Rien à voir : Apulée et son Âne d’or

Lorsque je repense à mes chères (et trop brèves) études latines du collège et du lycée, c’est toujours avec nostalgie. Ce sont d’ailleurs mes essais de traduction de quelques courts passages de l’Énéide (en chinois 《埃涅阿斯纪》 [āinièāsījì]) de Virgile (维吉尔 [wéijí’ěr]), qui m’avaient procuré énormément de plaisir et qui ont probablement été à l’origine de ma « vocation » de traducteur (même si, bien entendu, je n’ai presque jamais eu l’occasion de rencontrer la mention du moindre auteur latin dans un texte chinois que j’avais à traduire professionnellement). Je saisis souvent le moindre prétexte pour lire ou relire l’un ou l’autre des auteurs latins. C’est ainsi que la mention de Pline l’Ancien dans un livre consacré à la gastronomie m’avait poussé à lire les Histoires naturelles, qui ont donné un billet éponyme sur Sinoiseries (ici). Et c’est en lisant Pline que je me suis souvenu d’un livre que j’avais lu à l’adolescence, dont j’avais à peu près tout oublié, sauf qu’il m’avait beaucoup amusé : L’Âne d’or ou Les Métamorphoses d’un auteur du II° siècle de notre ère : Apulée. J’ai donc profité de la venue de mon aîné au Cambodge et d’une commande de bouquins, pour me faire ramener la traduction française publiée dans la collection Folio Classique.
Apulée (阿普列尤斯 [āpǔlièyōusī], vous remarquerez qu’en chinois, c’est la prononciation latine qui est transcrite : Apuleius) est né en Afrique du Nord (北非 [běifēi]) vers 123-125 ap. J.-C. On pense qu’il est décédé aux environs 170. Il était issu d’une famille aisée (l’article que Baidu consacre à Apulée, ici, dit 豪门 [háomén], que l’on peut traduire par « famille éminente », « bonne famille »).
Il fit ses études à Athènes (雅典 [yǎdiǎn]), où il s’initia à la rhétorique (辞学 [cíxué]) et à la philosophie (哲学 [zhéxué]). Outre l’Âne d’or (en chinois 《金驴记》 [jīnlǚjì] ; on utilise aussi en chinois le titre Les Métamorphoses : 《变形记》 [biànxíngjì]), on connaît de lui : Sur le Dieu de Socrate (《论苏格拉底的神》 [lùn sūgélādǐde shén], Socrate, c’est 苏格拉底 [sūgélādǐ]), Platon et sa doctrine (《论柏拉图及其学说》 [lùn pǔlātú jí qí xuéshuō] ; Platon est appelé en chinois 普拉图 [pǔlātú]) ou encore Du monde (《论宇宙》 [lùn yǔzhòu] ; en chinois, 宇宙 [yǔzhòu] signifie « univers »).
En plus d’être extrêmement bien écrit (et traduit), plein d’humour et nous apprenant beaucoup de choses sur le monde romain du II° siècle de notre ère, le livre d’Apulée a ceci de remarquable qu’il est le premier « roman » d’Occident ! L’ouvrage raconte, en pointillés, les mésaventures parfois cocasses et non dénuées de saveur, d’un jeune citoyen romain ayant imprudemment voulu expérimenter la magie noire ; il se retrouve accidentellement transformé en âne et subit toutes les misères auxquelles peut se voir exposé un animal de trait ! L’ouvrage est parsemé d’historiettes amusantes, qui n’ont avec l’histoire de l’infortuné aucun rapport, si ce n’est que l’âne nous relate les anecdotes qu’il a entendues raconter au gré de ses vicissitudes…
Si vous avez un jour envie de vous changer les idées et de lire autre chose que de la littérature chinoise, avec L’Âne d’or, le dépaysement est garanti !
(Ci-dessous, le scan de la couverture de mon exemplaire du roman d’Apulée.)
apulee

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