Bouquins : La Légende des héros du condor

Le livre dont je traduis le titre La Légende des héros du condor (d’après le titre anglais donné dans l’ouvrage en chinois : The Legend of the Condor Heroes) n’est autre que le fameux 《射雕英雄传》 [shèdiào yīngxióng zhuàn] (littéralement : La légende des héros tirant sur les condors), de l’auteur hongkongais de romans d’arts martiaux le plus célèbre qui soit, le grand maître Jin Yong (金庸 jīnyōng). Ce roman en quatre volumes, publié pour la première fois en 1959, est le premier de la « Trilogie du condor » (射雕三部曲 [shèdiào sānbùqǔ]) ; les deux autres excellents romans qui constituent la trilogie sont : le The Return of the Condor Heroes (神雕侠侣 [shéndiào xiálǚ], littéralement « Ls amants d’armes du condor fantastique ») et le Heavenly Sword Dragon Slaying Saber (《倚天屠龙记》 [yītiān túlóngjì], littéralement « Histoire de l’épée céleste et du sabre pourfendeur de dragons »).
Il s’agit d’un roman de cape et d’épée à la chinoise : les grands maîtres d’arts martiaux usent de leurs pouvoirs quasi-surnaturels pour protéger la veuve et l’orphelin quand ils les bons, et pour commettre les pires atrocités quand ils sont méchants. Ils s’affrontent directement ou par disciples interposés, sont à la tête d’écoles, de clans et de bandes plus ou moins nombreux et plus ou moins organisés. Mais heureusement, à la fin du roman, la plupart ses gentils survivent, et la plupart des méchants sont définitivement éliminés. Mais trêve de moquerie !
Les romans de cape et d’épée de Jin Yong sont vraiment très, très plaisants à lire. Je les trouve excellemment écrits, dans un chinois moderne châtié et élégant. Les intrigues sont passionnantes, et, au moins à la première lecture, on a du mal à lâcher le roman une fois qu’on l’a commencé (la plupart des écoles chinoises, qu’elles soient continentales, hongkongaises ou formosanes, interdisent à leurs élèves de lire ces romans, de crainte qu’ils délaissent leurs études). Ce n’est sans doute pas sans raison que les romans de Jin Yong, dont certains ont aujourd’hui plus de cinquante ans, ont connu et connaissent encore un succès phénoménal. Les rééditions sont multiples, et les adaptations au cinéma ou, au format série à cinquante épisodes ou plus, au petit écran, ne se comptent plus. C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve vraiment regrettable que certains intellectuels chinois et la quasi-totalité des sinologues français se pincent le nez en entendant parler de Jin Yong (d’autant plus que, pour les Français, il me semble que la plupart n’ont jamais lu la moindre page de cet auteur, et que certains n’en ont même probablement jamais entendu parler…)
Mais revenons-en à nos héros du condor.
L’histoire se déroulent à la fin du XIII° siècle et au début du XIV°, à l’époque de la dynastie des Song du Sud (南宋 [nánsòng], 1127-1279), qui est en train sombrer progressivement sous les coups des armées de l’empire de Jin (金 [jīn], 1115-1234), dynastie créée par les Jurchen (女真 [nǚzhēn], ancêtres des Mandchous, appelés en chinois 满族 [mǎnzú]), avant d’être définitivement anéantie par les Mongols (蒙古人 [ménggǔrén]) qui créèrent la dynastie des Yuan (元 [yuán], 1279-1368).
En ces temps troublés, le personnage principal du roman Guo Jing (郭靖 [guō jìng]), né après la mort de son père assassiné à l’issue d’un funeste complot, se réfugie avec sa mère chez les Mongols, où il grandit pendant 16 ans. Les « Sept énergumènes du Jiangnan » (江南七怪 [jiāngnán qīguài]), groupe de maîtres (de second plan) d’arts martiaux, se chargent de lui apprendre l’art du combat, en raison d’un pari qui a été pris avant sa même sa naissance par les énergumènes susnommés et un moine taoïste de la célèbre secte Quanzhen (全真教 [quánzhēn]) (il doit se mesurer avec Yang Kang – 杨康 [yáng kāng], lui aussi orphelin, du moins c’est ce que l’on croit, qui n’est autre que le fils d’un ami intime de son père de Guo Jing, et qui doit être initié aux arts martiaux par ledit moine taoïste).
La première partie du récit conte les aventures de Guo Jing en terre mongole. Ce dernier, jeune garçon d’esprit simple mais courageux et ayant le sens de l’honneur, fait tant et si bien qu’il devient intime des enfants de Gengis Khan (成吉思汗 [chéngjísīhàn]), qui conçoit même le projet de lui faire épouser sa fille cadette, la très jolie mais capricieuse Huazheng (华筝 [huázhēng])…
(La suite, au prochain épisode…)
(Ci-dessous, la couverture du premier volume de l’une des nombreuses édition du 《射雕英雄传》)
shediao yingxiong zhuan

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4 commentaires pour Bouquins : La Légende des héros du condor

  1. Dupuis dit :

    Bonjour, je ne suis pas sinologue ni sinisant mais les wuxia xiaoshuo m’intéressent au plus haut point. Je voudrais savoir ce que vous pensez des traductions chez You Feng du cycle que vous décrivez – sous le titre : Le Justicier et l’Aigle mythique – et de Gu Long, les Aventures de Xu Liuxiang. Merci d’avance.

    • pascalzh dit :

      Bonjour,
      Je n’ai pas d’opinion sur les traductions publiées chez Yufeng car je ne les ai pas lues. Cependant, un ami français jinyongophile comme moi, s’est dit être assez déçu car seul le premier volume est effectivement une traduction, tandis que le second n’est qu’une traduction partielle de quelques scènes de combat…
      Il semble me souvenir par ailleurs qu’un autre roman de Gu Long a été traduit en français et publié chez Picquier : Les quatre brigands du Huabei
      Sinon, dans le même esprit, je vous recommande aussi la lecture du roman classique Au bord de l’eau, publié en français chez la Pléiade, et repris dans la collection Folio. C’est de roman qu’était adaptée la série sino-japonaise La légende des chevaliers aux 101 étoiles, diffusée sur la télévision française à la fin des années 70.
      Je me suis souvent posé la question de savoir si les romans de Jinyong (ou de Gulong, Liang Yusheng, voire Huang Yi (j’ai présenté ici – https://sinoiseries.wordpress.com/2011/01/26/bouquins-2-a-la-recherche-de-qin/ – le roman À la recherche de Qin) étaient ou non traduisibles en français. La tâche me semble plutôt ardue…
      Pascal

  2. moliere dit :

    Bonjour

    merci pour votre post. Je rejoins pascalzh. le premier tome est très bien traduit et le deuxième reste inachevé. J’adore ses livres. Savez vous si il y d’autre traduction en français disponible de ses romans ?

    Merci

    • pascalzh dit :

      Bonjour,
      Je ne connais pas d’autres traductions françaises de Jin Yong, mais je sais que les éditions Picquier ont publié la traduction d’au moins l’un des romans d’un autre grand maître du genre : le Taïwanais Gu Long (古龙) (je n’ai pas non plus lu cette traduction)

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