Chinoiseries : Chiffres en grande écriture

Vous êtes-vous jamais demandé comment on rédigeait un chèque en chinois ? En France, nous avons l’habitude d’indiquer sur l’effet de paiement la somme en chiffres arabes, puis en toutes lettres. Et bien en Chine, c’est la même chose : chiffres arabes et toutes lettres. À la différence près que ce que nous appelons en français « chiffres en toutes lettres » est appelé en chinois « chiffres en grande écriture » (大写数字 [dàxiě shùzì]).
En effet, se contenter d’indiquer les chiffres en sinogrammes ne permet pas de garantir l’absence de fraude ! Voyez plutôt : quoi de plus facile que de transformer un « un » (一) en « deux » (二), ou en « dix » (十). Il suffit pour cela d’ajouter un simple trait.
On raconte que les chiffres en grande écriture furent inventés à l’époque du fondateur de la dynastie des Ming, l’empereur Taizu (太祖 [tàizǔ]), plus connu sous son vrai nom : Zhu Yuanzhang (朱元璋 [zhū yuánzhāng]), suite à une affaire de pots-de-vin qui eut à l’époque un grand retentissement. Depuis cette époque, il fut décidé, pour rendre les falsifications plus difficiles, de remplacer les sinogrammes habituels utilisés pour les chiffres, par des sinogrammes plus complexes. Dès lors, on utilise le plus souvent sur les effets de paiement, factures et autres, les chiffres en « grande écriture ».
Voici la liste de ces chiffres :
一 devient 壹
二 devient 贰 (en graphie traditionnelle : 貳)
三 devient 叁 (en graphie traditionnelle : 叄)
四 devient 肆 (notez que 肆 peut avoir aussi d’autres significations)
五 devient 伍 (notez que 伍 peut lui aussi avoir d’autres significations)
六 devient 陆 (en graphie traditionnelle : 陸 ; lorsque 陆 n’est pas le chiffre « six » en grande écriture, il se prononce [lù] et signifie tout autre chose)
七 devient 柒
八 devient 捌 (捌 peut avoir d’autres significations, mais inusitées aujourd’hui)
九 devient 玖 (comme le laisse supposer son radical (玉), 玖 désignait à l’origine, une type de jade, plus exactement une pierre noire ayant l’aspect du jade)
十 devient 拾 (notez là aussi que 拾 peut avoir d’autres significations)
百 devient 佰 (notez que la graphie 陌 existait aussi pour le 百 en grande écriture, mais cette graphie n’est pas officielle, et toute banque chinoise refusera un chèque utilisant cette graphie)
千 devient 仟 (là aussi, existe pour 千 une graphie en grande écriture concurrente, 阡, mais non officielle et donc non acceptée).
Les graphies traditionnelles de « dix-mille » (万 [wàn], en caractère traditionnel 萬) et « cent millions » (亿 [yì], en graphie traditionnelle 億) étaient suffisamment complexes pour que l’on jugeât qu’il n’était pas utile de les compliquer encore plus. Certes, on utilise aujourd’hui les graphies simplifiées, mais les autorités chinoises ont tout de même jugé qu’il n’était pas utile d’inventer des « grandes écritures » pour ces deux nombres.
Faites très attention si vous devez rédiger un chèque : la moindre erreur d’orthographe provoquera le rejet immédiatement dudit chèque ! J’en ai fait plusieurs fois l’expérience. Le plus simple, si on en a l’utilité, est d’employer une machine spéciale servant spécifiquement à dactylographier les chiffres en grande écriture sur les chèques.
(Le chèque chinois reproduit ci-dessous vient d’ici, sur le site chinois de partage d’images nipic.com)
cheque chinois

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