Rien à voir : Alphonse Daudet et les Lettres de mon moulin

C’est toujours avec beaucoup de plaisir que je relis Les Lettres de mon moulin (titre traduit en chinois de diverses façons : 《磨坊书札》 [mófáng shūzhá], 《磨坊文札》 [mófáng wénzhá] ou encore 《磨坊书简》 [mófáng shūjiǎn] en Chine continentale, ou 《磨坊信札》 [mófáng xìnzhá] à Taiwan ; 磨坊 [mófáng] – littéralement « atelier à moudre » – signifie « moulin », 书札 [shūzhá], 文札 [wénzhá], 书简 [shūjiǎn] et 信札 [xìnzhá], mots littéraires pour dire « lettre », sont synonymes ; « lettre » se dit plus couramment 信 [xìn] ou 书信 [shūxìn]) d’Alphonse Daudet (阿尔丰斯·都德 [ā’ěrfēngsī dūdé], souvent appelé simplement 都德 [dūdé]). Ces petits récits qui fleurent bon la Provence (普罗旺斯 [pǔluówàngsī]) me semblent succulents et pleins de poésie.
Parmi les lettres célèbres, on se souviendra bien sûr de La Chèvre de Monsieur Seguin (《塞甘先生的山羊》 [sàigān xiānshēng de shānyáng] ; le sinogramme 羊 [yáng] est ambigu pour les Occidentaux, puisqu’il sert à désigner à la fois la chèvre et le mouton ; il faut préciser, et dire 山羊 [shānyáng] lorsque l’on veut parler de chèvre, et 绵羊 [miányáng] lorsque c’est de mouton qu’il s’agit), du Secret de Maître Cornille (《高尼叶师傅的秘密》 [gāoníyè shīfu de mìmì] ; 秘密 [mìmì] signifie secret ; 师傅 [shīfu] est un mot assez générique qui peut se traduire par « maître », mais qui est aussi fréquemment utilisé pour interpeller un homme que l’on ne connaît pas ; le maître qui a des disciples est appelé en chinois 师父 [shīfù]), La Diligence de Beaucaire (《波凯尔的驿车》 [bōkǎi’ěr de yìchē] ; diligence se traduit par 驿车 [yìchē]), les savoureuses Trois messes basses (《三遍小弥撒》 [sānbiàn xiǎo mísā] ; 弥撒 [mísā] est une transcription phonétique du mot « messe », dans le sens catholique du terme).
Si Les Lettres de mon moulin sont bien connues à Taïwan, Alphonse Daudet est plus connu en Chine continentale pour deux autres de ses œuvres : Le Petit Chose (《小东西》[xiǎodōngxī] ; malgré les apparences, la traduction de ce titre est en fait assez bonne : il arrive effectivement que l’on surnomme 小东西 [xiǎodōngxī] une personne, en général une jeune fille, dont on ne connaît pas le nom, et La Dernière Classe (《最后一课》 [zuìhòu yīkè]). La raison du succès en Chine de ces deux œuvres moins connues en France que les Lettres est bien sûr éminemment politique : Le Petit Chose est perçu comme une dénonciation de la société bourgeoise occidentale, et quant à la Dernière Classe, c’est l’archétype de littérature patriotique qui exalte la résistance à l’envahisseur.
daudet_moulin

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