Bouquins : La Légende des héros du condor – 2

(Le premier épisode de cette série est ici.)
À l’épisode précédent, nous disions que Guo Jing fait tant et si bien qu’il devient intime des enfants de Gengis Khan (成吉思汗 [chéngjísīhàn]), et que ce denier conçoit même le projet de lui faire épouser sa fille cadette, la très jolie mais capricieuse Huazheng (华筝 [huázhēng])…
Par faiblesse, et aussi par reconnaissance pour la protection apportée par Gengis Khan à lui-même et à sa mère, Guo Jing accepte l’honneur qui lui est fait, mais demande un délai pour pouvoir régler une bagatelle : le combat amical avec Yang Kang, et, éventuellement, venger l’assassinat de son père en tuant l’officier qui commandait le détachement coupable de la mort des pères de Guo Jing et de Yang Kang. Il prend donc congé de ses amis mongols, et entame son périple qui doit le mener sur le territoire des Song du Sud, en compagnie des six énergumènes du Jiangnan (l’un des membres du groupe est en effet mort dans un combat épique contre un couple de super-méchants, mais passons, cela nous entraînerait trop loin).
En voyage vers le territoire chinois, il rencontre Huang Rong (黄蓉 [huáng róng]), très jolie jeune fille et fort intelligente alors déguisée en mendiant. Elle tombe bien entendu amoureuse de ce bêta de Guo Jing, qui ne se rend compte d’abord de rien. Huang Rong n’est autre que la fille de l’un des plus grands maîtres d’arts martiaux de l’époque : Huang « le maître de l’île » (黄岛主 [huáng dǎozhǔ] – il possède une île), appelé aussi « Huang le pharmacien » (黄药师 [huáng yàoshī]) en raison de sa connaissance encyclopédique des drogues et des poisons, surnommé le « démon de l’est » (东邪 [dōngxié]) car il est sans pitié pour ses ennemis, et se moque complètement des conventions sociales de son époque.
Alors que Guo Jing, désormais accompagné de Huang Rong, poursuit son chemin, il rencontre le « mendiant du Nord » (北丐 [běigài]), de son vrai nom Hong-le-septième (洪七公 [hóng qīgōng]), chef de la « Bande des mendiants » (丐帮 [gàibāng], l’une des principales organisations martiales de Chine, très souvent citée dans les romans d’arts martiaux). Le mendiant du Nord est également, avec Huang le maître de l’île, l’un des cinq grands maîtres d’arts martiaux du moment.
Ici, une petite digression s’impose : un livre d’arts martiaux dévoilant une série de techniques martiales du plus haut niveau, le Classique véritable des neuf yins (ou du « yin suprême ») (《九阴真经》 [jiǔyīn zhēnjīng] – il faut se souvenir de ce titre, car l’ouvrage joue un rôle central dans la trilogie du Condor) circulait en Chine. Bien sûr, tous les bretteurs de l’Empire du Milieu cherchaient à s’emparer de cette véritable bible dont le possesseur ne manquerait pas de devenir invincible, et beaucoup étaient morts en essayant. Les plus grands maîtres d’arts martiaux du moment avaient alors décidé d’organiser un concours dont le vainqueur se verrait attribuer l’ouvrage, sans contestation possible par les autres. Ce concours est connu sous le nom de 华山论剑 [huàshān lùnjiàn], littéralement, le « duel du mont Hua ». Participèrent à ce concours, outre le « démon de l’Est » et le « mendiant du Nord », trois autres personnages : « l’empereur du Sud » (南帝 [nándì], en fait l’empereur Duan Zhixing (段智兴 [duàn zhìxīng]), empereur du pays de Dali (大理 [dàlǐ]), qui a abdiqué et s’est fait moine bouddhique pour des raisons que l’on découvre assez tard dans le roman ; le « venimeux de l’Ouest » (西毒 [xīdú]), de son vrai nom Ouyang Feng (欧阳锋 [ōuyáng fēng] – notez que 欧阳 [ōuyáng] est l’un des rares patronymes dissyllabiques chinois), maître d’arts martiaux expert dans l’usage des poisons et le dressage des serpents, sans vergogne, malfaisant absolu ; enfin, le cinquième personnage était le moine taoïste Wang Chongyang (王重阳 [wáng chóngyáng]), surnommé le « prodigieux du Centre » (中神通 [zhōng shéntōng]), chef de la secte taoïste « quanzhen » (全真教 [quánzhēnjiào]). C’est « le prodigieux du Centre » qui remporta le concours et se vit ainsi remettre le Classique. Mais à l’époque où vit Guo Jing, ce talentueux taoïste n’est plus de ce monde (c’est l’un de ses sept disciples, appelés collectivement les « sept maîtres de la secte quanzhen » – 全真七子 [quánzhēn qīzǐ] – qui a fait le pari avec les sept énergumènes du Jiangnan).
Vous voici donc armé des informations indispensables qui vont vous permettre de mieux comprendre ce qui va se passer dans la suite du roman…
(Ci-dessous, une photo de Hong le septième, alias le « mendiant du Nord », joué par Bryan Leung 梁家仁 [liǎng jiārén], acteur de Hong Kong spécialisé dans les films d’arts martiaux. La photo vient de Baidu, sur la page consacrée à Hong le septième, ici.)
hongqigong_liangjiaren

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