce que le roman chinois susmentionné mêle à la fois le genre policier (c’est en partie ce roman qui a popularisé le personne du juge Bao, l’archétype du juge intègre) et le genre de cape et d’épée.
En effet, Les Sept Samouraïs narre l’histoire de sept bretteurs désœuvrés et au grand cœur, qui se mettent au service d’un village de paysans pour lutter contre une quarantaine de brigands affamés qui n’attendent que la fin des récoltes pour piller le village, tuer les hommes, et s’emparer des femmes et des filles.
Ce film est sorti en 1954 au Japon, et en 1956 aux Etats-Unis. En Amérique, la trame du chef-d’œuvre japonais a été pillée de façon éhontée par John Sturges pour son film Les sept Mercenaires (en anglais The Magnificent Seven), sorti en 1960. Le titre de l’avatar américain a été traduit en chinois par 《豪勇七蛟龙》 [háoyǒng qī jiāolóng], littéralement Les sept Dragons intrépides (豪勇 [háoyǒng], qui n’est pas très courant, signifie « généreux et intrépide », tandis que 蛟龙 [jiāolóng] désigne dans la mythologie chinoise un dragon ayant un talent particulier pour provoquer les inondations).
Mais revenons-en à la version originale.
La scénario japonais a été co-écrit par Akira Kurosawa en personne, en collaboration avec Shinobu Hashimoto (乔木忍 [qiáomù rěn], Hashimoto 乔木 est le patronyme, Shinobu 忍 est le prénom) et Hideo Oguni (小国英雄 [xiǎoguó yīngxióng], Oguni 小国 est le patronyme, Hideo 英雄 le prénom). La distribution est la suivante : on trouve Takashi Shimura (志村乔 [zhìcūn qiáo], Shimura Takashi, qui a aussi joué dans le film La Légende du grand Judo 《姿三四郎》 [zīsān sìláng], en japonais Sugata Sanshiro, de Kurosawa également) dans le rôle de Kanbei Shimada, le chef des samouraïs ; Toshiro Mifune (三船敏郎 [sānchuán mǐnláng], Mifune Toshiro, qui a aussi joué le rôle de Tajōmaru dans le film Rashōmon 《罗生门》 [luóshēngmén] d’Akutagawa), dans le rôle de Kikuchyo, le faux rōnin (le rōnin, en chinois 浪人 [làngrén] était un samouraï sans maître, louant ses services au plus offrant) ; Seiji Miyaguchi (宫口精二 [gōngkǒu jīng’èr], Miyaguchi Seiji), dans le rôle de l’escrimeur de talent, parlant peu, mais très efficace, et bien d’autres acteurs.
Cette œuvre cinématographique en noir et blanc, d’une durée de 207 minutes, est l’un des immenses classiques du cinéma japonais, et fait partie des films qu’il faut voir absolument.
Ci-dessous, une image du film sur laquelle les sept guerriers sont réunis (l’image vient d’ici).
Pour en savoir un peu plus sur Les sept Samouraïs, je vous invite à lire ici la page en français qu’y consacre Wikipedia, et celle en chinois de Baidu.
sept samourais

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