Proverbes (7) : Tout est affaire de format !

Dans le billet sur l’attribution du Prix Confucius de la Paix à Vladimir Poutine (voir ici) (une affaire qui semble d’ailleurs s’être rapidement dégonflée, tiens…), j’avais que ladite affaire ne semblait pas valoir qu’on en fasse si grand bruit. J’avais même dit qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat, et que l’on avait en fait monté cette affaire en épingle (encore un complot – 阴谋 yīnmóu – antichinois des affreux Occidentaux de mauvaise foi et qui en comprennent rien à la Chine éternelle, n’en doutons pas).  Pour dire en chinois « monter une affaire en épingle », on dispose d’un petit proverbe, que je vous livre sans plus tarder : 小题大做 xiǎotí dàzuò. Littéralement, c’est « faire une grande dissertation à partir d’un petit sujet ».
Pour le genèse de cette œuvre, il faut remonter aux examens mandarinaux (科举考试 kējǔ kāoshì) des époques Ming et Qing, qui comprenaient plusieurs épreuves, dont un petit sujet (小题 xiǎotí), portant sur les « quatre livres » (四书 sìshū, expression qui désigne les quatre livres fondateurs du confucianisme : 《大学》 dàxué : la Grande Étude, 《中庸》 zhōngyōng : le Juste Milieu, 《论语》 lúnyǔ : les Analectes de Confucius, ouvrage déjà cité sur Sinoiseries, et 《孟子》 mèngzǐ : le Mencius) et un « grand sujet » (大题 dàtí), portant lui sur les « cinq classiques » (五经 wǔjīng, expression désignant les cinq grands livres classiques de la civilisation chinoise ancienne : 《易经》 yìjīng : le Classique des Mutations, ouvrage de divination, 《书经》 shūjīng, le Classique des Documents, 《诗经》 shījīng : le Classique de la Poésie, 《礼经 lǐjīng》 : le Classique des Rites, et 《春秋》 chūnqiū : les Annales des Printemps et Automnes). Notez au passage que l’expression quadrisyllabique 四书五经 sìshū wǔjīng désigne de façon collective l’ensemble des textes classiques du confucianisme. J’invite les passionnés de civilisation chinoise ancienne à aller consulter le petit article consacré aux Classique chinois par Wikipedia, ici.
Après cette courte pause culturelle, dans l’épisode suivant, nous verrons l’on peut se faire berner par de belles paroles…

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