Bouquins (2) : À la recherche de Qin

J’ai choisi ce roman un peu au hasard. Dans un article consacré à l’histoire du roman de cape et d’épée chinois, on présentait l’écrivain Huang Yi (黄易 huáng yì) comme le « nouveau Jin Yong », comprenez le nouveau maître du roman de chevalerie chinois. J’avais également entrevu à la télévision chinoise une série intitulée 《寻秦记》 xúnqínjì (littéralement À la Recherche de Qin), qui semblait jouir d’une grande popularité. Je me suis donc commandé sur Internet le roman (en six volumes !) éponyme, pour découvrir la prose dudit Huang Yi.
L’intrigue est un peu abracadabrante : un dénommé Xiang Shaolong (项少龙 xiàng shàolóng), membre d’une unité des forces spéciales (特种部队 tèzhōng bùduì) de la glorieuse Armée Populaire de Libération de Chine (中国人民解放军 zhōngguó rénmín jiěfàngjūn), officier subalterne (尉级军官 wèijí jūnguān) bagarreur et coureur de jupons, est volontaire d’office pour tester la dernière invention d’un savant fou : une machine à remonter le temps (时空机器 shíkōng jīqì). Sa mission est d’aller passer cinq minutes à l’époque de la fin des Royaumes Combattants, et revenir faire son rapport illico presto. Comme on devait s’y attendre, la machine a un problème, et le sieur Xiang se trouve coincé quelque 2300 ans dans le passé. S’ensuit toute une série d’aventures rocambolesques, dont bien entendu je ne vous livrerai pas la conclusion.
L’aspect « martial » du roman jour somme toute un rôle assez mineur, même si notre héros bénéficie de l’enseignement éclairé d’un maître d’escrime, jusqu’à devenir l’un des manieurs d’épée les plus redoutés de l’époque. En revanche, le roman dresse un tableau assez complet de la Chine juste avant l’avènement du premier empereur, Qin Shihuangdi (秦始皇帝 qín shǐhuángdì). J’irais même presque jusqu’à dire qu’il s’agit plutôt d’un roman historique (历史小说 lìshǐ xiāoshuō).
Ce roman, d’abord publié sous forme de feuilleton vendu en fascicules, a connu dès sa sortie un grand succès, que ce soit à Hong-Kong (Huang Yi est hongkongais), à Taiwan ou en Chine continentale. Je soupçonne qu’une partie de ce succès n’est sans rapport avec les orgies sexuelles multiples et répétées auxquelles se livre le sieur Xiang, largement décrites au moins dans le premier volume. Cet aspect m’a un peu agacé, mais Xiang Shaolong s’assagit dès le deuxième volume.
Le livre m’a donné envie d’en savoir plus sur cette période cruciale de l’histoire de Chine, sur les sciences et techniques de l’époque, ainsi que sur la philosophie de Mozi (墨子 mòzǐ), abordée dans le récit.
Quant à qualifier Huang Yi de « nouveau Jin Yong », je dirais : « faut quand même pas pousser mémé dans les orties ! » Huang Yi est très loin d’arriver à la cheville de mon auteur chinois contemporain préféré, que ce soit par le style ou par la connaissance de la culture chinoise classique !
Au final, je ne vous conseillerais la lecture des six volumes du Xunqinji que si vous avez déjà lu l’œuvre de Jin Yong dans son ensemble, et si vous avez trop de temps libre !
(Pour en savoir un peu plus sur Huang Yi, je vous invite à lire l’article que Baidu lui consacre, ici ; vous obtiendrez des informations sur le roman et sur la série télévisée en cliquant ici.)

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