Bouquins : Le Bonze perd la boule

Alexis Brossollet, qui nous fait de temps en temps profiter de sa connaissance de la langue chinoise en commentant certains billets de Sinoiseries, signale à mon attention la publication d’une première série  d’enquêtes du célébrissime juge Pao, que les amateurs de séries télévisées historico-policières chinoises connaissent bien, puisqu’il s’agit des enquêtes de Bao Qingtian (包青天 [bāo qīngtiān), de son vrai nom Bao Zheng (包拯 bāo zhěng), juge réputé pour son intégrité, qui vécut à l’époque des Song du Nord (entre 999 et 1062).
Le juge Bao (ou Pao selon la transcription utilisée pour cet ouvrage) est connu du grand public chinois aussi et surtout à cause de diverses séries télévisées qui racontent ses aventures. Plusieurs séries ont été tournées à Hong-Kong et à Taiwan, entre 1995 et 2008, et font régulièrement l’objet de rediffusions sur de multiples chaînes de télévisions de Taiwan, de Chine continentale et de Hong-Kong. J’ai même retrouvé plusieurs épisodes des aventures du célèbre juge à Phnom-Penh, doublées en khmer !
Mais avant même que des producteurs de télévision flairant la bonne affaire n’exploitent le filon, les enquêtes de ce juge étaient connues dès l’époque de la dynastie des Yuan (1271-1368), qui est l’âge d’or du théâtre chinois : on a recensé pas moins de 11 pièces dont la trame s’inspire des enquêtes du juge Pao ; à l’époque de la dynastie des Ming (1368-1644), deux recueils d’histoires du juge Pao. Enfin, à l’époque de la dynastie des Qing (1644-1911), le célèbre roman Les trois chevaliers et les cinq redresseurs de torts (《三侠五义》 sānxiá wǔyì) se base également sur le juge Pao. Pour en savoir plus sur le célèbre juge, je vous invite à lire l’article que lui consacre Baidu.
Très, très connu en Chine, ce juge légendaire reste pratiquement inconnu du grand public français, la traduction que propose Alexis Brossollet des aventures du juge Pao, qui se base sur les récits de la dynastie des Ming, permet de pallier enfin à ce manque.
Dans ce premier recueil, intitulé Le Bonze perd la boule & autres histoires, le lecteur pourra se régaler de quatre courts récits qui lui donneront une première idée du célèbre juge.
J’ai pris beaucoup de plaisir à lire le texte en français. La traduction est très fluide, et ne manque pas d’humour, ce qui rend la lecture de ces histoires très agréables. Le traducteur a encore eu l’excellente idée d’expliquer par des notes certains aspects de la civilisation chinoise qui risquent d’échapper au lecteur non sinologue. Il a également choisi pour la transcription des noms propres de ne pas utiliser la transcription phonétique officielle, le pinyin, qui ne permet pas à un lecteur non sinisant de restituer la prononciation, mais utilise une transcription plus abordable plus non spécialiste.
J’attends avec impatience la sortie des épisodes à venir !
Le recueil est vendu au format électronique par Amazon, pour un prix modique. Pour l’acquérir, il suffit de cliquer ici.

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